Pour Araud, ex ambassadeur : Israël est un Etat d’apartheid

6
778

Pour Araud, ex ambassadeur à Tel Aviv : Israël est un Etat d’apartheid

Dans une interview donnée au magazine américain « the Atlantic » le 19 avril 2019, l’ancien ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, a livré son sentiment sur les négociations entre Israël et les palestiniens. S’agissant du devenir du conflit israélo palestinien, il dit le plan de paix de Jared Kushner basé sur un rapport de force : « Partout dans l’histoire de l’humanité, lorsqu’il y a une négociation entre deux parties, le plus puissant impose des conditions à la partie la plus faible ». Pour autant, Gérard Araud s’est livré à une critique acerbe de l’Etat au sein duquel il a été ambassadeur, affirmant qu’Israël serait un « Etat d’apartheid » (sic).

Rappelons que Gérard Araud a été Secrétaire d’Ambassade à Tel Aviv (entre 1982 et 1984) et Ambassadeur en Israël (de 2003 à 2006). Il y a vécu 6 ans et connaît donc parfaitement les problématiques et l’histoire du pays.  Dans son interview, il a tout d’abord estimé que le Président américain Donald Trump n’avait pas encore forcé la main des israéliens mais qu’il pouvait encore le faire : « Une fois, Trump a déclaré à Macron qu’il avait tout donné aux Israéliens et que les Israéliens devront lui rendre quelque chose». Or, pour lui, le Président américain est « plus populaire que Benjamin Netanyahu en Israël, alors les Israéliens lui font confiance ».

S’agissant du contenu du plan de paix (qui contient 50 pages), il a indiqué ne pas le connaître mais que la marge de manœuvre des palestiniens restait très mince puisque « c’est leur dernière chance d’obtenir une souveraineté limitée », « que Kushner va leur verser de l’argent » et que « les Arabes sont derrière les Américains ».

C’est alors qu’il a évoqué le cas de la Cisjordanie, et qualifié l’Etat d’Israël « d’Etat d’apartheid ». Plus précisément, il a indiqué que les palestiniens qui y vivent sont soit des apatrides, soit des citoyens d’Israël. Or, comme Israël n’acceptera jamais d’en faire des citoyens israéliens, il a posé : « Ils devront donc le rendre officiel, c’est-à-dire que nous connaissons la situation, qui est un « apartheid ». Il y aura officiellement un état d’apartheid. Ce qui existe déjà dans les faits» (sic).

Manifestement, l’ancien ambassadeur de France en Israël se méprend sur le caractère duel des régimes juridiques réservés aux ressortissants de Cisjordanie. Il affirme tout d’abord qu’Israël contrôle la Cisjordanie, ce qui est faux puisqu’il n’en contrôle que 60 % en vertu des accords israélo palestiniens de paix d’Oslo. Il a ensuite avancé que la différence de traitements entre israéliens et palestiniens sur cette zone serait caractéristique d’une situation « d’apartheid » (sic). Il n’en est rien.

Rappelons qu’en Cisjordanie, les palestiniens dépendent du contrôle administratif de l’Autorité palestinienne alors que les israéliens, dépendent de celui d’Israël. Gérard Araud n’a donc pas du se pencher sur les accords d’Oslo qui le précisent expressément. Il est donc tout à fait choquant qu’il utilise la rhétorique des antisémites – antisionistes de tout bord, qui justifient leur haine d’Israël en raison du traitement inéquitable réservé aux palestiniens.

Le terme « apartheid » signifie « séparation », en référence au développement séparé de la population blanche d’Afrique du Sud et des populations africaines de couleur noire qui y vivaient. Il y avait une véritable ségrégation entre les blancs et les noirs, le régime civil, civique et social variant suivant la couleur de la peau.

Notons que le mensonge de « l’apartheid israélien », largement relayé dans les instances internationales, doit impérativement être condamné. En mars 2017, la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (l’Escwa) avait affirmé : « Israël a mis en place un régime d’apartheid qui domine le peuple palestinien dans son ensemble ». De même, l’ancien président américain Jimmy Carter considérait que « si Israël ne cède pas de territoires, il deviendra un État d’apartheid » (Peace not Apartheid, Simon & Schuster, 2006).

Il convient donc de rétablir la vérité et de restituer aux faits, leur exacte qualification. S’il existe, en Cisjordanie, des infrastructures réservées aux juifs israéliens, et d’autres réservées aux Palestiniens, mais aussi deux systèmes de droit pour deux peuples différents, c’est précisément en raison du découpage décidé par les accords de paix signés par Yasser  Arafat, non en raison d’un supposé « système d’apartheid ». Il est urgent de déconstruire ce paradigme.

