Palestine : un non-Etat pour un non-peuple ©

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Palestine : un non-Etat pour un non-peuple
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Le 10 août 2016, le gouvernement israélien a informé la Cour Suprême israélienne de l’engagement d’une enquête en vue de déclarer « terres d’Etat » une portion de terres situées en zone C, à proximité de Bethléem. Le projet consiste dans l’établissement d’une route destinée à relier l’implantation d’Efrat à l’implantation de Givat Eitam en cours d’aménagement (dont les plans sont discutés depuis plusieurs années). Selon les prévisions du Ministère israélien de la construction et du logement, cette implantation devrait accueillir 2500 unités de logement, ce qui sera possible une fois « l’enquête de terrain achevée ». Il y aura alors « contiguïté des terres de l’Etat », selon le document présenté à la Cour Suprême (cité par le quotidien « Haaretz »).

Givat Eitam FS2

Cet aménagement de terres en Cisjordanie, combinée avec l’acquisition de 300 dunams de terres par le Fonds National Juif, devrait permettre la mise en place d’un nouveau couloir vers l’implantation de Givat Eitam, nommée « E2», en référence au corridor E1 (en Judée-Samarie) qui mène à l’implantation de Maalé Adoumim.

Pour l’Ong israélienne pro palestinienne « Peace Now » (qui condamne le projet), cette initiative a un double objectif : officialiser l’implantation à venir de Givat Eitam et couper la Cisjordanie en deux. Selon elle : « Une nouvelle colonie [implantation] dans E2 va porter un sérieux coup à la possibilité de parvenir à une solution à deux États et à l’établissement d’un État palestinien viable aux côtés d’Israël, »… « Les efforts du gouvernement pour s’approprier les terres et connecter Givat Eitam avec la colonie de Efrat constituent une autre étape sur le chemin d’une réalité à un seul État ».

Aussi, « Peace Now » a-t-elle présenté une pétition auprès du gouvernement israélien en vue d’obtenir plus de précisions sur le projet afin d’être en mesure de présenter un recours devant la Cour Suprême contre le projet, lorsqu’il sera en cours de discussion. En réalité, bien que le Gouvernement ait informé «  Peace Now » qu’il ferait connaître ses intentions un mois avant de signer le contrat d’attribution des terres, la dynamique est déjà enclenchée puisque les terres à proximité du bloc d’implantation du Gush Etzion ont déjà été arasées à cet effet.
Ce projet a naturellement courroucé le bureau du Premier Ministre palestinien Rami Hamdallah pour qui « la communauté internationale a l’obligation d’arrêter les vols de terres, illégaux et constants, par Israël, avant qu’il ne reste plus rien de la Palestine». Celui-ci a alors critiqué l’initiative israélienne qui aura pour conséquence de « couper définitivement la ville de Bethléem, déjà entourée par des implantations et des routes exclusivement juives sur trois côtés, du reste du sud de la Cisjordanie », et « d’empêcher ainsi toute expansion future palestinienne dans la même région».

Le premier Ministre palestinien a alors ajouté « Le projet d’Israël de construire une nouvelle implantation et une route de contournement à côté de Bethléem est une autre étape pour couper la Cisjordanie en deux et annexer la zone C »… « Les autorités israéliennes font de leur mieux pour détruire le caractère historique de Bethléem. »(sic)…

Cette réflexion illustre en quoi les Palestiniens ne sont pas en mesure de s’autodéterminer, les autorités palestiniennes ayant parfaitement conscience de ce que la Palestine n’est qu’un « non-Etat » pour un « non- peuple ».

La nation est entendue comme une unité humaine sur un territoire donné, dotée de valeurs communes construites au fil du temps, à l’origine d’un vouloir vivre collectif animant les individus qui la composent, sur la base d’un contrat social spontanément admis par chacun. Tel n’est manifestement pas le cas des palestiniens, raison pour laquelle ils ne sont pas enclins à disposer d’eux-mêmes.

