Le compte du Ômer: de la pluralité à l’unité (vidéo)

Le deuxième soir de Pessa‘h, nous avons commencé de compter « le ‘omèr », jusqu’à la fête de Chavou‘oth, conformément à l’injonction divine (Wayiqra 23, 15) : « Vous compterez pour vous – du lendemain de la fête, du jour où vous aurez apporté le ‘omèr du balancement – sept semaines ; elles seront complètes. »

Nos Sages s’interrogent sur cette mitswa : en inclut-elle deux en ce qu’elle consiste à compter conjointement les semaines (7) et les jours (49) ? Ou, selon l’opinion de Maïmonide, s’agit-il d’une seule et même mitswa ?

Sur le verset de la Genèse (1, 5) : « Il fut soir, il fut matin – jour “un” (è‘had) », nos Maîtres se demandent pourquoi il n’est pas question du « premier jour » (yom richon), comme, dans la suite du récit de la Création, où la Tora emploie des nombres ordinaux : « deuxième jour », « troisième jour », etc.

Et de répondre que Dieu était alors unique sur terre, et que rien n’avait encore été créé.

Mais tentons de saisir plus profondément la différence entre l’« un » et le « premier ».

Point de départ incontournable menant à tout nombre, « un » est toutefois une entité en soi, et de ce fait, il n’est pas nécessairement succédé. Se suffisant à lui-même, il ne relève pas toujours d’un « compte ».

Le « premier », en revanche, est un commencement forcément marqué d’une suite. Qui dit « premier », dit obligatoirement « deuxième », et poursuit son compte jusqu’au nombre voulu.

Cette dissemblance fut le point de divergence fondamental entre ‘Essaw et Ya‘aqov lors de leur rencontre. En remettant son présent à son frère, Ya‘aqov lui dit (Beréchith 33, 11) : « J’ai tout », alors que ‘Essaw avait déclaré : « J’ai beaucoup ». Pour ‘Essaw, un « compte » s’acquiert grâce au ribouï, à la « prolifération » d’entités distinctes, qu’il s’appliquait à multiplier au maximum. Pour Ya‘aqov, en revanche, il fallait rassembler les éléments et les faire fusionner en un « tout », en un même « un ».

Nous comprenons ainsi que si le compte de la Création commence par é‘had – « un » et non « premier » – c’est parce que tout ce qui a suivi s’est associé à l’unique « Un ».

Telle fut la différence abyssale entre Ya‘aqov et ‘Essaw : Pour ce dernier, « j’ai beaucoup ». Autrement dit, il faut accumuler, en vouloir toujours plus et atteindre le plus grand nombre. Mais pour Ya‘aqov, il faut confiner à l’Un, faire de la multiplicité une seule entité.

Telle est également la différence entre l’idolâtrie – la culture du ribouï, de la multiplication – et le culte du Dieu unique. Il est présent dans la création entière, laquelle est dirigée vers un seul but, alors qu’aux yeux de l’idolâtre, le monde est fragmenté, régenté par diverses forces indépendantes.

Avraham fut le premier à tout rattacher, et à déceler dans la pluralité le Dieu unique.

En comptant le ‘omèr, nous progressons de la multiplicité vers l’Un. De même au niveau collectif, puisque, pour recevoir la Tora, nous avons dû nous unir et devenir « comme un seul homme, d’un seul cœur » (Rachi sur Chemoth 19, 2).

Et au niveau individuel, il nous incombe de ne pas nous « multiplier » ni nous éparpiller, mais au contraire, d’être nous-mêmes, homogènes et cohérents, de nous concentrer sur notre mission qui consiste à nous attacher à l’Unique et à Le servir.

Compter le ‘omèr, c’est rassembler les épis pour en faire une même gerbe, autrement dit, unir toutes nos forces pour nous soumettre à Hachem, et devenir comme Ya‘aqov, en nous attachant à avoir « tout » plutôt que « beaucoup ».

