Signification des 8 bougies de Hanoucca (1)
Chers Amis,
Encore quelques jours avant Hanouka la jolie fête pleine de joies et de miracles (nous l’espérons pour nous tous) et pleines de délices frits qui va nous faire prendre quelques kilos supplémentaires si nous n’y prenons pas garde!!!
Cordialement à vous tous, Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD
Dans tous les actes de notre vie, nous avons différentes façons d’appréhender tout ce qui touche à notre quotidien : au premier degré ou de manière plus philosophique voire même mystique. Dans le judaïsme, ces « degrés » sont au nombre de 4 comme nous l’avons souvent vu pour la façon de comprendre le message de la Torah ou comme les 4 « fils » de la Haggada de Pessah.
Pour ce qui est de Hanoucca, il en est de même, nous pouvons allumer une bougie de plus chaque soir de ces huit jours sans aller chercher plus loin mais il peut aussi y avoir d’autres significations plus ésotériques.
Les boîtes de bougies de Hanoucca ou de godets d’huile d’olives contiennent 44 unités allumables mais, déduction faite du « shamash » (le shamash ou serviteur est cette bougie ou godet qui va servir à allumer les autres bobèches et c’est aussi cette flamme qui, en cas de panne d’électricité par exemple, servira à éclairer sans que nous ne nous servions des lumières de hanoucca comme source unique d’éclairage), restent 36 bougies à utiliser au long de la fête.
36 en soi est un chiffre dont la symbolique est élevée tels ces exemples : les 36 tsadikim sans le mérite desquels le monde ne saurait continuer à exister, ou le nombre des traités de mishna, et bien d’autres encore.
De même qu’avant la fête de Pessah il est recommandé d’éliminer non seulement, tout le hamets que contiennent nos demeures (sur le plan matériel donc), mais encore tout le « hamets » que contient notre esprit, notre façon de vivre ou d’agir, pour Hanoucca, le fait de procéder à l’allumage de bougies ne se limite pas au seul acte de craquer une allumette et de créer une flamme sur un chandelier sur un plan matériel mais il faut aussi créer en notre esprit et notre cœur une étincelle sur le plan spirituel et faire en sorte que cette étincelle écarte de nos vies toute la noirceur ou toutes les ténèbres qui encombrent nos vies et prendre une part grandissante dans l’application des lois de la Torah ne serait-ce que par un acte simple et à la portée de tout un chacun : parler et adresser à D. nos pensées, nos vœux et souhaits. Lui, saura faire le tri et nous donner ce qui convient. En cherchant la lumière infinie, l’homme se rapproche des sphères supérieures qui diffusent cette clarté particulière qui symbolise le « eyn sof » (infini) ou le « monde » qui sera celui qui sera entièrement au shabbat de l’humanité. (עולם שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים-).
Dans les additifs que contiennent les prières de âmida ou de birkat hamazone pour Hanoucca, on peut remarquer que l’on cite le nom du père du « héros » de cette fête : « …Mattityahou ben Yohanan »…. Le Maharal de Prague dans son ouvrage consacré à Hanoucca (Ner mitsva), rappelle un principe énoncé dans la guemara berakhot : « הרואה חנניה בחלום, ניסים ונפלאות יעשו לו ».
Dans le nom du cohen gadol de l’époque est contenue une promesse émanant de deux comportements dignes d’éloge : Mattityahou vient du verbe latet (donner/offrir) Mattityahou vient de Matan- le don – et Yohanan vient du mot hen –grâce ou grace-. Ces deux noms sont liés par leurs substantifs : Donner ou donation c’est netina (נתינה) dont le total est 515. Demander grâce/supplication se dit tahanoun (תחנון) dont le total est 514 +1 (on adresse ses prières/suppliques à D.) = 515. Ces deux actions sont donc intimement liées et, de même que la lumière jaillit et illumine autour d’elle pour éliminer tout ce qui est obscur, le don, tel le don de soi, a le pouvoir d’inonder de lumière tout ce qui l’entoure (et même tous ceux qui l’entourent). C’est aussi ce qu’explique le Zohar : en donnant et en priant, l’homme s’élève au-dessus du reste de la Création et, en s’efforçant de se surpasser, il se donne des chances d’atteindre au plus haut. Ainsi l’homme parviendra, dans ce don de soi, à se rapprocher de la Sainteté et à faire briller en lui la lumière de la Torah.
Dans un cours précédent sur le « etz hahayim » ou arbre séphirotique, nous savons que chaque membre du corps humain est en corrélation avec une sphère en particulier. En faisant abstraction de la sphère « keter » se rapportant au monde spirituel supérieur et à la sphère « malkhout » (qui est une sphère complémentaire de « bina » et qui représente la volonté et la perception humaine du spirituel) nous obtenons huit sephiroth. Huit pour les huit jours de Hanoucca. Ainsi, en allumant soir après soir ces lumières, nous aidons spirituellement notre âme à se reconstruire pour rejoindre la lumière intense et infinie des sphères les plus hautes.
Pour ce qui se rapporte aux deux bénédictions que l’on doit réciter chaque soir avant l’allumage, il y a lieu d’attirer l’attention sur un point particulier : certains rituels comportent le mot « shel » avant « ner hanoucca » (….lehadlik ner « shel » hanoucca). La recommandation est de ne pas mentionner le mot « shel » mais de dire « lehadlik ner hanoucca » pour la raison suivante : chacune des deux bénédictions comporte treize mots (en contre partie des 13 attributs de miséricorde) et ensemble ces deux bénédictions comptent 26 mots en contre partie du Shem (tétragramme dont la valeur numérique est 26). Enseignements du Ari zal et du Ben Ish Hay.
Dans peu de sources on trouvera comment doivent se conduire une personne aveugle, un sourd ou un muet (pas un sourd-muet dont le statut est tout-à-fait différent). Ces personnes doivent allumer les bougies. Une personne aveugle, si elle connaît les berakhot par cœur, pourra les réciter et, devra être assistée par guidance pour l’allumage, à moins que cette personne vive en collectivité auquel cas l’obligation sera d’écouter les berakhot et de répondre « amen ». Pour les personnes sourdes ou muettes, elles doivent lire les berakhot et allumer par elle-même. Une personne sourde et muette est dispensée. Dans tous les cas, il vaut mieux poser la question à un rav de votre communauté.
En concentrant sa volonté de ré initier son âme au moment de procéder à l’allumage, l’homme parvient à élever celle-ci à un niveau de spiritualité tel qu’il sentira qu’il est un instrument pour diffuser autour de lui, pour lui et les autres, la lumière et la joie tout en donnant de lui-même et en recevant des autres (rien n’est à sens unique).
De cette façon, allumer les bougies à chaque soir, propose à chacun (selon son essence spirituelle) une nouvelle ouverture qui permettra l’expression véritable de notre « moi » intérieur. A suivre…
Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD. ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives
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