La nation Palestinienne a été instituée par la deuxième version de la Charte de l’Olp, en juillet 1968, qui a associé le concept de « palestinien » à l’anéantissement de l’entité sioniste (opéré sur un fondement national). Or, une telle unité humaine est étrangère au concept de « nation » à laquelle est associée le « droit des peuples à disposer de soi même».

En effet, la vocation du peuple palestinien visé dans la Charte Olp n’est pas de s’autodéterminer mais juste de détruire Israël. Quand bien même la « nation palestinienne » a été reconnue par l’Onu dans les années 60 (pour des raisons d’opportunité et encore, sans territoire), le projet d’institution d’une nation sur ces bases était voué à l’échec.

Le représentant du peuple palestinien Yasser Arafat l’a bien compris. Aussi, a-t-il implicitement renoncé à ce qui est pudiquement appelé la « cause palestinienne » en négociant avec Israël (en décembre 1988), bien qu’il n’ait jamais abrogé sa Charte. Le Hamas a alors été créé pour reprendre le flambeau de l’éradication de l’Etat juif, non plus sur un fondement national mais sur un fondement religieux (les préceptes d’Allah étant insusceptibles d’être remis en question). Une fois encore, le projet d’un Etat sur ces bases est voué à l’échec : une organisation humaine focalisée sur la destruction d’un pays et d’un peuple ne peut en aucun cas prospérer.

La communauté internationale ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a reconnu la Palestine, le 29 novembre 2012 : elle l’a reconnu en tant qu’« Etat non membre de l’Onu » et bien naturellement sans frontière pour en délimiter l’espace. La Palestine est donc pour l’heure un « non-Etat » et le restera tant que les personnes palestiniennes ne se libéreront pas de cet objectif institutionnel cantonné à la destruction d’Israël. Autrement dit, tant que les palestiniens resteront enfermés dans une logique qui les empêche de s’autodéterminer, aucun territoire ne leur sera affecté.

Pour échapper à ce destin (tragique), les palestiniens se sont inventés une pseudo légitimité avec le mouvement BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanction ») qui assimile l’Etat hébreu à l’Afrique du Sud. La technique consiste alors à imputer à Israël les déboires des palestiniens en laissant entendre la mise en place par Israël, d’une politique ségrégationniste à l’endroit des palestiniens, voisine de celle de l’Afrique du sud à l’égard des africains de couleur noire. Même si la thèse de BDS ne résiste pas à l’analyse puisque les palestiniens disposent d’institutions propres, la campagne internationale de boycott des produits et services israéliens en provenance de la zone C de Cisjordanie, s’inspire de celle qui frappait l’Afrique du Sud…

C’est le dilemme des palestiniens. Soit ils s’obstinent à détruire Israël et ne deviendront jamais un peuple susceptible de s’autodéterminer, soit ils acceptent de négocier avec Israël mais ils cessent d’incarner le « peuple palestinien » dans sa définition visée dans la Charte de l’Olp.

C’est bien l’enjeu des élections municipales palestiniennes du 8 octobres 2016. Soit les palestiniens votent Hamas en masse et resteront un « non-peuple », soit ils votent Fatah (Olp) en renonçant à la cause palestinienne, ce qui provoquera une crise interne au sein des palestiniens, soit ils optent pour la troisième voies : le vote pour la liste unifiée du  Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP). Dans tous les deux cas, la Palestine est condamnée à rester un « non-Etat ».

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

4 COMMENTS

  1. S’il y a “acquisition de 300 dounams de terre, il n’y a pas “vol” de terre.
    QUi est le VENDEUR ? Combien touche-t-il, pour cette transaction?

  2. Idem pour Palestine et Palestiniens, deux vocables très maladroitement légitimés par les accords d’Oslo. Israel s’est comporté comme un État européen face à des terroristes anti juifs, Israël est tombé dans piège concocté par la gauche mondiale Bisounours.
    Nous en sortirons nous? Telle est la vraie question

  3. Ce que je déplore le plus, c’est cette persistance condamnable à utiliser le mot de cisjordanie inventé par les ennemis d’Israël pour désigner une région qui a sa véritable appellation: JUDEE SAMARIE.

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