Le Maghreb : face cachée du conflit au Moyen-Orient, Partie 2

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Le Maghreb : face cachée du conflit au Moyen-Orient, Partie 2

Nous avons pu voir, précédemment, que le Maghreb, constitué des pays arabes d’Afrique était sous influence du Moyen-Orient par sa faiblesse identitaire culturelle et territoriale, d’une part, et d’autre part, par l’incapacité de ces pays à développer une puissance régionale.

Il est communément accepté que 5 piliers construisent l’identité : la culture, la langue, la religion, le territoire et la volonté de vivre ensemble.

Si le Maghreb reproduit le conflit du Moyen-Orient, nous devons retracer de façon sommaire la géopolitique du Moyen-Orient :

Nous noterons que le rapport Iran-Arabie Saoudite est la principale opposition au Moyen-Orient et que jamais ces 2 pays ne s’affrontent directement. La guerre est livrée par procuration. C’est la Première guerre du Golfe entre l’Irak et l’Iran, financée par les Séouds.

Pour ce qui est de la suprématie sunnite, la Turquie s’oppose à l’Arabie.

Les différents courants de rébellion sont le fait qu’une grande partie des populations vit dans une extrême pauvreté.  Ce qui a été appelé le “printemps arabe” a été l’occasion pour les Frères Musulmans de s’approprier la contestation et de la radicaliser. C’est le mouvement hirak que connait actuellement l’Algérie tout comme cette semaine est l’anniversaire du soulèvement tunisien, occasion de manifestations alors que le parti Ennahdha n’a pas réussi à former un gouvernement. Le Qatar, en 2011, versait 1 milliard de dollars aux Frères musulmans tunisiens plus 1 autre milliard remboursable, celui-ci.

Le vilain Qatar islamiste veut devenir un cygne. Quand les populations souffrent de pauvreté, l’argent est une arme attractive.

Nous soulèverons, ici, que le Qatar a été le principal fomentateur de l’intervention franco-américaine en Libye. La chute de Kadhafi a ainsi profité au Qatar qui a récupéré l’exploitation des nouveaux gisements pétroliers. Le rôle de l’Emir dans la crise libyenne est parfaitement connu.

L’accord prévu et organisé par Ankara et Moscou pour un cessez-le-feu entre le Maréchal Haftar qui contrôle l’Est de la Lybie et Al-Sarraj qui est le chef du gouvernement libyen reconnu par l’ONU, n’a pas eu lieu.

Le Maréchal Haftar est responsable de cet “échec” puisqu’il quitte Moscou, quand il a été le premier à accepter le principe de ce cessez-le-feu. La conférence de Berlin, dans la continuité du sommet de Moscou, traduit l’importance de la guerre civile libyenne.

Une première lecture, façon “agence de presse” utilise le terme “d’échec pour la Paix”. Tout cessez-le-feu ne peut être que progrès. La guerre, c’est Mal. Cela fait 9 mois que les troupes se battent aux portes de Tripoli. La guerre morale est l’arme des grandes puissances.

Mais de quoi est-il question?

Fayez al-sarraj est soutenu par la Turquie d’Erdogan. Khalifa Haftar est soutenu par l’Egypte et l’Arabie saoudite. L’Afrique du Nord est le miroir du Moyen-Orient.

Un premier point pour considérer la virevolte de Haftar est que, d’une part il est tenu de vaincre. Il est un rempart pour l’Egypte. Il faut se souvenir de la haine que voue Erdogan à al-Sissi. Le Maréchal égyptien est tenu pour responsable de l’élimination des Frères musulmans de l’échiquier politique alors  que le président Morsi était totalement dévoué à Erdogan. Haftar est également le dernier rempart en Lybie face aux Frères musulmans.

Le deuxième point à considérer est que, d’autre part, Haftar dispose des moyens pour l’emporter. Il ne contrôle pas seulement l’Est de la Lybie mais également le Sud. Haftar est positionné dans une dynamique de victoire.

A qui profite le cessez-le-feu?

Le cessez-le-feu a été conçu par des puissances étrangères au premier lieu desquelles la Turquie qui n’est pas neutre. Haftar s’est rendu en Russie sous la pression sans doute de ses soutiens et l’a, sans doute, quittée également avec l’aval de ceux-ci.

Le cessez-le-feu établit un statu quo. Indirectement, l’Ouest de la Lybie est sous le contrôle turc. D’ailleurs, la présence de troupes turques auprès d’Al Sarraj est désormais officielle. Plus que la consolidation des Frères musulmans et leurs amis en Tunisie, c’est le sud de la Mer Méditerranée qui est alors contrôlé par la Turquie. La pression est ainsi mise sur les Îles grecques et la dernière sortie d’Erdogan à leur encontre n’est pas anodine. Elles sont revendiquées turques. Avant de se rendre à Berlin, Haftar passe par la Grèce.

La géostratégie moderne est basée sur la capacité de projection, c’est à dire de disposer d’une flotte océanique. Le Moyen-Orient connait la plus forte concentration de forces navales au monde. La présence militaire russe en Syrie est avant tout liée à ses bases navales.

Les conséquences du conflit libyen ont des portées qui dépassent le cadre local. Nous pouvons, alors, nous demander quels sont les transactions entre les grandes puissances et la Turquie.

Comme elle l’avait fait pour la Syrie, la diplomatie européenne explique “qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit”.

 

Par ©Gilles Falavigna

1 COMMENT

  1. “ils” sont infréquentables depuis 14 siècles !!

    le mieux est de les ignorer et les laisser faire ce qu “ils ” font de mieux : s’ entretuer !!

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