Il avait contesté la déportation d’homosexuels entre 1940 et 1945 : Éric Zemmour gagne son second procès.

La cour d’appel de Paris a confirmé, jeudi 25 juin, le jugement de relaxe rendu l’an passé en faveur d’Éric Zemmour. Dans un essai paru en 2021, le président de Reconquête ! avait qualifié de « légende » la déportation d’homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale. Les magistrats ont estimé comme en première instance que le délit de contestation de crime contre l’humanité n’est pas caractérisé.

Il avait contesté la déportation d’homosexuels entre 1940 et 1945 : Éric Zemmour gagne son second procès
Photo : ©AdobeStock/Aleksei Zakharov

Le 28 mai dernier, s’était tenu devant la cour d’appel de Paris un débat de qualité susceptible d’améliorer l’interprétation juridique de l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881. Lequel prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour quiconque conteste l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité, tels que définis par l’article 6 (c) du Tribunal de Nuremberg. Une question était ainsi posée à ses magistrats : au regard du consensus universitaire apparu au milieu des années 2000, demeurait-il possible de nier les déportations d’homosexuels français, par les régimes nazi et de Vichy, sans se rendre coupable de négationnisme ?

À l’audience, neuf associations plaignantes (1) reprochaient à Éric Zemmour d’avoir remis en question, dans son livre « La France n’a pas dit son dernier mot » (Rubempré), les arrestations d’environ 500 homosexuels français et la déportation, vers les camps de concentration du Troisième Reich, de 181 d’entre eux (voir notre article du 29 mai ici). Le polémiste d’extrême droite soutenait alors l’ancien député Christian Vanneste qui, en 2012, avait parlé de « légende », provoquant à l’époque déjà un tollé, y compris au sein du Front national (devenu RN). À ses détracteurs, M. Vanneste avait opposé « une polémique » déclenchée par « le lobby gay ».

Cette falsification de l’Histoire longtemps répandue, reprise à son compte par M. Zemmour, est aujourd’hui solidement réfutée par les chercheurs.

En 2023, le parquet avait déjà requis un non-lieu

En première instance le 10 juin 2025, le tribunal l’avait relaxé au motif que ses écrits ne relevaient pas de la contestation de crimes contre l’humanité. Si l’ancien journaliste avait « repris la thèse de M. Vanneste » et « remis en cause » ces déportations entre 1940 et 1945, il résultait des débats que ces centaines d’arrestations n’entraient pas dans le champ des crimes contre l’humanité, lesquels doivent avoir été perpétrés pour des raisons raciales, politiques ou religieuses, « ce qui exclut les déportations décidées à raison de l’homosexualité ». En vertu du principe d’interprétation stricte de la loi énoncée à l’article 111-4 du Code pénal, le délit n’était donc pas établi.

En juin 2023, le parquet de Paris avait d’ailleurs pris des réquisitions aux fins de non-lieu, s’appuyant sur le jugement du Tribunal international de Nuremberg ne mentionnant pas de génocide envers les homosexuels. Au procès, la substitut du procureur avait invité le siège à « apprécier les faits à la lumière des témoignages entendus » à la barre – plusieurs historiens ayant apporté leur éclairage.

Le tribunal avait finalement absous Éric Zemmour sur le plan pénal, et le parquet n’avait pas interjeté appel (il n’était pas à l’origine des poursuites). Les associations, représentées par Me Deshoulières, avaient saisi la cour, sur le plan civil, avec la volonté de faire évoluer le droit.

Démarche que l’avocat général avait approuvée le 28 mai, déplorant que la juridiction du premier degré se soit livrée à « une lecture erronée » des textes « au regard de la réalité historique ». Une position contestée par Me Laurence Dauxin-Nedelec, défenseur de M. Zemmour, arguant que le juge n’est pas chargé de réviser l’Histoire mais d’appliquer la loi, et rien que la loi.

La cour d’appel l’a entendue et a confirmé en tous points le jugement.

(1) Associations Mousse, ADHEOS, Quazar, SOS homophobie, la Ligue des droits de l’homme (reçues en leur constitution de partie civile), STOP homophobie, Inter-LGBT, Beit Haverim et Les “oublié-e-s” de la Mémoire (jugées irrecevables en première instance).

JForum.Fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire