This handout picture provided by the office of Iran's Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei on January 9, 2020 shows him (R) greeting Iranian President Hassan Rouhani alongside Iranian Judiciary chief Ebrahim Raisi (C) and Vice President Eshaq Jahangiri (2nd-L) during a mourning ceremony in Tehran for slain top general Qasem Soleimani. (Photo by HO / LEADER OFFICE / AFP) / === RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HO / LEADER.IR" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS ===

Ali Khamenei aux côtés du Président Hassan Rouhani , ce 9 janvier

Nader Allouche. L’Iran, c’est Daech qui a réussi

 

Depuis la «révolution islamique», qui a conduit l’ayatollah Khomeyni, dorloté bien naïvement par la France, au pouvoir, l’Iran vit sous le régime de la wilayat al-faquih, qu’on peut traduire en «gouvernement des clercs».

Cette théocratie, la première du genre dans l’Histoire du monde chiite, exécute la Loi islamique telle qu’elle a été codifiée par le jafarisme (l’école de Droit de référence de l’islam chiite iranien).

Elle est aussi un modèle pour des mouvements sunnites, comme les Frères Musulmans, qui espèrent pouvoir, un jour, mettre en place une telle république dans les pays sunnites, en particulier dans le monde arabe, comme en Égypte, que le Président iranien Ahmadinejad a visité dès qu’ils s’y sont emparés du pouvoir ; ce fut une première historique depuis trente ans (aucun chef d’État iranien n’avait été admis à visiter l’Égypte depuis la révolution islamique).

Les relations entre les islamistes chiites et sunnites ont l’air de se porter bien. D’ailleurs, l’Iran et la Turquie semblent être les meilleurs alliés au Moyen-Orient. Pourtant, c’est un autre son de cloche que l’Iran voudrait qu’on entende.

La guerre civile en Syrie, une véritable guerre de religion

Depuis la guerre civile en Syrie, la donne a changé. Les Frères Musulmans (arabes) et le Hamas lui ont tourné le dos, et se sont attaqués à son plus important allié: le syrien Bachar Al-Assad qui a réduit l’islam politique à néant, en persécutant ses leaders et ses partisans.

La guerre en Syrie a confessionnalisé les relations entre les islamistes chiites et sunnites, et l’on peut dire que c’est une véritable guerre de religion qui se déroule en Syrie.

La campagne de communication menée par l’Iran

Pour retourner l’opinion internationale en sa faveur, l’Iran a mené une campagne de communication pour nous faire croire que l’islam chiite est très différent de son pendant sunnite et que la solution au djihadisme (qui, pour l’instant, ne touche que le monde sunnite) est de s’allier à elle et, d’une manière plus générale, aux chiites.

Pour cela, l’Iran a exploité l’avènement de Daesh et sa participation, en effet déterminante, au combat contre l’organisation islamiste, qui a fait plusieurs centaines de morts en Europe.

Une bonne partie de nos élus, en particulier chez les gaullistes et à l’Extrême Droite, est tombée dans le piège, oubliant que Daesh est né dans des conditions troubles, où l’Iran a sûrement joué un rôle.

La République islamique applique une charia aussi monstrueuse que Daesh

Quoique l’Iran ait combattu Daesh de façon déterminante, il n’en demeure pas moins qu’elle applique la même charia que lui, et ses efforts pour nous faire croire que le chiisme est plus humaniste que son rival ne peuvent qu’être vains.

La République islamique applique une charia aussi monstrueuse que Daesh.

Nader Allouche 

Tout d’abord, il convient de rappeler qu’Al-Azhar, le «Vatican des sunnites» du monde arabe, a reconnu le jafarisme iranien comme la cinquième école canonique de Droit chârié. Il faut dire qu’en matière de Droit pénal, la charia des chiites n’a rien à envier à celle des sunnites.

La mort par lapidation y est promise aux femmes adultères, de même que l’âge légal du mariage pour une fille y est établi à six ans. Cela a d’ailleurs inspiré les députés chiites irakiens.

