Ils se sont dit «impressionnés» par la «cohabitation vécue» entre employés israéliens et palestiniens. Leur visite dans une colonie illégale au regard du droit international a suscité de fortes critiques.

Les parlementaires se sont notamment entretenus avec le président suisse du conseil d’administration de l’entreprise israélienne de traitement de l’aluminium Extal installée à Maale Adoumim, Daniel Basch.

Tous sont membres de l’UDC à l’exception du radical zurichois Hans-Ulrich Bigler. Participant également à ce voyage de cinq jours en Israël entamé dimanche, le chef du groupe parlementaire radical au Conseil national Ignazio Cassis a renoncé à la visite à Male Adoumim. Cette dernière est la troisième plus grande colonie juive en Cisjordanie occupée depuis 1967 par l’Etat hébreu.

Taxes douanières

Selon le communiqué publié mardi par le groupe parlementaire Suisse-Israël, M. Basch a expliqué aux députés suisses que «la situation politique internationale» entravait le développement d’Extal.

Ne portant pas comme lieu de production «Israël», mais «Maale Adoumim», ses produits paient en effet 7% de droits de douane à l’entrée dans l’Union européenne (UE) et en Suisse. L’entreprise prend elle-même ces coûts en charge, leur a-t-il dit.

«Confiance renforcée»

Ses employés palestiniens (180 sur 300) jouiraient eux des mêmes droits que leurs homologues israéliens. En discutant avec eux, les parlementaires en ont retiré «l’impression que la collaboration (entre eux) aidait à la compréhension mutuelle des deux parties et renforçait la confiance».

Interrogé par l’ats, le porte-parole du groupe de parlementaires, Markus Hostettler, a indiqué que les parlementaires ne comprenaient pas pourquoi ces projets – l’implantation d’entreprises israéliennes dans les territoires occupés – «sont aussi critiqués».

A la question de l’opportunité pour des parlementaires suisses de se rendre dans une colonie israélienne en Cisjordanie, M. Hostettler a répondu que le statut de ces implantations était «controversé».

Polémique à Berne

L’ensemble des territoires contrôlés ou annexés par Israël et situés au-delà des frontières de 1967 sont considérés comme occupés au sens du droit international humanitaire, rappelle de son côté le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) sur son site internet.

Le sujet a été évoqué lundi en commission des affaires extérieures du Conseil national, a indiqué Carlo Sommaruga (PS/GE). Ce dernier a notamment réclamé du DFAE qu’il se positionne sur ce voyage.

La visite des parlementaires suisses a aussi fait vivement réagir l’organisation Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS). Pour elle, cette visite dans une «colonie illégale» «contrevient clairement à la position officielle de la Suisse».

Comme l’ensemble de la communauté internationale, la Suisse «considère les colonies comme un obstacle majeur à la paix au Moyen-Orient. Pour cette raison, elle décourage les personnes physiques ou morales à participer de quelque manière que ce soit à la colonisation», dit BDS sur son site internet.

 

Tribune de Genève

Rappel


Les huit politiciens UDC et PLR, appartiennent à l’intergroupe parlementaire Suisse-Israël.

L’annonce de ce programme a fait bondir la section suisse de l’organisation Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS). Dans un communiqué, elle indique que cette visite dans une «colonie illégale» par une délégation parlementaire «contrevient clairement à la position officielle de la Suisse». En guise de protestation, BDS a d’ailleurs rédigé une lettre ouverte à l’attention de l’Ambassade de Suisse à Tel Aviv.

Se faire une opinion propre

Interrogé par l’ats, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n’a pas souhaité faire de commentaire. Et de renvoyer à la position officielle de la Suisse, à savoir que «les territoires contrôlés ou annexés par Israël et situés au-delà des frontières de 1967 sont occupés au sens du droit international humanitaire».

De son côté, le porte-parole de la délégation, Markus Hostettler, a expliqué que ce voyage a «un but informatif». Les parlementaires «veulent aller voir sur place la situation et se faire leur propre opinion. Ils estiment que c’est leur droit!»

«Maladroit et contreproductif»

Un avis que ne partagent pas tous les observateurs, et de loin. «Ce choix de visite est maladroit et contreproductif», commente Hasni Abidi, le directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. «Non seulement il n’apporte rien de positif au niveau des relations Suisse-Israël, mais en plus il pourrait nuire à l’image de la Suisse auprès de la Palestine et de la communauté internationale.»

Le spécialiste estime que le moment est particulièrement malvenu, la première conférence internationale pour tenter de relancer le processus politique entre Israéliens et Palestiniens se tenant ce mois-ci à Paris. «Cet investisseur suisse, les parlementaires auraient pu le rencontrer ailleurs qu’à Maale Adumim», souligne Hasni Abidi.

Prise de position indirecte

Pour Riccardo Bocco, professeur à l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) de Genève et spécialiste du Proche-Orient, la visite de la délégation en territoire occupé s’apparente à une «prise de position publique indirecte». Or, en tant que dépositaire des Conventions de Genève, «et surtout de la quatrième», qui porte sur la question de la colonisation, la Suisse se doit d’être particulièrement prudente.

S’il ne va pas jusqu’à y voir un signe de cautionnement de l’occupation israélienne, Riccardo Bocco peine tout autant à croire à une maladresse. «Les parlementaires sont beaucoup trop bien informés et conseillés pour ça!»

La liberté

3 Commentaires

  1. et comme on le sait, les palestiniens ont tous les droits, sinon, « boum-boum » sur les petits suisses!
    dans les années 70, les palestiniens ont obtenus leurs droits grace à la menace, avec l’aide de politiques du genre ziegler et cie….

  2. « L’ensemble des territoires contrôlés ou annexés par Israël et situés au-delà des frontières de 1967 sont considérés comme occupés au sens du droit international humanitaire, rappelle de son côté le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) sur son site internet »
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    je ne savais pas que les arabes avaient reconnu des frontières à Israël en 1967… C’est formidable comme on en apprend tous les jours !

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