fbpx
Accueil Dépêches Le viol théologique versus Daesh

Le viol théologique versus Daesh

35 vues
0

Un reportage du «New York Times» détaille la façon dont l’Etat islamique avait fait du viol non seulement une arme de guerre, mais aussi une part intégrante de son interprétation de l’islam.

«Juste avant de violer la fillette de 12 ans, le combattant de l’Etat islamique a pris le temps d’expliquer que ce qu’il s’apprêtait à faire n’était pas un péché. Parce que la jeune fille pratiquait une religion qui n’était pas l’islam, le Coran ne lui donnait pas seulement le droit de la violer, il l’approuvait et l’encourageait. Il attacha ses mains et la baillonna. Puis il s’agenouilla à côté du lit et se prostra dans une prière avant de se mettre sur elle. Quand il eut terminé, il s’agenouilla pour prier encore, balisant le viol de dévotion religieuse.»

799583-yazidi-sisters-who-escaped-from-captivity-by-is-militants-sit-in-tent-at-sharya-refugee-camp-on-the-

C’est avec cette scène terrible que s’ouvre un édifiant reportage publié par le New York Timesqui montre comment l’Etat islamique a construit une véritable «théologie du viol», appliquée à des femmes réduites en esclavage dans les régions d’Iraq et de Syrie conquises par le groupe islamiste. L’article, très remarqué sur les réseaux sociaux depuis sa publication, le 13 août, a été traduit par le site de la RTBF.

«Le viol systématique des femmes et des jeunes filles de la minorité religieuse yézidie est profondément mêlé à l’organisation et à la théologie radicale de l’Etat islamique depuis que l’organisation a annoncé cette année qu’elle relançait l’esclavage comme institution. Des entretiens avec 21 femmes et jeunes filles ayant récemment échappé à l’Etat islamique, de même qu’un examen attentif des communiqués officiels du groupe, mettent en lumière à quel point cette pratique est inscrite dans les principes fondamentaux de l’organisation», peut-on lire.

L’introduction officielle de cet esclavage sexuel systématique remonte selon l’article au 3 août 2014, lorsque les combattants de l’EI ont envahi les villages du flanc sud du Mont Sinjar, un massif escarpé de pierres couleur sable du nord de l’Iraq, où vivent des yézidis, une minorité religieuse qui représente moins de 1,5% de la population irakienne, estimée à 34 millions d’individus. Les témoignages recueillis par le New York Times décrivent la mise en place d’un véritable marché aux esclaves organisé, où s’échangent des femmes yézidies. La pratique est aussi devenue un argument pour attirer de nouvelles recrues, dans cette communauté musulmane hyperconservatrice où par ailleurs le sexe pour le sexe est tabou, et avoir une petite amie interdit.

«Le viol a été utilisé comme arme de guerre depuis les temps immémoriaux. Ce qui rend Daech différent, c’est la façon dont ils l’ont codifié et rendu public», écrit sur Twitter l’auteure de l’article, la correspondante du quotidien américain Rukmini Callimachi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.