Le MaHaRal de Prague: un Rabbin de la Renaissance? Vidéos

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Place of Maharal, Prague

Né à Poznan, en 1512, 20 ans après l’expulsion des Juifs de la péninsule ibérique et la découverte des Amériques, Yehouda ben Bezalel Loeb, surnommé le Maharal de Prague (acrostiche de “Notre Maître Rabbi Lowe”), fut l’auteur d’une œuvre abondante touchant à la plupart des domaines intellectuels de la vie juive.

Rabbi Löwe n’a été réédité qu’au milieu du 18ème siècle. Son oeuvre a contribué à la création du mouvement Hassidique par le Baal Chem Tov. Encore aujourd’hui, beaucoup de commentaires émis sur les réseaux sociaux sont très réservés, en particulier quand ils émanent de certains groupes orthodoxes. La Vérité du MaHaRaL se situe dans l’avenir. C’est pourquoi elle est difficile à appréhender par les plus conservateurs.

Le MaHaRaL fut un Kabbaliste de renom et c’est surtout pour cet aspect de son travail que le Rav Kook qui fut le premier Grand rabbin d’Israël et un maître de la Kabbale.

Cette oeuvre a connu un regain d’intérêt au XX ème siècle en France avec les ouvrages d’André Neher.

La communauté de Prague

Prague était l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe centrale; selon certains récits les juifs s’y seraient refugiés après la chute du Second Temple.

Des sources réels attestent la présence d’une communauté structurée dès le dixième siècle.

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L’histoire des Juifs à Prague a été similaire à celle de beaucoup de Juifs en Europe. Des périodes de paix et de prospérité firent suite à des pogroms (massacres), dès que le pouvoir ou l’inclinaison du roi change.ait

A noter que l’installation des Juifs favorisaient le commerce et donc augmentaient les revenus du royaume. Les rois avaient besoin d’eux autant que les Juifs avaient besoin des rois pour leur protection.

Certains rois protégeront les Juifs leur accordant des droits et des privilèges tout au long de l’histoire. Ce fut le cas d’Ottakar II dès le 13ème siècle puis de Charles IV au 14ème. C’est à Prague qu’apparut la première imprimerie hébraïque située en Europe centrale. En 1541, 1200 juifs y habitaient, concentrés dans un ghetto.

Sous les règnes de Maximilien II et de Rodolphe II  (1576-1611) que la communauté juive de Prague connut son apogée, un véritable âge d’or et la ville devint véritablement le cœur de la vie intellectuelle en Europe, avec des personnalités juives de premier plan.

Qui était le Maharal de Prague?

Pendant 20 ans il fut d’abord rabbin de Moravie. En 1544 il épousa Perl fille du très riche « Samuel le Richard ». Elle lui donna six filles et un fils, Betsalel. Puis le rabbin Loew fonda et dirigea la yechiva de Prague, avec l’appui de Mordehaï Meisel,  à partir de 1573 jusqu’en 1584.

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Synagogue Meisel, construite en 1597, quartier juif de Prague

Une entrevue avec l’empereur Rodolphe II, à la demande de l’empereur, fut attestée en février 1592, il était alors accompagné de son frère, le Gaon  rabbi Sinai, de son beau-fils, Isaac Cohen et d’un notable laïc, Isaac Weisl. La rencontre est organisée par Mordehaï Meisel, président de la communauté, riche banquier et grand philanthrope.

“C’est un retournement de l’histoire” écrit André Neher dans Faust et le Maharal de Prague. L’Empereur veut connaître la sagesse juive: les juifs de Prague y virent l’approche des temps messianiques.

Il quitta à nouveau Prague en 1592 pour devenir grand rabbin de Poznań. Le contenu de l’entrevue fut une énigme mais elle témoigna du renom du Maharal.

Il posa plusieurs fois sa candidature au poste de grand rabbin de Prague, mais ne fut élu qu’en 1597, à l’âge de 85 ans. Il y mourut presque centenaire, en 1609, entouré d’une légende de rabbin miraculeux. Sa tombe est au cimetière juif de Prague.

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Les idées et l’oeuvre du Maharal

Cette activité mouvementée s’expliqua sans doute par l’indépendance d’esprit de Rabbi Loeb, par ses efforts pour aboutir à une véritable révolution à l’intérieur de la communauté juive, surtout sur le plan pédagogique où il critique la méthode médiévale et scolastique.