Il n’existe pas une entité souveraine unique sur l’ensemble du territoire de la Palestine mandataire, ni des contrôles qui confèrent au peuple juif des prérogatives sur la population palestinienne : la présence militaire israélienne est le résultat des accords d’Oslo. Par ailleurs, le blocus de la bande de Gaza n’est pas le résultat d’une ségrégation ou d’une discrimination mais juste la nécessité impérieuse de protéger les résidents israéliens (quelle que soit leur confession) des attaques terroristes palestiniennes. Enfin, la Loi fondamentale sur la nation qui fait d’Israël, « l’État-Nation du peuple juif » n’empêche pas les palestiniens de créer leur propre Etat palestinien, s’ils en ont la volonté.

Naturellement, les palestiniens se régalent de la comparaison entre leur sort et celui des Africains de couleur noirs d’Afrique du Sud pendant la période de l’apartheid en raison du recours par Israël, du terme hafrada (séparation), pour différencier les territoires sous contrôle israélien et ceux sous contrôle palestinien. De même, « le mur de séparation » entre Israël et les territoires sous contrôle palestinien (évoqués pour la première fois dans les années 1990 par le Premier ministre Yitzhak Rabin) porte le nom de « Geder Ha hafrada ».

Bien évidemment, le terme ne caractérise en rien l’existence d’un développement différent de populations sur un critère racial mais juste la reconnaissance d’une autonomie accordée aux palestiniens qui doivent pourvoir se construire sur le territoire qui leur a été affecté lors des accords israélo palestiniens d’Oslo.

Ce mur a été imaginé pour protéger les israéliens des actes terroristes palestiniens qui ne cessaient, au cours des années 1990, de recourir aux attentats suicides au moyen de ceintures explosives pour tuer le plus de juifs possible. La construction de cette clôture n’est donc en rien la marque d’un supposé apartheid, mais juste une modalité organisationnelle pour permettre aux palestiniens de se développer conformément aux choix de leurs dirigeants, sans venir assassiner les juifs.

Il est certain qu’en l’absence d’union des mouvances palestiniennes et de bonne volonté côté palestinien, il est à craindre que l’Etat palestinien ne voie jamais le jour. D’ailleurs, dans son plan de paix, le Président américain ne fait plus référence à « l’existence de deux Etats vivant en paix côte à côte », selon le formule européenne consacrée. Rappelons d’ailleurs, le Premier palestinien qui accepterait de faire la paix (ou plutôt de normaliser ses relations) avec Israël, serait immédiatement assassiné par les siens, persuadés qu’Israël n’est qu’une entité » occupante de la Palestine.

La position n’est donc pas simple pour Mahmoud Abbas. Il ne peut accepter un ersatz d’Etat palestinien, ce que ne comprendrait pas sa population. Il ne peut accepter d’officialiser la séparation définitive des territoires sous contrôle AP et ceux sous contrôle Hamas (bande de Gaza). C’est son problème. L’ancien Ambassadeur de France en Israël ne saurait se prêter à la diffusions de la calomnie internationale.

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

6 COMMENTS

  1. visiblement ce monsieur ne sait pas ce qu’est l’apartheid: en afrique du sud pas de juges noirs pas de députés noirs les arabes en israël si! ils n’ont pas d’entrée séparée dans les restaurants les cinémas les parcs etc mangent comble de l’horreur au coude à coude aves des israéliens
    ce monsieur qui représente la France nous fait honte

  2. Déjà du temps des croisés, la France ne supportait pas que les Juifs soient à Jérusalem. Rien n’a changé, hormis les moyens de donner des coups.

  3. Un ambassadeur représente un pays et une politique .

    Nous connaissons depuis De Gaulle la position et la politique anti israélienne de la France .

    Elle n’a pas bougé d’un pouce , elle s’est même empirée .

    Donc les déclarations de cet individu sont dans cette logique , ne soyons pas étonnés .

  4. Lorsqu’ils sont frustrés par la simple existence d’Israël, certains ont comme réaction de déblatérer et de délirer et de prononçer des propos orduriers loins de la réalité mais qui ont le mérite de nous fournir des indices sur leur personnalité frustrée et instable.

  5. Avant de se prétendre juge, ou censeur, il est indispensable d’être irréprochable, ce qui est loin d’être le cas de cet individu et de l’état qu’il représente.. !
    Un état coupable pour l’éternité de crimes imprescriptibles, un état qui détient illégalement (CF : l’ONU) des colonies, reliquat d’un ancien empire, qui pratique un véritable apartheid comme par exemple à Mayotte qui ne distribue ni Rsa ni indemnité de chômage à ses “sujets”..
    Une france coupable hier, aujourd’hui encore dans sa non assistance à une minorité en danger, un état coupable, complice livrant des missiles anti chars, des blindés à une secte terroriste, le hezbollah au liban..
    Alors qu’elle devrait soutenir inconditionnellement les survivants de sa barbarie.. et leurs descendants.
    Une pudeur, un minimum de décence serait souhaité .

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.