Résistant et déporté : l’histoire de Joseph Borne, le père d’Élisabeth.

Le père d’Élisabeth Borne, Joseph Borne, était membre, avec son frère Isaac, d’un réseau de résistants juifs. Arrêté et déporté, il s’est suicidé en 1972.

Une blessure à vif. Un passé douloureux que la nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne, n’aime pas évoquer. En 1972, alors qu’elle n’a que 11 ans, elle devient pupille de la nation après la mort brutale de son père, qui s’est suicidé à l’âge de 49 ans. « C’est l’histoire de sa vie », confie une parente, qui l’a connue enfant.
Le père d’Élisabeth, Joseph Borne, et son frère Isaac sont tous deux nés Bornstein. Juifs et résistants, ils ont été déportés, ensemble, à Auschwitz, avec leur père et un de leurs frères, puis à Buchenwald. Eux seuls en reviendront. « Isaac avait besoin d’en parler, raconte leur parente. Il lui disait : “Tu te rappelles ?” Mais Joseph ne voulait pas, il ne supportait pas d’en parler. » Joseph a mis fin à ses jours vingt-sept ans après sa sortie des camps de la mort, laissant deux orphelines, dont Élisabeth Borne.
Isaac est décédé à Nîmes, en 2016, à l’âge de 93 ans. En 2005, Isaac était revenu, pour la première fois, à Auschwitz, où les deux frères avaient été déportés, lors d’un voyage organisé par la région Languedoc-Roussillon. Jean-Paul Boré, vice-président des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation du Gard, l’accompagnait, en tant qu’élu : « Nous sommes entrés ensemble dans le camp. Il est passé devant les photos de tous les déportés du camp. J’étais à côté de lui quand il a vu celle de son frère, Joseph. Il lui a fallu un long moment pour s’en remettre. »

 

L’histoire des frères Bornstein commence dans les troubles de l’entre-deux-guerres. Leurs parents, Zelig et Anna, fuient la Pologne et les pogroms en Europe de l’Est pour s’installer en Belgique, à Anvers, où ils trouvent du travail chez un diamantaire. Quatre garçons naîtront : Léon en 1921, Isaac en 1923, Joseph, le père d’Élisabeth Borne, en 1924 et Albert en 1930.
La famille est juive et pratiquante. « Les garçons parlent yiddish mais aussi flamand et participent aux formations du Bund, mouvement révolutionnaire juif et laïque, à la fois parti politique et organisation de défense de la communauté juive », raconte Jean-Paul Boré, qui a bien connu Isaac Borne. La famille quitte la Belgique en 1939, avant l’arrivée des nazis, et se réfugie dans le sud de la France, à Toulouse, à Montauban puis à Nîmes. La mère, Anna, décède à l’âge de 36 ans. Le 21 août 1942, alors que le régime de Vichy traque les juifs, Isaac et Joseph sont arrêtés ensemble devant leur domicile. Ils sont emprisonnés puis transférés au camp de Rivesaltes. « Zelig se rend à Rivesaltes et parvient à soudoyer un gardien, qui laisse Isaac et Joseph “s’évader”, raconte Boré. Ils reviennent à Nîmes fin 1942 et décident de s’engager dans la résistance », avec leur troisième frère Albert. Le grand frère, Léon, resté à Toulouse, sera arrêté et mourra en déportation en 1943.

« Battu par la Gestapo, il n’a pas dénoncé ses camarades »

La mission des frères Bornstein, qui se font appeler Borne : convoyer des hommes et des femmes de Grenoble vers le maquis de Biques, dans le Tarn, dirigé par le fondateur de l’Organisation juive de combat, un mouvement de résistance juif, Abraham Polonski.
Les deux frères, volontaires, font à plusieurs reprises le trajet de Grenoble vers le Tarn « au péril de leur vie ». Le 24 décembre 1943, des miliciens perquisitionnent l’appartement de la famille et arrêtent le père et les trois frères. « Envoyé en mission de liaison à Grenoble, j’ai probablement été suivi et ai été arrêté avec mon père et deux de mes frères », témoignera Joseph Borne, après guerre, dans un dossier de demande d’attribution du titre de déporté résistant, que nous avons pu consulter. « Il est aussi possible que j’aie été dénoncé. » « Interrogé et battu par la Gestapo, malgré les séances de baignoire et autres sévices, il n’a pas dénoncé ses camarades », témoigne, dans le même dossier, un membre de l’Organisation juive de combat.

Le Point

 

7 Commentaires

  1. Quand on perd son père à 11 ans avec,à qualité de pupille de la nation eu égard à cette fratrie Bornstein exceptionnelle quia sauvé tant de vies et que l’on voit le parcours très brillant de la PM Borne Polytechnicienne à force de travail en imaginant qu’aucun cadeau ne lui a été fait de par ses origines juives je dis Madame quel que soit votre caractère autoritaire vous avez toute mon admiration et mon respect
    Merci Madame de montrer autant de force de caractère pour le bien de notre pays et ne vous laisser pas berner par Macron car vous lui êtes bien supérieur à tous égards
    Je vous a dmiterais d’autant plus si vous changez la position de la France à l’égard d’Israël que les précédents gouvernements ont été le fer de lance de résolutions à l’ONU comme dans tous les organismes internationaux pour mettre au pilori Israël jusqu’à’ à contester son histoire et ses liens avec sa terre le Royaume de Judée Samarie baptisé par la victoire des païens romains en 124 de Palestine qui ne peut donc être que des terres juives dont 75% ont été volées par les anglais pour créer un pays artificiel : la Transjordanie devenue en 1967 Jordanie terres juives comme ce que les médias appellent Cisjordanie qui est. La Judée Samarie berceau du peuple juif

  2. À mon humble avis, les qualités juives, humaines de la fratrie Bornstein ne sont pas à mettre en doute. Par ailleurs l’éducation d’Elisabeth Borne et notamment sa formation intellectuelle au travers du monde universitaire encadrant les futurs dirigeants de l’Etat devrait l’excuser d’être ce qu’elle est aujourd’hui. À une dimension inférieure, il en est de même avec Marlène Schiappa et ses conceptions sociales en comparaisons à la pensée et les engagements politiques de son papa, Jean-Marc. L’idéologie déversée dans les universités joue son rôle à fond et on en constate malheureusement les résultats : des élites coupées du monde commun et donnant le mauvais exemple à tous.

  3. C’est curieux comme la vie tragique de cet homme a pu produire une fille aussi sectaire méprisante, et cassante , si je me réfère à son comportement à la Sncf et dans ses autres postes !

    • Mon pauvre filou, vous semblez méconnaître le sens des mots que vous employez. Me Borne est manifestement une femme de caractère. Et ce pays en a grandement besoin.

      • Je pense qu c’est vous qui ne souhaitez pas reconnaître la réalité quand elle contrevient à vos préjugés !
        Relisez le témoignage des gens qui ont travaillé avec Mme Borne et ne confondez pas caractère fort avec abus d’autorité sur des subordonnés !
        Je doute que les macronistes biberonnés a la propagande la plus indécente sur la soi-disant compétence de leur gourou, et des clowns qui l’accompagnent, aient envie de connaître la vérité !

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