Peur en Jordanie : « nous ne pouvons compter que sur Israël »

 
 
Peur en Jordanie : "nous ne pouvons compter que sur Israël" - © Juif.org

Un chroniqueur jordanien est extrêmement préoccupé que les pays arabes ont tourné le dos au royaume, le poussant directement dans le giron d’Israël.

Dans l’édition du 12 avril du quotidien jordanien Al-Dustour, le chroniqueur Maher Abou Tair jette la lumière sur ce qu’il appelle la « triste » situation contemporaine dans laquelle le royaume hachémite se trouve.

Il accuse les pays arabes de tourner le dos à la Jordanie et de l’abandonner, poussant totalement la Jordanie dans le giron économique et politique d’Israël. Abou Tair appelle à un changement majeur qui permettrait à la Jordanie de trouver une alternative à Israël.

MEMRI, l’institut de recherche sur les medias du Moyen Orient, un institut basé à Washington DC, a traduit et publié des extraits de l’article, dans la plupart sont reproduits ci-dessous.

« Il est très triste que le Jordanie soit devenue si faible qu’elle s’est complètement jetée dans le giron d’Israël, contrairement à l’opinion publique et son honneur… C’est la triste réalité, et ceux qui suivent les événements peuvent voir la Jordanie fuir en avant vers Israël et chevaucher leurs intérêts politiques et économiques… »

« La Jordanie a faibli au point de dépendance totale envers Israël, dans le cadre de laquelle Israël va nous vendre du gaz naturel « palestinien volé » comme une alternative au gaz naturel égyptien qui nous est refusé par le moudjahiddines du désert (du Sinaï).

« Toujours dans le cadre de cette dépendance, la Jordanie et Israël ont convenu d’un projet massif du Canal des Deux Mers et résolu la question de l’aéroport d’Aqaba. Dans le passé, la Jordanie a menacé de s’opposer à la construction de l’aéroport israélien, mais maintenant elle a retiré son objection, à la condition que les décollages et les atterrissages soient coordonnés (entre le nouvel aéroport israélien et celui d’Aqaba)… »

« La vérité toute nue est que la Jordanie n’a plus d’alliés arabes, et aujourd’hui, son seul allié contre l’ensemble de l’Est arabe est Israël. Si les arabes avaient voulu une Jordanie forte qui ne se jette pas sur Israël, ils ne l’auraient pas abandonné économiquement et assiégé politiquement au point que sa politique étrangère s’évapore. Aujourd’hui nous allons au lit en soutenant l’Iran et nous nous réveillons en nous opposant à lui au Yémen. »

« Une autre fois nous sommes contre Istanbul et Téhéran. Nous allons nous coucher avec Ramallah (l’autorité palestinienne) et nous réveillons avec le Hamas… »

« Nos relations avec nos voisins arabes et islamiques sont sur la base de variables aléatoires, tandis que celles avec Israël sont basées sur des constantes. Les relations avec Israël existent de longue date, et prennent actuellement une nouvelle forme plus conviviale en termes d’économie, d’agriculture et de la coordination à tous les niveaux. C’est comme si la Jordanie disait qu’elle sait qui tient les clés secrètes des portes régionales et se tourne directement vers ceux qui possèdent ces clés pour assurer son existence, à savoir Israël. »

« Cette correspondance entre l’existence d’Israël et de la Jordanie est dangereuse et pleine de (mauvaises) surprises. Nous ne pouvons pas compter là-dessus, même si certains à Amman croient que les relations avec Israël pourraient nous offrir une protection contre les « trahisons » de Washington et des Arabes. »

« Aujourd’hui, plus que jamais dans l’histoire jordanienne, les relations avec Israël sont manifestes, à tous les niveaux. Il y a plusieurs raisons à cela, nous devons trouver une formule différente pour protéger notre existence. Même si toutes les équations qui nous entourent sont instables et dangereuses, et même si Amman sent instinctivement qu’Israël est sa seule option, nous devons trouver une autre solution qui assure notre existence, mais ne nous entraîne pas à accepter de payer le prix que nous propose Israël… »

« Il est triste de voir qu’aujourd’hui, la seule option de la Jordanie, se trouve à son Ouest (signifiant Israël). Nous ne savons pas qui blâmer (pour cela). Devons-nous nous blâmer, pour le désirer malgré nos objections déclarées ? Ou (la situation), parce que les arabes ne nous ont laissé aucune autre option ou parce que l’histoire récente est truffée de dangers et de turbulences, nous obligeant à nous défendre, même au prix de traiter avec le diable ? La question est ouverte au débat. »

27 Avril 2015 – Juif.org

 

3 Commentaires

  1. Un aveu a peine deguise qu’il aurait prefere ne pas avoir Israel comme allie >

    Quant a nous nous ne pouvons nous fier a personne .

    Son pere Hussein deja pendant la guerre des 6 jours avait essaye de s’allier a Nasser , mais Israel etait a l’ecoute des conversations et a dejoue le complot . Le bombardement de son palais l’avait remis les pieds sur terre .

  2.  » Devons-nous nous blâmer  » ??

    Non non non, SURTOUT PAS !!! Que le ciel devienne rouge avant qu’un Arabe ne se pose jamais la question de sa propre responsabilité dans QUOI QUE CE SOIT !!

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