Le Ômer: un pont reliant Pessah à Chavouot (vidéo)

Aujourd’hui 24 ème jour du Ômer, mot désignant la période de sept semaines se déroulant de la fête la Sortie d’Egypte, Pessah, la fête du Matan Torah, Chavouot.

Le Ômer selon Manitou

MANITOU

C’est dans la Parashat Emor qu’on y apprend le sens biblique du Omer: une gerbe. A Pessa’h, on offrait l’offrande d’orge et le lendemain de Pessa’h, il y a un temps de 50 jours où l’on commençait à offrir la gerbe de blé qui était offerte à Shavouot.

Donc, ce mot de Omer ne signifie pas du tout « deuil » mais signifie « gerbe ».

Il y a donc deux niveaux où le compte de l’Omer des 49 jours puis le 50ème qui mènent à Shavouot était le compte du temps séparant Pessa’h de Shavouot et du temps où il était possible d’apporter cette nouvelle offrande de blé pour « la fête des prémices » – ’Hag HaShavouot a aussi d’autres noms, en particulier ’Hag haBikourim – fête de l’offrande des prémices.

C’est le 1er sujet qui se pose à nous : comment comprendre ce changement de sens entre la Omer du temps biblique – où le compte du Omer était le rite de l’offrande de la gerbe de blé – et ensuite à partir du temps de Rabbi Akiba et de Bar Kokhba cette fin définitive en ce temps-là de l’indépendance de la Judée vis-à-vis de la civilisation contemporaine qui débute avec l’empire romain, est devenue surtout une notion de période de deuil ?

Du point de vue de la tradition, cette armée de Bar Kokhba qui était en grande partie composée par les élèves de Rabbi Akiba  avait été anéantie par une Maguéfa – une épidémie – qui aurait frappée les élèves de Rabbi Akiba qui formaient l’essentiel de l’armée de Bar Kokhba, la dernière armée de la dernière révolte contre les Romains écrasée à Bétar en ce temps-là.

Le mot de Maguéfa, qui peut se traduire traditionnellement par « épidémie », a aussi un sens plus général et plus fondamental qui peut se traduire par « catastrophe », qui peut être une épidémie.

En formulant un parallèle entre la structure même de la Torah et cette période du Omer qui lie la sortie d’Egypte à Matan Torah, Pessa’h à Shavouot.

Remarque importante : le livre de la Torah est un livre qui semble combiner deux récits différents: d’une part le récit historique de l’histoire de l’humanité avec très rapidement en gros plan, l’histoire d’Israël qui commence avec les patriarches hébreux; et, d’autre part le code (de la Loi).

Toute une préface historique, qui va jusqu’à la sortie d’Egyte précisément  et à partir de ce moment-là, survient la partie législative des commandements, et cela devient le livre de la Loi…

Nous sommes tellement familiers à cette structure du Pentateuque qu’on en oublie de se poser la question. Rashi n’a pas choisi sa première question par hasard parmi l’ensemble des milliers de Midrashim sur le début de ce récit : pourquoi la Torah commence-t’elle par le récit historique et non pas par la première des lois données à Israël si c’est un code ?

Cette histoire est finalement l’histoire d’Israël qui aboutit à la Sortie d’Egypte. Et voilà que notre période du Omer relie la sortie d’Egypte au Matan Torah.

Pour approfondir un peu cette question du lien entre ce récit historique et le code, nous devons de nouveau retrouver cette période qui relie la sortie d’Egypte et le don de la loi.

Je conclurais cette première analyse en vous citant un Midrash Rabba à propos de la révélation de la Torah révélée à Moïse.

Il me semble que le thème principal est de tout simplement rappeler le premier verset des dix commandements [Ex. 20].

 אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים:  לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי   

Anokhi Hashem Elohekha…  Je suis Celui qui t’ai fait sortir d’Egypte de la maison des esclaves et voilà Ma Torah qui commence… »

Donc la Torah elle-même, dans ce texte des 10 commandements, a relié très étroitement le récit historique de l’histoire de l’humanité qui en fin de compte s’élargit en gros plan sur l’histoire des Patriarches depuis Abraham jusqu’à la descente en exil, et en fin de compte le point culminant du récit historique de la sortie d’Egypte est étroitement lié avec la Torah en tant que loi-code.

