L’idéologie à géographie variable de Télérama (L. Messika )

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Muslim women seen over a view of the Northern Arab Israeli city of Nazareth, on December 9, 2017. Photo by Nati Shohat/Flash90 *** Local Caption *** ???? ???????? ??? ????? ??????? ????

L’idéologie à géographie variable de Télérama (par Liliane Messika – Mabatim.info).

Pour le magazine français Télérama, Nazareth est un ville “sous occupation israélienne”.

Dans son numéro 3598, daté du 12 décembre 2018, Télérama « aime beaucoup » Wajib : l’invitation au mariage, un film palestinien sorti sur les écrans en 2017 et dont l’actualité est la sortie en DVD.

Dire que Télérama adôôôre tout ce qui est palestinien relève du pléonasme, mais ce qui va sans dire semble aller encore mieux pour l’hebdomadaire d’opinion quand il peut enfoncer le clou avec un maillet fabriqué du bois dont on fait la propagande antisioniste.

Que c’est beau Nazareth, dans la nuit de l’intelligence

« Ces silhouettes permettent à Annemarie Jacir (la réalisatrice, NDLR) de cerner une ville comme pétrifiée par l’occupation israélienne, où la tension semble rôder en permanence entre les populations — musulmane à 60 % et chrétienne à 40 %. (Télérama) » explique le critique, Pierre Murat.

La ville « pétrifiée par l’occupation israélienne », c’est Nazareth, surnommée « la capitale arabe d’Israël » (les mots importants –au pluriel, car il y en a deux– sont « arabe » et « Israël »).

Capitale arabe d’Israël ? Oui. En 2017, cette ville israélienne comptait 76.551 habitants, majoritairement des Arabes israéliens, 69% musulmans et 39,1% chrétiens.

En termes administratifs, Nazareth est la capitale régionale de la Galilée et c’est la seule zone urbaine israélienne de plus de 50.000 habitants qui possède une majorité arabe (Wikipédia).

Dans la doxa antisioniste téléramienne (excusez encore le pléonasme), une ville à majorité arabe ne peut exister qu’en territoire occupé. De plus, si l’on constate une tension (qu’elle soit réelle ou cinématographique) entre musulmans et chrétiens, seuls les Juifs peuvent en être responsables, preuve que Nazareth est occupée.

C’est ainsi qu’on boucle une boucle idéologique dans le groupe Le Monde[1].

Étude d’une sourate de Télérama

Cette annexion de Nazareth par une Palestine fantasmée est-elle seulement une grossière erreur de culture générale dans un magazine culturel[2] ou bien une répétition à vocation pédagogique, consistant à faire entrer subliminalement dans l’inconscient du lecteur le substantif « occupation » chaque fois que l’adjectif « israélien » est utilisé ?

Dans le narratif palestino-téléramien présentant Nazareth comme « occupée », la précision sur les populations en présence sert aussi à agréger musulmans et chrétiens comme victimes égalitaires du joug de l’occupant et à exonérer l’une des deux communautés ARABES (on le souligne) d’avoir lâché un rôdeur nommé tension.

Au cas où le film lui-même (palestinien, on le rappelle, donc peut-être partial ?) ne suffirait pas à induire chez le spectateur, ou simplement chez le lecteur du magazine d’opinion, une animosité vis-à-vis de l’État juif, le critique en rajoute une couche : « Le fils ne peut supporter que son père, par prudence, par lâcheté, songe à inviter au mariage un ami juif — en fait, un « inspecteur du savoir » (sic) qui, depuis des années, surveille et censure son enseignement. »

Décryptons : 1) Il est impossible qu’un Palestinien ait un ami juif. 2) Les Juifs sont tellement mauvais que survivre à la cohabitation avec eux implique une prudence confinant à la lâcheté. 3) Un Juif et un Palestinien ne sauraient avoir d’autres rapports que dominant/dominé.

Apartheid fantasmé et apartheid excusé, les deux mamelles de Télérama.

Le critique de Télérama partage probablement la croyance de son parti en l’apartheid de la part des Israéliens vis-à-vis des pauvrepalestiniens. Même si aucun fait réel n’y apporte le moindre crédit, cela n’empêche pas le prosélytisme.

En revanche, bien que les chiffres et les témoignages abondent de la maltraitance subie par les chrétiens d’Orient en général et ceux des Territoires palestiniens en particulier, il ne peut pas, il ne veut pas y croire.

Pourtant, si Nazareth est bien la « capitale arabe d’Israël », si cette ville à majorité musulmane est la capitale régionale de la Galilée, c’est parce que les citoyens israéliens vivent dans un pays démocratique et que rien n’empêche une minorité au plan national de représenter une majorité au plan régional ou local.

En revanche, s’il existe, en Cisjordanie, des implantations juives protégées par l’armée (ce qui se traduit en palestinolâtrie et donc en Télérama dans le texte par « colonies »), c’est parce que des Juifs seraient aussitôt assassinés s’ils tentaient d’y vivre comme le font les musulmans de l’autre côté de la Ligne verte.

