« Les FL ne participeront au dialogue que si le Hezbollah annonce au préalable qu’il met fin au boycott des séances parlementaires consacrées à l’élection du président »

Dans un discours prononcé à Maarab après la messe annuelle à la mémoire des martyrs des Forces libanaises, le chef des FL, Samir Geagea, a appelé les chrétiens à « lutter pour la démocratie contre la dictature », invitant les jeunes à résister face au désespoir et à ne pas quitter le pays.

« Malgré tous les malheurs que le Liban a connus, le peuple n’a pas perdu sa détermination », a affirmé le leader chrétien. « Ceux qui ont voulu nous pousser à l’émigration à travers la corruption ont échoué, a-t-il dit. Nous devons résister face au complot en surmontant le désespoir ».

Critiquant l’inefficacité du gouvernement, M. Geagea a dénoncé l’état actuel du pays. « Vingt-cinq ans après la fin de la guerre civile, nous sommes toujours sans électricité, sans eau, sans routes adéquates et maintenant s’ajoute encore la crise des ordures », a-t-il dit. « Partant de ce constat, certains appellent à la chute du régime, a-t-il ajouté en référence aux manifestations citoyennes déclenchées le 29 août dernier. D’autres accusent la classe politique de corruption. La corruption existe, mais pas tous les politiciens sont corrompus ».

Critiques contre le 14 Mars et le 8 Mars

Il a également dénoncé la classe politique qui « bloque l’action du gouvernement », affirmant qu’elle ne se « réunit que pour se diviser les parts ». « C’est cette attitude qui a paralysé le gouvernement et ouvert la porte à la corruption dans le pays », a poursuivi M. Geagea, critiquant le comportement de « certains membres au sein des mouvements du 14 Mars et du 8 Mars », sans les citer. « Nous refusons cette réalité, a lancé le leader chrétien. J’appelle à une révolution républicaine contre la corruption d’où qu’elle provienne, que ce soit du 14 ou du 8 Mars ».

« Nous ne nous contenterons pas seulement de boycotter tout nouveau gouvernement formé sur les mêmes bases que par le passé, a ajouté le chef des FL. Nous serons à la tête de l’opposition face à un tel gouvernement ».

Selon Samir Geagea, la situation au Liban est devenue « insoutenable ». « Nous devons appeler à l’élection d’un nouveau président pour en finir avec le gouvernement actuel », a-t-il dit. « La source de la corruption n’est pas la classe politique libanaise. La vraie source de la corruption est la présence d’un mini-État au sein de l’État », a ajouté M. Geagea en référence au Hezbollah. « Nous serons constamment dans une situation de crise tant que notre État est affaibli », a-t-il poursuivi.

Le dialogue sous conditions

Commentant l’appel au dialogue lancé par le chef du Parlement Nabih Berri, le chef des FL a affirmé que son parti n’y participera pas. « Nous avons accepté le dialogue en 2006 et regardez où cela nous a mené, a dit M. Geagea. Le dialogue n’a pas empêché la crise des déchets, le dialogue n’a pas empêché un parti libanais de s’ingérer dans la guerre en Syrie. Nous ne participerons donc pas à la conférence. Toutefois, nous changerons d’attitude et nous participerons au dialogue à deux conditions : que l’élection présidentielle soit le seul sujet inscrit à l’ordre du jour, et que le Hezbollah annonce au préalable qu’il met fin au boycott des séances parlementaires consacrées à l’élection du président », a déclaré M. Geagea qui a souligné que la clé de la solution réside dans l’élection d’un président.

Au sujet de la situation des chrétiens au Moyen-Orient, le chef des FL a assuré que la communauté chrétienne « fait partie intégrante de cette région ». « Elle ne disparaitra qu’avec la disparition de la région », a-t-il ajouté, affirmant que la communauté a connu  » dans le passé des crises beaucoup plus sérieuses que la crise actuelle ». « Les chrétiens sauront surmonter les défis comme ils l’ont toujours fait », a ajouté M. Geagea, affirmant par ailleurs que « toutes les communautés sont aujourd’hui visées » au Moyen-Orient.

« La confrontation actuelle dans les pays arabes n’oppose pas les chrétiens aux musulmans, a encore dit M. Geagea. Il s’agit d’une lutte entre la dictature et la démocratie, entre l’extrémisme et la modération, la logique de l’État et l’autre logique du non Etat… » « Les chrétiens ne peuvent pas rester à l’écart parce qu’ils sont issus de cette région, a-t-il ajouté. Ils doivent lutter pour la démocratie face à la dictature et à l’extrémisme ».

OLJ

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