Et donc déjà dans ce 1er verset, il y a, si j’ose dire, la tension même de cette période du Omer.

La sortie d’Egypte est mise en question dans la réception de cette Torah, et la manière dont cette Torah est reçue peut mettre en question la sortie d’Egypte.

Et, d’autre part, cette Torah ne concerne que ceux qui ont l’expérience  de cette sortie d’Egypte. Si Dieu se donne comme intitulé de Dieu de la Torah « Celui qui t’ai fait sortie d’Egypte », c’est donc qu’il y a un lien très profond entre l’histoire qui s’est passée jusque-là et qui a menée à cette expérience-là et d’autre part cette Torah qui est donnée à ceux qui vivent cette expérience-là.

On pourrait considérer les 10 commandements comme une sorte de loi qui a pour objectif le parachèvement de ce qui a commencé à la sortie d’Egypte.

Cela me permet d’ouvrir une parenthèse qui me semble importante sur la définition de la foi en Israël. La foi d’Israël c’est la foi en la Guéoula. Le salut entendu dans son sens historique, concret : être délivré de toutes les aliénations.

Nous en avons plusieurs confirmations dans la Halakhah elle-même.

En explorant les thèmes de la liturgie on voit que convergent toutes les intentions de prières vers « Celui qui a fait sortir Israël d’Egypte » en l’absence totale de formulation de type théologique métaphysique renvoyant à « Celui qui a créé le monde ».

Il y a beaucoup de liturgies de ce type mais ce n’est pas la liturgie centrale du rite de la prière. La liturgie central du rite de la prière s’adresse au Goël Israël – Celui qui a réalisé la sortie d’Egypte.

Au point que la tradition a décidé d’articuler le commandemment du Qriat Shéma qui s’achève sur le rappel de la sortie d’Egypte et la prière elle-même ce qu’on appelle la Semikhah la jonction entre Guéoula – le rappel de la sortie d’Egypte, et la Téfilah – la prière.

Ce lien entre la sortie d’Egypte – événement historique – et d’autre part la loi. Nous donnerons un certain nombre de conclusions.

Dans le cas de l’histoire d’Israël le cas exemplaire d’une manière d’être homme qui vit dans son histoire ce qui est au fond un formulé d’espérance profonde de toute créature.

Le fait d’être créé signifie être mis en exil. Créer en hébreu signifie « mettre dehors », « mettre plus loin ». Tout se passe comme si au moment de la création commence un exil. Un exil métaphysique profond.

L’espérance du salut c’est l’espérance d’être délivré de cet exil. Dans toute espérance de salut, quelque soit la tradition considérée, lorsqu’il y a bonne foi et honnêteté, c’est de cela qu’il est parlé.

Chaque tradition se le formulant à sa manière. Pour certaines, être sauvé du problème moral, pour d’autres, être sauvé des contraintes de l’existence sans lien avec le problème moral…etc.

Mais voilà qu’il y a un peuple qui vit cette condition de créature au niveau de paroxysme le plus grand dans son histoire : l’exil, l’aliénation et l’asservissement, et qui définit le Dieu du salut comme étant le Dieu de la sortie d’Egypte.

Ceux qui sont familiers avec les textes bibliques retrouvent là cette convergence de multiplication d’exemples, où la motivation des commandements revient au même principe : « parce que vous étiez esclaves en Egypte et que vous êtes sortis d’Egypte… »

C’est dit à propos des commandements principaux et aussi parfois à propos de commandements que l’on pourrait considérer comme secondaires.

Pendant le Ômer, il est généralement interdit de se raser ou de faire une coupe de cheveux ; on n’écoute pas de musique et on ne célèbre ni mariage ni bar mitsva mais seulement une brith mila ou le rachat d’un premier né. Cependant dans certaines communautés ashkenazes, on célèbre des mariages ou des fiançailles jusqu’à rosh hodesh iyar par contre, ils ne font pas d’interruption à Lag Baomer mais ils “tiennent le deuil” jusqu’à shavouoth.

