Suspendre des milliers de comptes pour apologie ou promotion du terrorisme, comme vient de le faire Twitter, est une mesure nécessaire mais loin d’être suffisante pour entraver les actions des cyber-jihadistes, estiment des experts.
D’une part il reste facile de rouvrir, au fur et à mesure qu’ils sont fermés, de nouveaux comptes et d’autre part cette politique risque de pousser encore davantage les utilisateurs vers des réseaux sociaux plus confidentiels, cryptés ou protégés, voire vers le « web profond » (« darkweb » ou « deepweb »), partie obscure de l’internet non référencée dans les moteurs de recherche classiques.
« Suspendre plus de 235.000 comptes, comme vient de l’annoncer Twitter, peut avoir une influence, mais à très court terme » assure à l’AFP Gérôme Billois, expert au sein du Club de la sécurité de l’information français (Clusif).
« Il y a des techniques bien connues par les jihadistes et les cybercriminels au sens large, qui sont de dire : mon compte Twitter s’appelait A, maintenant il s’appelle A1, A2, A3, etc… Ouvrir un compte, cela prend moins d’une minute. Ça peut même être partiellement automatisé ».
« J’ai bien peur que le besoin, les envies de propagande ne soient plus forts que les actions que pourraient mener Twitter en coupant un certain nombre de comptes », ajoute-t-il.
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