Menahem Begin – Juif, démocrate et patriote

Menahem Begin

(Saar Yaakov / GPO)

Portrait – témoignage

Aujourd’hui encore, le nom de Menahem Begin est ancré dans tous les esprits. A Droite, au Centre, comme à Gauche, on rappelle toujours son charisme, ses discours fleuve, sa vision pour un Etat Juif fort mais généreux, son respect aux valeurs démocratiques, à la Justice, et son héritage patriotique.

Le 9 mars 1992, des dizaines de milliers de personnes accompagnaient Menahem Begin à sa dernière demeure en lui rendant un vibrant et ultime hommage. Sur le mont des Oliviers on assista, en versant des larmes, à des funérailles d’un « simple citoyen israélien ».

J’ai eu le grand privilège de suivre la riche carrière politique de Menahem Begin alors qu’il était encore chef de l’opposition, puis de le côtoyer durant toutes les années à la tête du pouvoir exécutif de l’Etat d’Israël.

Au moment où le peuple israélien est plongé dans une nouvelle campagne électorale, médiocre et peu glorieuse, notre devoir de rappeler aux hommes politiques d’aujourd’hui le véritable combat idéologique de Menahem Begin et remettre les pendules de l’Histoire à l’heure.

Voici le portrait et mon propre témoignage sur l’homme d’Etat israélien qui changea la donne géopolitique au Moyen-Orient et fonda de grandes espérances :

Paris, hiver 1948. Un petit homme aux allures de professeur se dirige vers l’hôtel Royal Monceau. Il pénètre dans la grande salle où se réunissent des membres de la Résistance juive. Tous se lèvent pour saluer avec déférence le nouveau venu. Celui-ci incline la tête et invite l’assistance à se rasseoir. On peut s’étonner de l’autorité qui se dégage de lui, car rien dans son apparence ne révèle le meneur d’hommes.

Menahem Begin

Menahem Begin (Fritz Cohen / GPO)

De temps à autre, il rajuste des lunettes rondes aux épais verres de myope, qui lui glissent sur le nez. Une grosse moustache noire rend encore plus proéminente sa lèvre supérieure et accentue la pâleur de son teint.

L’homme se lève de son siège, et le silence plane sur la salle.

Dès qu’il prend la parole, d’une voix chaude bien timbrée aux accents chantants, il impressionne ses auditeurs qui réalisent maintenant toute l’importance de cet homme. Son nom est Menahem Begin.

Il est né le lundi 16 août 1913 à Brest-Litovsk, en Russie. La sage- femme qui le mettra au monde était… la grand-mère d’Ariel Sharon…L’enfant mince et fragile grandira dans un cadre modeste et étudiera la Thora, comme tous les juifs de l’Est de l’époque. A l’âge de 13 ans, il prononce son premier discours en hébreu et révèle son grand talent d’orateur. Il adorait les mots, conscient que les phrases justes et bien prononcées possèdent un pouvoir extraordinaire, magique. Son éducation a été imprégnée d’un mélange de tradition, d’histoire juive et d’un fervent nationalisme sioniste. Le jeune Begin poursuit ses études à Varsovie. En dépit de la vague antisémite, il est l’un des rares juifs à être admis au lycée laïc puis à l’université. Il étudie le Droit et le latin. Dans ses discours, il citera avec plaisir et fierté des proverbes en langue latine. Son éducation polonaise le marquera beaucoup. Elle influera son comportement, ses manières de politesse, son respect pour autrui et sa révérence pour les femmes, un véritable gentleman. C’est à Varsovie, berceau de l’esprit national, de la discipline militaire et l’amour de la patrie qu’il fait ses premières armes. Dès l’âge de 7 ans, il joue aux échecs. Ce talent lui fut plus tard d’une grande utilité. Il réfléchit longtemps avant de bouger un pion, un cheval ou un fou. Chaque pas était bien calculé. Chaque coup créait une situation nouvelle. Chaque manœuvre était habile et sa tactique toujours adroite et élégante. Il réussissait à mettre son adversaire en difficulté, en position difficile, et souvent il le prenait au piège et enfin le tenait en échec. Begin était un excellent joueur et adorait les compétitions, mais il n’a jamais été un sportif. Menu et fragile, il préférait plonger dans la lecture des livres et les dictionnaires.

