Hiloula de Rabbi Moché Cordovéro, le “Ramak”

 14 Juillet 2020 torah box

Rabbi Moché Cordovéro est né à Safed (Tsfat) en 5282 (1522). Cette ville de haute Galilée était devenue le point de ralliement de nombreux rabbins et de juifs émigrés d’Espagne après l’expulsion de 1492.

Comme son nom permet de le supposer, sa famille était originaire de Cordoue. Rabbi Moché Cordovéro fit d’abord des études Talmudiques auprès d’un maître prestigieux, Rabbi Yossef Karo (1488-1575), auteur d’un vaste commentaire appelé Beth-Yossef, du Kessef Michné (commentaire du Michné Torah de Maïmonide) et de la célèbre compilation de règles : le Choul’han Aroukh.

Après la maîtrise du Talmud, Rabbi Yossef Karo lui ouvrit les portes de la kabbale. Mais la majeure partie de ses connaissances en ce domaine, il les devait à son beau-frère, Rabbi Chlomo Alkabets, kabbaliste et poète, auteur du Lekha Dodi, lu à la synagogue le vendredi soir.

Avec son maître et ses compagnons d’étude, Rabbi Moché Cordovéro entreprend des exils volontaires, appelés guirouchim (divorces) qui consistaient en parcours effectués à pied, sur les chemins de Galilée, en quête de la présence divine exilée et errante.

Les récits de ces déplacements sont consignés par Rabbi Moché Cordovéro dans un livre « Sefer haguirouchin » qu’il écrivit entre 24 et 29 ans.

Avec les 48 livres qu’il écrivit, le Ramak réussit à enrichir le patrimoine juif d’une foison d’ouvrages, la plupart en kabbale :

1) Pardès Rimonim : compilation systématique pour mettre en ordre les thématiques du Zohar et de l’ensemble de la littérature de la cabale depuis les écrits du Languedoc (cercle Iyoun), les cercles de Gérone et de Castille jusqu’à ses contemporains de Safed. Cette oeuvre comprend 32 portiques. Ce célèbre ouvrage a été écrit en 1548, c’est-à-dire à l’âge de 26 ans.

2) Elima Rabbati : écrit une dizaine d’années après le Pardès Rimonim.

3) Or Néérav : où sont exposées les méthodes et les règles nécessaires à l’étude de la kabbale.

4) Tomer Deborah : traité éthique consacré à la signification kabbalistique et à l’imitation des midot d’Hachem.

5) Or Yakar : Commentaires sur l’ordre du Jour de Kippour, prière de Roch Hachana, commentaire sur l’ensemble des prières selon le rite séfarade, Tikoun kriat chéma, lecture du « chéma » avant de dormir, guilgoul (migration des âmes).

Rabbi Moché Cordovéro eut de nombreux disciples. Eliahou De Vidas, auteur du Réchit Hokhma publié pour la première fois à Venise en 1578. Rabbi ‘Haïm Vital qui vivait à Safed, et qui était élève de Rabbi Moché Cordovéro, nous dit que Eliahou De Vidas et le Ramak, par les origines de leurs âmes, ne font qu’une seule racine. Ils proviennent de la racine de Chémaya et Avtalyone : « couple » fondateur de la tradition rabbinique : c’est pourquoi, ils s’appréciaient.

Rabbi Moché Cordovéro décède à l’âge de 48 ans. Il disait à ses élèves : « Sachez qu’après moi montera un homme qui éclairera la génération; c’est une étincelle de Rabbi Chimon Bar Yo’haï. Je ne peux dévoiler son nom ; celui qui verra la « Nuée » sur mon cercueil sera le désigné. »

A l’enterrement de Rabbi Moché Cordovéro, toute la ville sortit après le cercueil, on voulut l’enterrer auprès des grands de la ville, mais le “Ari zal” (Rabbi Itshak Louria) monté à Safed quelques années auparavant, intervint pour dire que la « Nuée » indiquait un autre endroit. Tout le monde comprit alors l’allusion de Rabbi Moché Cordovéro. C’est Rabbi Itshak Louria qui va être le continuateur et le rénovateur de Rabbi Moché Cordovéro.

