Il y a 79 ans, la Rafle du Vel d’Hiv (vidéos)

par  Francois Heilbronn

Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs français et étrangers sont arrêtés à Paris et en proche banlieue par plus de 4.500 policiers et gendarmes français.
1.129 hommes, 2.916 femmes et 4.115 enfants sont enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’Hiver. Les couples sans enfants et les célibataires (1.989 hommes et 3.003 femmes) sont internés au camp de Drancy.
Du 19 au 22 juillet, les familles du Vél’ d’Hiv’ sont transportées dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande dans le Loiret.
Adultes et adolescents sont déportés en premier.
Brutalement séparés de leurs parents par des gendarmes français, environ 3.000 enfants en bas-âge sont laissés sur place dans une affreuse détresse. Ils sont transférés à Drancy puis déportés entre le 17 et 31 août 1942. Aucun d’entre eux n’est revenu.
Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu’à la faveur d’un très beau et très émouvant discours, un président, Jacques Chirac, reconnaisse officiellement « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français ».
Je voudrais vous citer certains passages clés du discours d’Emmanuel Macron, prononcé en 2017 lors de la cérémonie commémorative des 75 ans de cette rafle.
Il s’inscrivait dans les pas de ses trois prédécesseurs mais il montrait que ce crime de masse et cette participation active au génocide des Juifs commis par l’Etat et l’administration française avait ses origines dans la propagande antisémite d’avant-guerre :
«Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent aujourd’hui que Vichy n’était pas la France, car Vichy ce n’était certes pas tous les Français, vous l’avez rappelé, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France.»
«Il est si commode de voir en Vichy une monstruosité née de rien et retournée à rien ; de croire que ces agents sortis de nulle part reçurent à la libération le juste châtiment qui les élimina de la communauté nationale.
C’est commode, c’est commode, oui – mais c’est faux.
C’est parce que Vichy dans sa doctrine fut le moment où purent enfin se donner libre cours ces vices qui, déjà, entachaient la IIIème République : le racisme et l’antisémitisme…
Ce supplice, leur supplice, qui défie l’entendement, qui défie les mots a commencé ici, le 16 juillet 1942 au matin, parce qu’en France dans la conscience de citoyens français, de dirigeants politiques français, de fonctionnaires français, de journalistes français, l’antisémitisme et le racisme avaient fait leur chemin insidieusement, lentement ; avaient rendu l’infâme tolérable jusqu’à en faire une évidence, jusqu’à en faire une politique d’Etat: la politique collaborationniste.
C’est la France de Je suis partout, de Bagatelles pour un massacre, c’est la France où Louis Darquier de Pellepoix, déjà lui, peut sans être inquiété une seconde proclamer en 1937 :
“Nous devons résoudre de toute urgence le problème juif, soit par l’expulsion, soit par le massacre”.
C’est la France où l’antisémitisme métastasait dans l’élite et dans la société, préparant insidieusement les esprits au pire.
Parce que oui, mes amis, la barbarie n’avance pas à visage découvert. Elle ne porte pas l’uniforme. Et lorsque les bottes nazies frappent le pavé de Paris, il est déjà trop tard.»
«En France aujourd’hui, cette corruption des esprits, cet affaiblissement moral et intellectuel que sont le racisme et l’antisémitisme sont encore présents et bien présents. Ils prennent des formes nouvelles, changent de visage, choisissent des mots plus sournois.
Et puis un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on n’a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n’était chez les uns que de la haine formulée différemment et chez les autres une forme de lâcheté ou une complaisance à ne pas vouloir voir, alors cela devient des vies fauchées et des gestes qui tuent.»
Peut être une image en noir et blanc de une personne ou plus, personnes debout, foule, plein air et texte qui dit ’VEO D'HIV PLUS JAMAIS de 16 Juillet1942’
Photo de la commémoration du 16 juillet 1957. Quinze ans après le crime.
Source : Fondation pour la Mémoire de la Shoah

Francois Heilbronn

Olivier Rafowicz·

En 1942, le 21 juillet,il y a quelqu’un, sans doute un policier ou quelqu’un de l’administration de la préfecture de police de Paris qui a tapé à la machine ce court document, en apparence sans grande importance, qui indiquait le nombre exact d’hommes mais surtout des femmes et des enfants qui avaient été raflés pour être ensuite deportés et assassinés.
Parmi eux le frère et la sœur de mon père et mes grands-parents.
Qui est cette personne française, qui a tapé à la machine ce document infâme?
Un document sans signature…
Peut être une image de texte
Cérémonie officielle

Dimanche 18 juillet 2021, 11h15

Monument commémoratif de la rafle du Vél’ d’Hiv’
Place des martyrs juifs du Vél’ d’Hiv’, quai de Grenelle 75015 Paris

En présence de Geneviève DarrieussecqMinistre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.

Public restreint en raison de la situation sanitaire. Accès sur invitation uniquement.

La cérémonie sera retransmise en ligne sur la page Facebook du ministère des Armées ou sur le site Chemins de Mémoire

En région

Izieu (01)

Vendredi 16 juillet 2021, 10h

Maison d’Izieu – mémorial des enfants juifs exterminés
70, route de Lambraz, Izieu​​​​​​

(sur inscription avant le 15 juillet)

Aix-en-Provence (13) 

Dimanche 18 juillet à 9h

Wagon-souvenir devant le Site-mémorial du camp des Milles
Chemin des déportés, Aix-en-Provence

Seront présents cette année M. le Maire d’Oradour-sur-Glane ainsi qu’une délégation de cette ville.

 

Monument commémoratif place des matyrs juifs du Vélodrome d’hiver

À lire


Synthèse historique

La rafle du Vélodrome d’hiver, 16-17 juillet 1942, article de l’historien Michel Laffitte sur le site Violence de masse et Résistance, Sciences Po, 2009
Témoignage

Chassez les papillons noirs, le récit de Sarah Lichtsztejn-Montard paru dans la Collection Témoignages de la Shoah (Le Manuscrit / FMS, 2011).

Sarah Lichtsztejn-Montard raconte dans ce livre comment, avec sa mère, elle s’est évadée du Vél’ d’hiv’ au premier soir de la rafle, le 16 juillet 1942, comment une dénonciation les précipita en mai 1944 au cœur de la tourmente nazie : à Drancy, dans l’enfer d’Auschwitz-Birkenau puis au camp de Bergen-Belsen où elles seront libérées le 15 avril 1945.

Discours

Recueil des Discours du Vél’ d’Hiv’ 1982-2017 (pdf), édité en 2018 par l’association des Fils et filles des déportés juifs de France en partenariat avec l’Association des maires de France et présidents d’intercommunalité, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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