Israël autorise une force internationale à Rafah
Le cabinet israélien a donné son feu vert au lancement d’un projet pilote visant à stabiliser la bande de Gaza, une décision inédite depuis la présentation du plan de paix de Donald Trump. Cette initiative autorise l’entrée d’une force internationale de stabilisation (ISF) dans la région, en collaboration avec un gouvernement palestinien technocrate. Le projet débutera dans la zone de Rafah, une partie de Gaza non contrôlée par le Hamas, où des logements temporaires seront construits, des services de base assurés et une aide humanitaire distribuée.
Seul le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est opposé à cette mesure, arguant que le Hamas n’a pas respecté ses engagements de démilitarisation. En revanche, le ministre Bezalel Smotrich a soutenu la décision. Le comité technocrate palestinien, dirigé par Ali Shaath, prendra en charge la gestion civile de la zone, bien que ses membres n’aient pas encore pénétré dans Gaza. Le Hamas avait annoncé début juillet sa volonté de céder le pouvoir à ce comité, mais aucune avancée concrète n’a suivi.
La force internationale initiale comprendra environ 200 membres issus de pays considérés comme « amis » d’Israël, tels que l’Ouganda, le Maroc, le Kosovo et le Kazakhstan, avec des discussions en cours avec le Vietnam et la Géorgie. Ces troupes bénéficieront d’une immunité juridique, mais leurs opérations seront strictement encadrées : elles devront agir en coordination complète avec l’armée israélienne (Tsahal), rester derrière la « ligne jaune » et chaque déploiement devra être approuvé par le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre des Affaires étrangères.
Israël insiste pour maintenir sa présence militaire à la frontière tant que le Hamas ne sera pas désarmé et que la bande de Gaza ne sera pas démilitarisée. Ce projet pilote, s’il réussit, pourrait être étendu à d’autres zones du territoire. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a souligné l’importance de ne pas rejeter ce plan international, malgré les incertitudes, tandis que Ben-Gvir prône une politique d’encouragement à l’émigration des habitants de Gaza.
Cette initiative marque une tentative concrète de stabilisation dans un contexte de tensions persistantes, en combinant présence internationale et contrôle israélien strict. Elle reflète la complexité des enjeux sécuritaires et humanitaires dans la bande de Gaza, ainsi que les défis politiques liés à la gouvernance locale et à la démilitarisation du Hamas. Le succès ou l’échec de ce projet pilote pourrait influencer les futures stratégies de gestion du conflit dans la région.
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