Il atteignit l’apogée de sa célébrité au titre de chef spirituel de la communauté juive de Prague, alors centre principal du Judaïsme en Europe orientale.

Dans cette ville, le Maharal établit la grande académie talmudique connue sous le nom de Klaus. (Le bâtiment historique de cette académie fut ravagé par un incendie quatre-vingts ans après sa mort, mais fut reconstruit plus tard et appelé la Synagogue de Klaus).

Parmi ses élèves étaient Rabbi Yom Tov Lippmann Heller et Rabbi David Ganz qui devinrent les plus grands talmudistes de leur siècle.

Le Maharal faisait l’admiration de ses contemporains, tels Rabbi Salomon Louria (Maharshal), Rabbi Méir (Mahram) et d’autres encore, qui l’appelaient affectueusement « Pilier de fer, support d’Israël », ou « Notre souffle de vie » ou encore « La merveille de notre époque ».

Par ses grandes connaissances en mathématiques, astronomie et des sciences presque perdues aujourd’hui, Rabbi Judah ben Betsalel Levaï fut considéré comme un auteur humaniste.

Il était un ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler. Ces deux savants le présentèrent un jour à l’empereur Rodolphe II.

Ce grand érudit écrivit de nombreux ouvrages traitant de sujets rabbiniques, dont un des plus importants s’appelle « Gour Aryeh ».

C’était un commentaire sur l’interprétation biblique de Rachi. Quelques-uns de ses meilleurs livres traitent du Moussar ou de l’éthique.

Dans ses conférences et dans ses écrits, il ne cessait de souligner l’importance de l’interprétation littérale des Écritures, condamnant la méthode sophistiquée connue sous le nom de Pilpoul.

À son avis les enfants devaient d’abord acquérir de solides connaissances de la Bible et de la Michnah avant de s’aventurer dans l’étude du Talmud. Tous ses écrits, et plus particulièrement ses commentaires sur Pirkei Avoth ainsi que la collection de ses conférences, comme Netsa’h Israël (« L’éternel Israël »), Netivoth Olam (« Les voies du monde »), reflètaient une image du saint caractère de cet homme.

Il est versé aussi bien dans les grands textes du judaïsme que dans les sciences profanes, en particulier les mathématiques. Il entretient des liens étroits avec David Gans qui fut son assistant et l’astronome Tycho Brahe. Ce fut suite aux découvertes de celui-ci qu’il dit la fameuse formule : « en aucun cas la Torah et la science ne peuvent être en conflit, puisque leur domaine n’est pas le même ».

Il fut un grand défenseur de la littérature rabbinique allégorique, le midrash, notamment dans son livre Beer hagola (« Le Puits de l’exil »). Il fut connu pour avoir donné un système complet de compréhension de l’aggada, la partie non-législative du Talmud.

La plupart des commentateurs préférant ne pas dévoiler cette partie « cachée » du Talmud. Sa méthode, résumée de façon simplifiée, consista à retranscrire les mots de l’aggada sous forme de « concept ».

Ce ne sont pas les « paroles des sages » mais des « paroles sages » disait-il.

Le Maharal a révolutionné les méthodes d’enseignement et d’étude dans les yeshivot (instituts talmudiques) en insistant sur l’ordre de l’apprentissage des textes : Torah d’abord, Mishna ensuite, et après seulement Guemara, chacun servant à comprendre le précédent.

Il insista aussi sur l’état d’esprit nécessaire à l’étude qui se doit d’être désintéressée.

Son approche n’était autre que la méthode originale d’apprentissage que l’on retrouve dans le Talmud (sources : tiferet israel, chap. 56, netiv hatorah, gour aryé).

Cette méthode se retrouva chez plusieurs grand penseurs comme le rabbin Samson Raphaël Hirsh. Que ce soit d’un point de vue pratique ou méthodique il se caractérise par sa clarté et son intégrité.

Tout laisse supposer que le Maharal de Prague était également un génie kabbalistique, car la légende ne cesse de mentionner ses connaissances de la Création divine et des secrets de D.ieu. Il était connu comme le plus grand thaumaturge.

