En 2016, l’immigration en provenance de France enregistre une baisse de près de 50 % par rapport à l’année précédente

La semaine dernière, la commission parlementaire pour l’Immigration, l’Intégration et la Diaspora publiait les chiffres de l’Alya 2016. Une infime marge d’erreur subsiste encore avant obtention des résultats définitifs, mais les données avancées ont d’ores et déjà suscité une vive réaction.

Globalement, le cru 2016 est moins bon que les années précédentes avec une baisse de 13 % du nombre total d’immigrants : de 32 000 en 2014-2015 contre 26 600 en 2015-2016, débarqués en Israël sous l’égide de l’Agence juive.

Certains pays se distinguent par une hausse significative, comme le Brésil, dont le nombre d’immigrants a quadruplé. L’ex-Union soviétique, elle, tire son épingle du jeu et reste le pourvoyeur principal, avec 14 700 arrivants, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année dernière.

Mais le pays qui enregistre la diminution la plus drastique de son alyah, n’est autre que la France : après un pic à 8 000 en 2015, elle affiche cette année une baisse de près de 50 % pour un nombre d’immigrants estimés entre 4 000 et 4 500.

Un constat négatif que le président général de l’Agence juive, Alan Hoffman, attribue à plusieurs facteurs principaux. D’une part, des problèmes de logement, d’emploi et des difficultés pour la reconnaissance des diplômes dans certaines professions. De l’autre, une relative accalmie sécuritaire avec une diminution du terrorisme et de l’antisémitisme en France.

L’Agence juive a tort ou raison ?

Alan Hoffman réfute les accusations selon lesquelles l’Agence juive aurait négligé l’alyah de France, ces derniers mois. Il met en avant la filiale locale de l’institution qui a pour mission d’encourager les vocations via des manifestations organisées sur le sol français : 10 salons tout au long de l’année qui ont mobilisé plus de 10 000 participants, plus d’une centaine de soirées d’information en présence de 6 000 personnes, des séminaires d’études à destination des familles. La preuve, selon lui, que tous ces événements ont porté leurs fruits : le nombre de Français intéressés par l’alyah est en hausse constante. Donc si on en croit les chiffres de l’Agence juive, Israël reste à l’ordre du jour dans la tête de nombre de juifs français, mais le passage à l’acte ne suit pas.

Ces dernières années, les étudiants sont devenus une cible privilégiée des autorités israéliennes. En France, comme ailleurs. Alan Hoffman insiste sur la nécessité de renforcer leur lien avec Israël, quel que soit leur pays d’origine : 60 % des jeunes qui ont découvert le pays dans le cadre du programme Massa restent ensuite sur place, pointe-t-il.

Bien souvent malmenée pour ses choix arbitraires de privilégier certaines communautés plus que d’autres, et parfois décriée par les immigrants eux-mêmes pour son manque d’efficacité, l’Agence juive a toutefois reçu les louanges d’Avraham Nagusa, député Likoud et président de la commission parlementaire pour l’Immigration et l’Intégration. A l’occasion de la Journée de l’alyah, organisée pour la première fois en Israël le 8 novembre dernier, ce dernier a déclaré : “même si parfois nous avons des critiques à lui adresser, elle mérite nos éloges”.

Avraham Nagusa a en outre appelé les ministères de la Santé et de l’Economie à plancher pour réglementer la reconnaissance des diplômes du secteur médical et des entreprises des immigrants de France, dans le but d’éliminer un obstacle de taille à leur alyah. Une alyah française qui a décidément mobilisé l’attention de nombre d’interlocuteurs concernés. Le président de l’Agence juive, Natan Sharansky, est revenu sur la situation sécuritaire de la France, moins alarmante pour les Juifs ces derniers mois, ce qui les encourager à rester. Il a toutefois rappelé que l’Agence juive pouvait offrir une solution durable à l’assimilation, et constituait le seul organisme à venir en aide lors de situations d’urgence, comme à la suite du massacre de Toulouse.

L’alyah 2016 en chiffres. Au total, 26 620 nouveaux immigrants, dont :

14 700 de l’ex-Union soviétique (dont 5 000 d’Ukraine et 7 000 de Russie

5 955 d’Europe de l’ouest (dont 4 000 à 4 500 de France)

3 810 d’Amérique du nord (Etats-Unis et Canada),

1 620 d’Amérique latine

410 d’Afrique du sud, Australie et Nouvelle-Zélande

400 du reste de l’Afrique et d’Asie (dont 300 d’Ethiopie)

270 du Moyen-Orient

165 d’Europe de l’Est

Tal Cohen

LPH INFOS

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