A l’âge de 17 ans, il est témoin avec son père, Dov Zéev, d’un incident qui le marque pour longtemps. Il voit comment des soldats polonais battre sauvagement un rabbin qui marchait tranquillement dans la rue. Au moment où ils veulent lui raser la barbe, son père intervient, prend sa canne, et frappe les agresseurs de toutes ses forces.

Dov Zéev est battu à son tour. Couvert de meurtrissures, il est jeté en prison. En sa qualité de président de la communauté juive, il est relâché quelques heures plus tard, et sans caution. Le jeune Begin a vu la scène et grince des dents. La rage au cœur, il dit à son père : « Je suis fier de ton courage.

Begin, Anwar Sadat

Menahem Begin, Anwar Sadat (Saar Yaakov / GPO)

Nous devons nous défendre par tous les moyens et je suis avec toi dans ce combat. »

Membre passif du mouvement de jeunesse socialiste, Hashomer Hatsahir, le jeune Menahem passe le jour même aux activités du Bétar. Ce mouvement nationaliste symbolise un combat inlassable, une lutte héroïque. Bétar est aussi cette célèbre forteresse où les Juifs ont combattu comme des lions contre la domination romaine. Sans gommer leur passé, 16 siècles plus tard, toujours sans patrie et vivant encore dans la diaspora, les Juifs réalisent que la révolte contre l’occupant de la Palestine, devient une action impérative. Begin apprend à se défendre et à sauver son honneur. Ses camarades non-juifs le respectent et il en est fier. Cette ligne de conduite, il l’appliquera avec fermeté, quelques années après, dans son comportement avec les Arabes et les Palestiniens. Il demeurera intransigeant.  !

Sa rencontre avec le dirigeant du Betar, Zéev Jabotinsky est déterminante pour la carrière du jeune Menahem. Jabotinsky, est l’inspirateur, le mentor, le chef spirituel, le rabbi, le leader incontesté. Jabotinsky devient une véritable idole et Begin cultive le culte aveugle de sa personnalité. Il l’admire et le vénère de tout son cœur et de toute son âme, parfois d’une manière qui frôle l’obsession. Il suit ses pas sans conditions, imite ses gestes et ses discours et dirige avec lui le mouvement Bétar. Ils glorifient le drapeau, l’hymne et la patrie au garde-à-vous et appliquent une discipline de fer à l’instar d’une organisation paramilitaire. Une nouvelle génération de juifs combattants est née. La révolte gronde dans les cœurs.

Les activités du Bétar prennent de l’ampleur dans toute la Pologne. A l’époque, y vivent plus de 3 millions de juifs et les autorités locales ne peuvent admettre des réunions de propagande sioniste. Jabotinsky et Begin ressentent déjà des courants de nationalisme et d’antisémitisme provenant de l’Allemagne d’Hitler et ils adjurent les Juifs de Pologne de quitter ce pays avant qu’il ne soit trop tard. Jabotinsky lance un cri d’alarme : « Quittez la diaspora avant qu’elle ne vous élimine ! supplie-t-il de toutes ses forces. Cependant, le peuple juif ne peut croire à l’approche du danger et son avertissement n’est, hélas, pas entendu.

En 1937, Begin est arrêté par les autorités polonaises pour avoir lancé des appels à une révolte armée en Palestine contre l’occupant britannique. Après avoir purgé six semaines dans la prison de Pawiak, il rencontre pour la première fois sa future femme : Aliza Arnold. Ils se marieront selon la tradition juive et en présence de Jabotinsky.

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