L’histoire la plus célèbre est celle du Golem. Ce fut la création d’un homme que ce rabbin façonna d’argile et à qui il donna vie en prononçant le nom de D.ieu. Grâce au Golem le Maharal put empêcher de nombreuses calamités de fondre sur les Juifs et réduire à néant les fausses accusations portées contre ses coreligionnaires.

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À la veille de chaque Chabbat, Rabbi Judah enlevait du Golem l’amulette sacrée sur laquelle était inscrit le nom de D.ieu, pour ne pas profaner le Chabbat. Lorsque le Golem eut accompli sa mission, le Maharal le cacha dans le grenier de la synagogue de Prague.

Plusieurs années plus tard, la cité de Prague fit ériger devant l’Hôtel de Ville un monument, exécuté par un de ses meilleurs sculpteurs, en souvenir de son grand citoyen.

Le Maharal avait le renom de posséder des forces illimitées. Il existait une légende qui voulait que le Maharal ait montré à l’empereur par une sorte de vision le château de plaisance que celui-ci possédait loin de la capitale.

Une autre légende raconta que le Maharal avait fait apparaître les esprits des douze fils de Jacob en présence de l’empereur.

Pour nous, le côté le plus important de la personnalité du Maharal résida moins dans ses pouvoirs surnaturels que d’apprécier l’homme qui, dans de sombres heures de l’histoire juive, avait tant fait pour ses frères dont il était le chef spirituel et le porte-parole.

 

Les ouvrages du Maharal

  • Beer Hagola (« Le Puits de l’exil ») la diaspora nous a fait perdre les valeurs essentielles à la compréhension des démarches de nos sages.
  • Gvourot Hachem (« Les Hauts-faits de l’Éternel »), sur la sortie d’Égypte
  • Gour Arié (« Jeune lion »), commentaire sur Rachi de Troyes
  • Tiferet Israel (« Les Splendeurs d’Israël ») sur le don de la Torah
  • Ner Mitsva (« le Flambeau du commandement ») commentaire sur certains passages du Livre de Daniel et sur la fête de Hanoucca (traduit et commenté par Benjamin Gross)
  • Or H’adach (« La Nouvelle Lumière ») commentaire sur le Livre d’Esther et sur la fête de Pourim
  • Derekh H’aïm (« Le Chemin de la vie ») commentaire sur les Pirke Avot
  • Netzah’ Israel (« L’Éternité d’Israël ») sur l’histoire du peuple juif
  • H’idouché Agadot (« Commentaire sur la Aggada »)
  • Nétivot Olam (« Les Sentiers des temps antiques ») traité sur l’éthique juive

Quartier Josefov, Prague (République tchèque). C’est dans le cimetière juif de la ville que l’on peut retrouver le créateur du golem, un rabbin du XVIe siècle. 

Dossier réalisé par  JG

Sources (sites)

fr.chabad.org

didierlong.com

Consulter

Article dans Dictionnaire de civilisation juive par JC Attias et E.Benbassa

PICARD M. Juifs et Judaïsme De 1492 à 1789 tome 3 

 

 

 

2 COMMENTS

  1. Les âges d’or se sont succédés durant l’exil bimillénaire, avec une particularité constante. Je cite Théodore Herzl : ” Plus l’antisémitisme tarde à se manifester et plus les Juifs s’assimilent. Plus les Juifs s’assimilent, plus l’antisémitisme se manifeste, dans une virulence proportionnelle à cette assimilation”.
    C’est ainsi que les Juifs d’Europe ont vécu l’exil, dans l’alternance d’âge d’or et d’antisémitisme exécrable, le premier suscitant le second, comme, s’il fallut que l’exil juif se réinitialisât dans les nations.

  2. Tous les pogroms en Europe ont été précédés d’un “Age d’Or” des juifs, et de prospérité pour les pays dans lequels ils vivaient.

    Avant la deuxième guerre mondiale, la moitié des avocats allemands étaient juifs.
    L’Âge d’Or des juifs d’Espagne va des Omeyyades (711–718) et s’achève avec la chute du califat de Cordoue (1031), et le massacre de Grenade (1066).
    L’Âge d’Or des juifs de Pologne dura 600 ans, de 966 à 1572
    Tout comme il y eu un Âge d’Or des juifs de Salonique à partir de 1492
    Tant et si bien qu’en 1519, les Juifs représentaient déjà 56 % des habitants et en 1613, 68 %
    Etc …

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