Depuis la création de l’Etat d’Israël on fait une entrave au deuil pour fêter le jour de l’Indépendance (le 5 Iyar) et le jour de la réunification de Jérusalem (le 28  Iyar) mais là aussi de nombreuses controverses séparent les uns et les autres.

Le Rav Ovadia Yossef avait permis aux personnes à peau sensible pour lesquels il est difficile de garder la barbe de se raser pour honorer le shabbat.

33 en hébreu s’écrit avec les lettres lamed et guimel que l’on prononce  “LagBaômer” –en Algérie ou le guimel porteur d’un point se prononçait comme un “r” on désignait ce jour sous l’appellation de la fête de “Lar”. Ce soir-là on avait coutume d’apporter de l’huile pour allumer des veilleuses dans les synagogues, on y apportait des fleurs aussi et on allumait des veilleuses ou des bougies décorées à la mémoire de Rabbi Shimôn bar Yohay.

Les fidèles entonnaient sur des mélodies différentes des poèmes à la gloire du grand Sage qui est né et mort à la même date du 18 Iyar à Mérone.

En Israël, un très grand pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de fidèles a lieu chaque année à Mérone : des pèlerins campent aux alentours du lieu saint plusieurs jours durant et les tombeaux des autres tsadikim enterrés à Safed ou à Tibériade sont aussi visités.

LES REPAS DU SHABBAT

Les différents courants de pensée dans le judaïsme et les différentes communautés ashkenazes, séfarades, êdoth ‘hamizrah (communautés orientales: Irak, Iran, Yémen etc…), s’accordent tous sur l’importance du shabbat dans la liturgie et dans la vie juive et familiale. Surtout autour de la table du shabbat où les convives apprécient les bons repas concoctés pour que le shabbat, à tous les niveaux soit un régal.

Avant de procéder au kidoush, le maître de maison entonne des chants traditionnels tels que « shalom aleikhem » ou des louanges à la maîtresse de maison « eshet hayil » qui n’est entre autres qu’une allégorie sur le peuple d’Israël (la femme vertueuse) et D. Certains ajoutent un chant à la gloire de Rabbi Shimôn bar Yohay mais deux hymnes au shabbat en araméen ont été composés par le Ari (« le lion ») zal. Il s’agit en particulier de Azamer Bishevahin léméâl go pitehine….אזמר בשבחין למיעל גו פתחין……………. qui est chanté en général le vendredi soir avant le kidoush et l’autre poème écrit lui aussi par le Ari et qui est intitulé (d’après ses premiers mots) »Assadère Lisseôudata » אסדר לסעודתא.

Le Ari zal a fixé dans son « shaâr ‘hakavanoth » שער הכוונות que sur la nappe dont est ornée la table du shabbat, doit être déposé au centre de la table un napperon ou une nappe de petite dimension sur laquelle seront disposés en forme de la voyelle sagol (triangle formé de 3 points) de sorte que les sommets des deux triangles soient face à face deux fois six petites haloth posées l’une sur l’autre soit douze haloth en tout et les recouvrir avec l’autre pan de la petite nappe de manière à « reconstituer » l’image des deux portions de manne céleste qui fut distribuée chaque vendredi aux Bné Israël pour leur shabbat dans le désert.

Le Ari ‘haKadosh explique que poser les haloth et les recouvrir correspond à plusieurs nécessités :
La première est comme il a été dit plus haut en raison du coffret dans lequel était présentée la manne dans le désert à chaque veille de shabbat.
La deuxième raison est de s’efforcer de décorer et d’enjoliver la table pour recevoir « la Reine Shabbat » avec tous les honneurs et les plus beaux ustensiles et accessoires.

La troisième raison est de couvrir les haloth avant que ne soit récité le kidoush afin de préserver ces haloth d’une double bénédiction étant donné qu’il est permis, pour le cas où l’on manquerait de vin, de faire le kidoush sur le pain.
La table doit être une table à 4 pieds pour « imiter » la table qui était au Beith ‘HaMikdash.

JForum.fr avec manitou.over-blog.com et Carroline Elisheva Rebouh

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