En effet, ces derniers ont proposé, le 31 octobre 2017, d’amender la loi sur le statut personnel de 1959, qui interdisait le mariage avant 18 ans. Ce texte, adopté sous l’égide du parti Baath, retirait surtout le droit de la famille des mains des tribunaux islamiques pour le remettre à des tribunaux civils. Les islamistes chiites ont voulu revenir sur cette avancée et rétablir la charia sur ce point.

Petit rappel de la Loi iranienne

En Iran, la situation n’est meilleure, et la République islamique applique une charia aussi monstrueuse que Daesh, qu’elle s’énorgueillit pourtant d’avoir combattu avec succès. Un petit rappel de la Loi iranienne s’impose. Conformément à la charia jafarite, la Loi iranienne considère l’homosexualité comme un crime très grave.

À la troisième récidive, les homosexuels sont condamnés à mort, souvent par pendaison publique, tandis qu’à la première condamnation, ils écopent de 100 coups de fouet, donnés en public. Un simple baiser leur vaudra un peu moins: 60 coups de fouet, et la mort à la troisième récidive.

Au pays des mollahs, comme dans Ali Baba, on voit aussi voler des mains coupées. En effet, les voleurs sont régulièrement condamnés à avoir la main coupée, comme Arash, qui, le 7 mai 2007, a été amputé de la main droite par des Pasdarans, dans une cérémonie publique sur la place Jafaar-Abad, à Kermanchah, à l’ouest de l’Iran.La République islamique d’Iran, c’est un Daesh réussi.

Que l’Iran ait combattu Daesh ne change rien à la nature de son régime, qui ne vaut pas mieux que l’État islamique. Certes, l’Iran ne commet pas d’attentats spectaculaires en Occident.

Pas encore. Elle préfère se concentrer sur le Moyen-Orient, où son objectif est la destruction d’Israël et du pouvoir politique chrétien au Liban, ainsi que l’unification de la région sous la bannière de la République islamique. Elle y parvient doucement. En Irak, au Liban, au Yémen et à Gaza.

La République islamique d’Iran, c’est un Daesh réussi, qui ne commet pas lui-même d’actes terroristes mais les fait exécuter par des milices vassales. Veut-on vraiment croire que l’Iran était notre allié dans la guerre contre Daesh. La vision que j’ai, c’est qu’en fait, la République islamique d’Iran est l’ultime Daesh que nous ne savons pas reconnaître.


Nader Allouche est historien. Il a été à l’initiative du premier forum franco-allemand (2018) sur l’islam en Europe organisé par la fondation politique de la CDU.

Source FIGAROVOX/TRIBUNE 9 janvier 2020

 

 

 

 

 

 

 

4 Commentaires

  1. L’ennemi de mon ennemi n’est pas, nécessairement, mon ami. La preuve.
    Le Peuple juif a toujours dû naviguer au milieu de tous, et choisissant le moindre…
    Bizarrement, on aurait pu s’attendre à ce que les Juifs, au cours de leur histoire, partout et tout le temps, développent une telle paranoïa sur tous et tout, qu’ils finissent par totalement s’assimiler et disparaître…
    C’est en effet un pur miracle, irrationnel, qu’il survive et persiste, comme certains penseurs éclairés, même non-juifs ont pu le noter…
    Nous savons, nous, reconnaître le vrai méchant, quelque soit son vêtement, et/ou son maquillage.
    Mais il demeure, en notre sein, depuis toujours, une frange candidate au “changement, et à la concession, et soumission.
    Tant qu’elle reste minoritaire, et se retranche dans “son libéralisme”, le danger ne la concerne, qu’ elle seule, malheureusement rédhibitoire .
    Et elle sombre, doucement, dans une mer calme.
    Malheur à nous, tous, quand elle recrute, et milite…
    Nous n’avons, alors, même plus besoin d’hainemis, pour nous menacer et nous unifier. Tant que nous restons lucides.

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