Haftarath parachath Nasso – Le destin de Samson : providence et libre-arbitre
C’est un juge nommé Samson. Sa force lui venait de Dieu. Dès avant la naissance de Samson, Hachem avait annoncé à sa mère: ‘Tu vas avoir un fils. C’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins.’
Les Philistins habitaient le pays de Canaan. Ils comptaient de nombreux guerriers dans leurs rangs et faisaient beaucoup de mal à Israël. Un jour que Samson se rendait chez eux, un lion vint en rugissant à sa rencontre. Mais Samson le tua sans avoir rien en main. Il tua aussi des centaines de Philistins.
Par la suite, Samson s’éprit d’une femme nommée Dalila. Les chefs des Philistins promirent de lui donner chacun 1 100 pièces d’argent si elle leur disait en quoi résidait la force de Samson. Dalila n’aimait pas vraiment Samson, ni le peuple de Dieu. Voulant connaître le secret de sa force, elle le tourmenta de questions jour après jour.
Il finit par lui révéler le secret de sa vigueur. ‘Mes cheveux n’ont jamais été coupés’, lui confia-t-il, ‘car dès ma naissance, j’ai été choisi par Dieu pour être un serviteur spécial, un naziréen. Si l’on me coupait les cheveux, je perdrais ma force.’
Voyant que Samson lui avait ouvert son cœur, Dalila l’endormit sur ses genoux. Puis elle appela un homme qui lui coupa les cheveux. Quand Samson se réveilla, il avait perdu sa force. Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux. Il devint leur esclave.
Samson pousse sur les colonnes pour que le bâtiment s’écroule sur les Philistins
Un jour qu’une fête en l’honneur de leur dieu Dagon avait réuni les Philistins dans un grand édifice, on fit venir Samson pour le tourner en dérision. Or ses cheveux avaient repoussé. Il dit au jeune garçon qui le menait par la main: ‘Laisse-moi toucher les colonnes qui soutiennent l’édifice.’ Il demanda alors à Dieu de lui redonner des forces. Puis, saisissant les colonnes, il s’écria: ‘Que je meure avec les Philistins!’ Il y avait 3 000 Philistins à la fête. Samson s’arc-bouta avec force et l’édifice s’écroula, ensevelissant tout le monde sous ses ruines. Juges chapitres 13 à 16.
Le destin de Samson : providence et libre-arbitre
Samson est caractérisé par une personnalité complexe. La tradition talmudique lui reproche d’avoir « suivi les désirs de ses yeux » (Sota 9b), en d’autres termes de s’être laissé guider par ses inclinations les plus sensuelles, notamment dans le choix de ses épouses, raison pour laquelle il a été puni par Hachem.
Mais elle lui sait gré, en même temps, d’avoir œuvré pour la punition des ennemis d’Israël, puisqu’il s’est sacrifié en abattant sur eux les murs de leur Temple et pour avoir ainsi « fait mourir dans sa mort plus de Philistins qu’il en avait fait mourir pendant sa vie » (Juges 16, 30).
Cette contradiction soulève la question de la providence et du libre-arbitre. Si Samson a été un instrument de Hachem et si tous ses actes n’ont été que l’exécution de sa mission, pourquoi a-t-il été puni aussi sévèrement ?
Les Sages, dans leur analyse de cette histoire, y voient la preuve que Samson a été responsable de son propre comportement répréhensible, mais son histoire semble également indiquer que l’ensemble de sa conduite faisait partie du plan divin pour punir les ennemis d’Israël.
La réponse à ce dilemme est ambivalente : Hachem affirme que Son plan général est dicté par Sa providence, mais les détails du comportement de Samson sont de sa propre responsabilité.
Cette dialectique est, par essence, la base de la tradition juive. Nous vivons avec le sentiment que Hachem est impliqué dans nos vies, mais aussi avec la conviction que chacun de nous est responsable de ses actes.
JForum.fr avec Jacques KOHN www.chiourim.com
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