Le Ramak lui-même apparut en rêve à Rabbi ‘Haïm Vital trois mois après son décès, et lui confirma que la science mystique du “Ari zal” est plus fondamentale et révèle davantage les véritables concepts des mondes supérieurs. Lui, le Ramak étudiait maintenant la kabbale à la manière du “Ari zal”.

Bien plus tard, Rabbi ‘Haïm de Volojin rapporte au nom de son maître, le Gaon de Vilna que, là où s’achève la philosophie commence la science de la kabbale, et là où s’achève l’enseignement mystique du Ramak, commence celui du “Ari zal”.

Celui qui parle du Tsadik le jour de sa Hiloula, celui-ci prie pour lui. Allumez une bougie en disant “Likhvod haRamak, zékhouto taguèn ‘alénou”. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !

(source texte torah box)

 

AGGADA TALMUDIQUE : RABBI YEHOSHOUA ET LES SAGES D’ATHÈNES (adaptation)

Caroline Elishéva REBOUH 15.07.2020

Dans le traité de Bekhorot page 8b, on trouve un récit très typique sur les raisonnements talmudiques.

Les “Sages” d’Athènes jouissaient d’une réputation fort élogieuse et arriva à leurs oreilles qu’un sage juif du nom de Rabbi Yéhoshoua pouvait avoir réponse à toute problématique qui pourrait lui être opposée.

Aussi, cet aréopage de personnages célèbres convoquèrent-ils Rabbi Yéhoshoua et, ils lui montrèrent deux œufs. L’un de ces vieillards, exposa les œufs devant le Talmudiste et lui dit :
Rabbi Yéhoshoua vous êtes réputé pour votre finesse et votre intelligence hors pair aussi voici deux œufs pondus l’un par une poule blanche net l’autre par une noire. Pourriez-vous nous dire d’après vous quelle poule a pondu quel œuf ?

Rabbi Yéhoshoua sans se démonter préféra répondre à une question par une autre question en présentant deux fromages blancs et en proposant à ses interlocuteurs de résoudre l’énigme suivante : ces deux fromages proviennent de deux chèvres différentes l’une blanche et l’autre noire : pourriez-vous me dire de quelle chèvre proviennent ces fromages ?

Les Sages d’Athènes furent ébahis et ne surent quoi répondre.
Pour pouvoir statuer avec certitude sur la couleur de la poule il y a une solution : il suffira d’attendre 21 jours que les œufs éclosent et il sera facile de savoir de quelle poule viennent chacun des deux poussins mais qu’en est-il des fromages ? La seule chose qui puisse survenir c’est qu’au bout de 21 jours le fromage risque d’être meilleur mais il ne pourra révéler l’identité de la chèvre laitière.

Le Rav Shmouel Eidels du XVIème siècle à propos de cette aggada qu’il s’agissait d’une allégorie. Dans le calendrier hébraïque l’on pouvait remarquer deux périodes de 21 jours dont l’une se termine dans la joie (la période de Rosh HaShana jusqu’à Hoshana Raba/Simhat Torah) et l’autre qui est triste du début jusqu’à la fin (la période du 17 Tamouz jusqu’au 9 Av) et les Sages d’Athènes s’empressèrent de faire remarquer à Rabbi Yéhoshoua : vous les Juifs, vous avez eu des périodes heureuses mais, à présent que vous n’avez plus de Temple vous êtes “en bas” tandis que les œufs peu en importe la couleur, ils se valent… Nous, les Grecs avons compris qu’à Rome il faut faire comme les Romains ou ne plus exister tandis que vous, les Juifs, votre judaïsme est anéanti s’exclamèrent-ils….

Rabbi Yéhoshoua leur répondit c’est là qu’est caché le secret de notre pérennité : peu importe la couleur de la chèvre, le lait qu’elles produisent est blanc et leur fromage et similaire. Nous, Juifs, partons du principe que rien de ce qui vient du Ciel ne peut être mauvais (noir) de chaque chose qui survient il y a du bien à tirer : justement, parfois, une personne tombe pour mieux rebondir et si notre Temple a été détruit c’est pour nous permettre de mieux réfléchir à notre condition et à revenir à de meilleurs sentiments pour qu’à la fin nous puissions être meilleurs.

Caroline Elishéva REBOUH

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