Le problème du mariage pour les Juifs israéliens non reconnus

0
116

Environ 400 000 personnes sont arrivées en Israël sous l’égide de la loi du retour (1950), qui organise l’alya, sans être ensuite reconnues comme juives. « Sans religion », dit leur document d’identité.

La plupart viennent de l’ancien espace soviétique. La conséquence de cette situation fait qu’elles ne peuvent pas se marier en Israël. Leurs descendants, incapables de prouver des origines juives, seront frappés du même interdit.

Certains choisissent alors une cérémonie religieuse, non reconnue par le grand rabbinat. D’autres se rendent à Chypre pour se marier civilement. Une sorte de citoyenneté de seconde catégorie.

Pour ce jeune Etat de bientôt 71 ans qu’est Israël, l’enjeu est sa définition même. Qui est le bienvenu dans ce foyer? Sous quelles conditions? Qui est juif?

Un décalage alarmant se dessine entre une société très diverse et une institution religieuse qui conçoit l’ouverture comme une hémorragie identitaire.

Les courants plus libéraux du judaïsme dits conservateurs et réformistes sont vus, dès lors, comme une alternative spirituelle, mais ils se heurtent à l’alliance indéfectible entre la droite et le rabbinat ultraorthodoxe.

Une organisation religieuse appelée ITIM (acronyme pour « soutien et promotion ») essaie de desserrer l’étau officiel.

Chaque année, ITIM aide environ 5 000 Israéliens à affronter la bureaucratie dans les affaires religieuses et à embrasser le judaïsme.

Il ne s’agit pas d’abolir le grand rabbinat, mais de pousser à son ouverture et d’offrir le choix aux croyants. Celui-ci renforce ses fortifications, se sentant menacé par la laïcité, les nouveaux courants du judaïsme, les couples mixtes, et même l’évolution d’une partie du monde haredi, qui aspire à plus de souplesse dans le conservatisme.

Mais cette attitude est battue en brèche, car le nombre de mariages religieux officiels a chuté de 6,2 % en 2018, après une baisse de 4,7 % l’année précédente.

Percevant l’exaspération de nombreux Israéliens, une organisation appelée New Family a lancé une carte d’union civile destinée à tout couple, quel que soit le sexe, la religion ou la nationalité. Cette carte, qui n’est pas émise par l’Etat, est néanmoins reconnue. Depuis 2007, New Family revendique 80 000 dossiers.

Source : Le Monde & Israël Valley (article de Guillaume Lenorman)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.