Chroniques parues dans MabatimComme Pierre Murat de Télérama ne veut pas le savoir, nulle allusion perfide autre qu’antisioniste ne salit sa critique.

Cela dit, Annemarie Jacir a situé son film dans la Nazareth israélienne, où toutes les religions sont libres et égales devant la loi, pas dans la Bethléem palestinienne, où une seule minorité dhimmie[3] est tolérée pour des raisons 100% économiques.

Bethléem est située à environ 10 km au sud de Jérusalem. 30.000 habitants[4] y vivaient en 2006 sous l’administration de l’Autorité palestinienne. 30.000 habitants en immense majorité musulmans, en immense majorité de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde.

La ville étant un lieu de pèlerinage chrétien, qui lui rapporte l’essentiel de ses revenus hors charité internationale, cette communauté survit encore. En revanche, le tombeau de la matriarche Rachel, situé à l’entrée de la ville, n’est accessible aux pèlerins juifs du monde entier qu’à leurs risques et périls, le péril encouru par les juifs israéliens étant la mort.

Télérama ne laisse ni faits ni chiffres interférer avec son idéologie

Dans toute la Cisjordanie, y compris à Bethléem, la proportion des chrétiens baisse fortement. Ils ne représentent plus, dans la ville où est né Jésus, qu’un pourcentage de la population inférieur à 10% (La Croix), contre plus de 30% en 1993.

Les chiffres ci-dessous montrent l’évolution de la population israélienne avec la part qu’y occupe chaque religion (Bureau des statistiques, Israël). En Israël, pas en Territoire palestinien, car Gaza est devenue Judenrein et quasiment Christianrein. Quant à l’Autorité palestinienne, elle « convainc » les chrétiens d’émigrer de Cisjordanie par harcèlement et persécutions, mais pas de façon assez ostensible pour se voir privée des subventions internationales.

 

Si l’augmentation du nombre de chrétiens en Israël depuis 1993 n’est pas visible en termes de pourcentages, c’est en raison de l’augmentation substantielle du nombre des citoyens des deux autres confessions.

Le dernier recensement de la population palestinienne a été publié le 29 mars 2018. « Le recensement, a dit la présidente du BCPS (Bureau central palestinien des statistiques, NDLR), Ola Awad, a révélé que 97,9 % des Palestiniens étaient musulmans, alors que la population chrétienne était estimée à moins de 1 %. (Times of Israel Rapporté au total (4,78 millions), cela fait environ 45.000 personnes.

En Israël, où les chrétiens représentent, en 2017, 2% de la population totale, cela correspond à 175.960 habitants, alors qu’en 1950, ils comptaient pour 2,6% d’une la population qui n’atteignait pas le million, soit 26.000 personnes.

C’est donc une augmentation de 677% (oui, SIX CENT SOIXANTE-DIX-SEPT pour cent !)

Ce chiffre vaut plus que mille mots (maux ?) écrits dans TéléramaLM♦

Liliane Messika, mabatim.info

[1] Télérama appartient au groupe Le Monde depuis 2003, comme Le Monde diplomatique, vaisseau amiral de la propagande antisioniste en langue française depuis toujours.
[2]Télérama est un magazine culturel français à parution hebdomadaire (Wikipedia)
[3] « Un dhimmi est un terme historique du Droit musulman qui désigne un citoyen non-musulman d’un État musulman, lié à celui-ci par un ‘’pacte de protection’’ discriminatoire. » (Akadem)

Logo Liliane Messika[4] Données détaillées les plus récentes du Palestinian Central Bureau of Statistics, les chiffres de 2018 ne concernant que la globalité de la Cisjordanie.

Photo Nati Shohat / Flash 90

3 COMMENTS

  1. comment peut t-on occuper un pays qui n’existe pas ??????
    le mythe palestinien continue, il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    telerama et les autres médias boivent a une source d(info mensongère , ils sont completement vérouillés, prisonnier . ils sont sous une malédiction permanente.
    pourtant s’ils voulaient s’arrêter 2 minutes et regarder l’histoire ils sauraient qu’il n’y a jamais eut d’entité arabe appelee les palestiniens. ils sauraient qu’avant 1948 , ceux qu’on appelaient palestiniens en France (a ma connaissance) c’etaient les juifs. les arabes ne voulaient pas etre appelé palestinien, pour ne pas etre comparé aux juifs.
    et s’il regardaient le drapeau palestinien d’avant 1948 , ils seraient etonnés de voir la magen david sur bande bleu.
    ils sont comme les trois petits singes , je ne vois pas, je n’entend pas, je ne dit rien,
    la peur de perdre sa place ,son travail peut-être.
    mais n’enpêche que la bête immonde s’avance. et les milliers de morts dû a ce mensonge sont bien réel.
    que dieu delivre israel de la langue mensongére, amen

  2. Telerama est une partie du groupe de presse antisioniste ” Le Monde ” tres proche du quai d orsay et des dictatures arabes , ce journal , heritier des chretiens de gauche est aujourdhui en pointe dans la promotion de l antisemitisme caché derriere le masque antisioniste

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