Concert interrompu de Barbara Butch par LFI
Petite anecdote significative… Sur X, répondant à mon tweet de soutien à Barbara Butch, un troll sous pseudo m’ écrit : « tu ressembles aux caricatures de juifs ».
Je vérifie le profil, sur lequel je vois défiler les photos diverses personnalités marquées d’une étoile de David.
Je fais donc un signalement à X, s’agissant d’incitation à la haine et de contenus illégaux, du moins au regard de la loi française de 1972… Je reçois dans les vingt-quatre heures la réponse de X : « nous n’avons pas décelé d’infraction aux règles de la communauté ».
On peut donc sur X se référer aux caricatures de juifs publiées par les nazis et faire porter l’étoile jaune à des personnalités publiques…
Guy Koponicki
La classe politique s’offusque de l’interruption d’un concert de Barbara Butch par des extrémistes propalos
Le concert de la DJ française Barbara Butch à Grenoble a été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes par une centaine de militants propalestiniens, qui protestaient contre son soutien affiché à la loi Yadan.
Des jets de bouteille en verre et de projectiles de toutes sortes, des huées virulentes et des insultes. Le concert de la DJ française Barbara Butch, qui devait se produire ce samedi soir, au festival Cabaret Frappé à Grenoble, a été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes par une centaine de militants propalestiniens, soutenus par LFI, qui ont conspué son soutien affiché à la loi Yadan.
L’interruption de sa prestation a suscité des critiques acerbes au sein de la classe politique. «Un déchaînement de violences et de haine s’est abattu pour censurer l’artiste. […] C’est de l’antisémitisme pur. Ce sont les limites de notre démocratie qui sont franchies», a martelé l’ex-premier ministre Gabriel Attal sur Twitter, quand Olivier Faure a clamé sa «solidarité avec Barbara Butch». «Ces méthodes n’aident en rien les Palestiniens et desservent les militants sincères», a-t-il encore expliqué.
«C’est notre liberté d’expression»
L’artiste avait signé une tribune soutenant la loi Yadan sur l’antisémitisme, dont les contempteurs soutiennent qu’elle criminaliserait toute critique du gouvernement israélien. Lors du concert, des vidéos issues des réseaux sociaux ont montré des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d’honneur et faisant retentir des sifflets alors que la DJ est sur scène. «C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord avec ça. Mais ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée, ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays», avait ainsi martelé Allan Brunon, élu insoumis à la ville de Grenoble, auprès du conseil municipal, lequel avait vivement soutenu les manifestants ayant interrompu le concert.
L’élu grenoblois a reçu le soutien du coordinateur de LFI Manuel Bompard. «C’est une prise de position politique d’appuyer et de soutenir une loi dont (…) le titre ne représente pas le contenu de la loi», a-t-il ainsi défendu ce lundi sur franceinfo. «S’il y a eu des insultes, elles sont absolument inacceptables», a-t-il insisté, rappelant que cette figure des nuits parisiennes LGBTQ+ avait été ciblée par «une campagne de cyberharcèlement avec des insultes grossophobes, homophobes» après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Mais, a-t-il ajouté, «ça n’enlève rien au fait qu’elle a décidé de prendre une position politique et que je peux comprendre que cette position politique puisse générer une protestation, à partir du moment où cette protestation est pacifique». Selon le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, ce sont «les autorités» qui «ont pris une décision d’interrompre ce concert», pas les manifestants.
Sur X, le patron des socialistes Olivier Faure a au contraire estimé que «LFI ne sert pas la cause palestinienne» et que «ces méthodes n’aident en rien les Palestiniens et desservent les militants sincères», clamant sa «solidarité avec Barbara Butch». «L’antisémitisme de LFI est tout sauf résiduel», a clamé de son côté Gabriel Attal, déclarant que l’artiste avait été empêchée de jouer «seulement parce que juive». «Honte à eux qui, une fois encore, justifient et alimentent les insultes, les agressions et les attaques contre nos compatriotes juifs», a-t-il fustigé.
«C’est une véritable honte, un véritable scandale. Si la gauche c’est d’envahir des concerts pour empêcher des artistes de s’exprimer (…), nous sommes dans un tout autre système», a complété Bernard Cazeneuve. Et l’ancien premier ministre de poursuivre : «Cette gauche-là n’est pas la gauche, elle est une forme de machine à excommunier, à instaurer la violence au cœur du débat politique». L’artiste a également reçu le soutien de plusieurs cadors du Parti socialiste, comme le maire de Paris Emmanuel Grégoire, de son homologue à Montpellier Michaël Delafosse ou de la présidente de la région Occitanie Carole Delga. Sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a également «condamné avec la plus grande fermeté l’interruption du concert», affirmant que «l’antisémitisme, les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République».
Pour le président du Crif, Yonathan Arfi, qui s’est exprimé sur X, « LFI et ces activistes propalestiniens radicaux […] instrumentalisent la cause palestinienne pour terroriser le monde de la culture et faire une chasse aux artistes juifs ou engagés contre l’antisémitisme ».
« Le Crif demande que le ministère de la Culture mette en place d’urgence un plan de lutte contre le boycott des artistes et contre l’antisémitisme », ajoute Yonathan Arfi.
JForum.fr avec Meta et lefigaro.fr (Jeanne Durieux avec AFP)
La DJ Barbara Butch en plein set lors de la soirée de clôture du week-end culturel du Sommet pour l’action sur l intelligence artificielle, à Paris, le 9 février 2025. - SADAKA EDMOND/SIPA
![]() |
![]() |






