Rav D.R. Lumbroso

Source: chiourim.com

 

Le compte du Ômer: de Pessah à Chavouot (vidéo)

A partir du deuxième jour de Pessah, dimanche 28 mars 2021, on commencera le compte du Ômer, soit une période de sept semaines qui durera jusqu’à la fête du Matan Torah, le Don de la Torah, fête de Chavouot.

 

Au fait, qu’est-ce que le ômer ? 

La récolte de l’orge se faisait en cette période et la mitsva était de présenter un ômer (mesure) d’orge au Temple  cependant cette période était une période de deuil car des faits regrettables ont marqué en cette longue période de 7 semaines.

La période « de Pessah à Atzeret » (Chavouot), au cours de laquelle la prescription s’applique la prescription du décompte, prend par ailleurs une connotation particulière: le Talmud rapporte par ailleurs que les vingt-quatre mille étudiants de Rabbi Akiva moururent d’une épidémie dans cet intervalle.

Des auteurs médiévaux rapportent également au nom de Haï Gaon la coutume de s’abstenir de réaliser quelque tâche que ce fût dès le coucher du soleil jusqu’au matin car c’est à ce moment que l’on enterrait les étudiants et l’on n’avait pas le cœur à travailler.

Quelques approches du Ômer

Analysant les versets bibliques relatifs à ces prescriptions, les rabbins en retirent que chacun doit réaliser le décompte à titre individuel, à partir du lendemain du jour faste de Pessah

L’ômer est, selon Rabbi Akiva, un tribut offert à Hachem après Pessah afin d’assurer une récolte abondante dans les champs au moment où celle-ci commence.

Selon le Midrash, l’homme rembourse au moyen de cette modeste mesure la manne, dont chaque Israélite avait consommé un omer par jour.

C’est par le mérite de cette prescription que Hachem aurait promis le pays de Canaan à Abraham, que les Israélites auraient été sauvés au temps de Midian au temps de Gédéon, des Assyriens au temps d’Ézéchias, des Babyloniens au temps d’Ézéchiel et des Amalécites au temps de Haman. C’est aussi par la vertu de l’omer que la paix reviendrait dans les ménages, puisque l’offrande de jalousie prescrite en Nombres 5:15 consiste en un dixième d’epha d’orge.

Le Zohar enseigne que les sept semaines qui séparent Pessah de Chavouot sont, à l’instar des sept jours qui suivent le flux d’une femme, un temps de purification de l’impureté dont les enfants d’Israël s’étaient chargés en Égypte avant de pouvoir s’unir avec Dieu et recevoir sa Torah.

Évoquant ensuite d’autres parallèles entre les sept semaines, les sept années du cycle de la terre et les sept cycles de sept ans qui annoncent le jubilé, il leur confère un rôle majeur dans l’harmonie de la création.

Par conséquent, qui ne s’acquitterait pas du devoir de compter n’annulerait pas seulement un commandement, il serait aussi appelé impur et ne serait pas digne d’avoir une part à la Torah.

Isaac Louria et ses disciples élaborent sur ces bases, insistant d’une part sur l’importance de réaliser au mieux la prescription et enseignant d’autre part ses vertus purificatrices : le décompte de l’omer pendant chaque jour des sept semaines permet de réparer le dommage causé aux sept vertus cultivées en ce monde par les sept « bergers fidèles » (Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David).

Ces vertus correspondent aux sept sefirot inférieures: hessed (grâce), gvoura (vaillance), tiferet (beauté), netzah (fermeté), hod (gloire), yessod (fondation) et malkhout (royauté). Chacune de ces vertus contenant les autres et étant contenues par elles, il faut une semaine pour réparer les dommages causés aux sept aspects d’une vertu, à raison d’un jour par aspect (la grâce, la vaillance qu’il y a dans la grâce, la beauté qu’il y a dans la grâce etc.).

MANITOU

Le Ômer selon Manitou

Adaptation Jforum 2021  manitou

 

 

 

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.