Israël va-t-il s’allier avec l’Égypte pour contrer la Turquie ?
En Méditerranée orientale, les alliances deviennent plus mouvantes et les certitudes plus rares. Alors que la Turquie renforce ses ambitions maritimes et approfondit sa coopération militaire avec l’Égypte, des responsables israéliens envisagent paradoxalement de convaincre Le Caire de coordonner davantage ses positions avec Jérusalem. L’objectif serait de limiter une éventuelle domination turque sur les routes maritimes, les zones économiques et les infrastructures énergétiques de la région.
Cette stratégie repose sur une lecture pragmatique des intérêts égyptiens. Malgré le rapprochement spectaculaire entre Recep Tayyip Erdogan et Abdel Fattah al-Sissi, plusieurs désaccords persistent, notamment en Libye et autour du partage des espaces maritimes. Israël estime que ces divergences pourraient rapprocher ponctuellement l’Égypte d’un axe comprenant également la Grèce et Chypre. En juin, les chefs des marines israélienne et grecque ont d’ailleurs renforcé leur coopération dans les domaines des opérations navales, des nouvelles technologies et de la sécurité en Méditerranée orientale.
Mais le scénario inverse apparaît tout aussi crédible. Le 13 juillet, les ministres turc et égyptien de la Défense ont signé à Ankara plusieurs lettres d’intention destinées à encadrer leur coopération militaire et industrielle. Ce rapprochement s’accompagne d’exercices de plus en plus ambitieux. Des pilotes égyptiens ont participé à l’exercice aérien Anatolian Eagle 2026 en Turquie, tandis que des parachutistes et commandos des deux pays ont pris part aux manœuvres Golden Eagle en Égypte. En septembre 2025, les deux marines avaient déjà organisé leur premier exercice conjoint depuis treize ans. Ces initiatives montrent que la réconciliation dépasse désormais le simple affichage diplomatique.
Face à cet environnement incertain, la marine israélienne élargit parallèlement son rayon d’action. Elle travaille sur de nouvelles réponses aux essaims de drones navals et intensifie la coordination entre ses services de renseignement, le Mossad, le Shin Bet et l’unité de commandos Shayetet 13. L’armée a notamment révélé que cinq membres de cette unité avaient été envoyés à plusieurs milliers de kilomètres d’Israël, sans force de soutien ni possibilité immédiate d’extraction en cas d’échec. Le lieu et l’objectif de cette mission restent secrets, mais cette opération illustre une évolution vers des interventions plus profondes et plus risquées.
Cette transformation s’était déjà manifestée en juin 2025, lorsque des bâtiments israéliens avaient frappé le port yéménite de Hodeïda avec des missiles de précision tirés à longue distance. Contrairement aux avions, contraints de rentrer rapidement après une attaque, les navires peuvent rester durablement dans une zone, surveiller les mouvements ennemis et choisir le moment jugé le plus favorable pour intervenir.
Israël cherche donc à combiner alliances régionales et capacités d’action lointaines. Cependant, son projet de rapprocher l’Égypte de ses positions navales se heurte à une réalité inconfortable : Le Caire veut conserver plusieurs partenaires et tirer profit à la fois de ses relations avec Ankara, Athènes, Chypre et Jérusalem. La Méditerranée orientale ne se structure pas encore en deux blocs clairement opposés, mais devient un espace de coopération sélective, de rivalités et de rapports de force changeants.
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Le rapprochement turco-egyptien n’est pas survécu par hasard. Si la Turquie s’installe en Syrie et c’est son intention, le but non avoué de l’egypte qui n’arrête pas de se surarmer alors qu’elle est endettée, est d’attaquer Israel au nord et au sud avec la Turquie et le jihadiste préféré de Trump.