Le régime face au risque d’un”printemps iranien”

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Géopolitologue, docteur en histoire contemporaine, consultant et essayiste, Alexandre del Valle est professeur de géopolitique et de relations internationales.
Il a récemment publié 
La Stratégie de l’intimidation, du terrorisme jihadiste à l’islamiquement correct(éd. L’Artilleur, mars 2018).


La République islamique d’Iran, instaurée à la suite de la révolution de l’Ayatollah Khomeiny achevée le 11 février 1979, n’a jamais été aussi contestée de l’intérieur comme de l’extérieur.

Confronté à la convergence d’ennemis puissants (États-Unis de Donald Trump, Arabie saoudite de Mohamed Ben Salmane, Égypte d’Al-Sissi, Israël de Netanyahou, Émirats de Mohamed Ben Zayed), frappé par une grave crise économique accentuée par les sanctions internationales ; délégitimé par une jeunesse urbaine de plus en plus hostile au régime et même à l’islam ; menacé par des forces internes ethno-religieuses et une opposition contre-révolutionnaire, le régime des Mollahs, discrédité par la corruption, n’a jamais été aussi vulnérable.

Face au risque d’un «printemps iranien», le régime multiplie les répressions, mais il ne survivra que s’il renonce à son expansionnisme régional qui le ruine et s’il combat la corruption qui le discrédite.

Khomeiny: précurseur de l’islamisme révolutionnaire contemporain

Comme l’avait dit Raymond Aron, la révolution de 1979 exprimait un «refus total de l’Occident». Ce refus absolu a séduit depuis des décennies les anti-impérialistes de tout poil, de Foucault-Fanon-Sartre au Venezuela de Maduro-Chavez en passant par le Hamas palestinien.

La «réussite» de la révolution islamique chiite, en réalité exprimée au nom des musulmans en général, constitua un encouragement pour nombre de mouvements issus de l’islam politique.

Jusqu’alors, le wahhabisme était antirévolutionnaire et les Frères musulmans avaient échoué dans leur entreprise de recréer un Califat universel, notamment face au nationalisme arabe.

Avant la seconde guerre du Golfe (2003) et le «printemps arabe» (2011), la révolution islamique iranienne séduisit de nombreux intellectuels et mouvements islamistes, tant terroristes que militants politiques.

Aujourd’hui encore, le Hezbollah chiite du Liban est cité en exemple par les mouvements islamistes sunnites comme le Hamas ou le Jihad islamique.

Ce fut d’ailleurs une erreur d’analyse de voir dans la révolution de Khomeiny la simple manifestation radicale d’une aspiration chiite revancharde, car l’Ayatollah Khomeiny et ses partisans rompirent à l’époque avec le chiisme traditionnel, qui sépare le politique du religieux.

Une révolution rouge-verte?

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