Le maire de Cannes, David Lisnard, estime que les signataires de la tribune anti-Bolloré « auraient dû se taire »
Le maire de Cannes David Lisnard, ex-LR, a réagi ce lundi 18 mai à la tribune anti-Bolloré, signée par 600 professionnels du cinéma, dénonçant « l’emprise » de l’extrême droite » sur le cinéma, par l’intermédiaire du milliardaire.
« Masochiste » et « de mauvaise foi »: pour le maire de Cannes (Nouvelle énergie) David Lisnard, les signataires d’une tribune anti-Bolloré, lundi 11 mai, « mord(ent) la main qui (les) nourrit sans contrepartie idéologique ».
Interrogé ce lundi, en marge du festival de Cannes, le maire de la ville, anciennement LR, a fustigé cette initiative, vantant l’absence d’ingérence de Vincent Bolloré dans les films financés par Canal+.
À la veille de l’ouverture du festival de Cannes, 600 professionnels du cinéma, parmi lesquels Swann Arlaud, Juliette Binoche, Damien Bonnard ou Adèle Haenel, avaient signé lundi une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma par l’intermédiaire du milliardaire Vincent Bolloré.
« Canal+ est le premier financeur, en volume financier, et tout le monde reconnaît qu’il n’y aucune ingérence sur les films projetés et sur les films financés. D’ailleurs, il suffit de voir les films projetés à Cannes pour comprendre qu’ils ne sont pas réellement d’extrême droite. »
« J’espère que cette polémique va retomber parce que le cinéma français a besoin de Canal+ », a-t-il ajouté appelant à cesser ce qu’il estime être du « dénigrement ».
Canal+ est en effet la première source de financement du cinéma français, à hauteur de 160 millions d’euros en 2026 et 170 millions d’euros en 2027.
SIGNATAIRES BLACKLISTÉS
« Il ne faut pas que le cinéma français oublie, qu’on ne peut pas ainsi dénigrer. Qu’on s’exprime et qu’on condamne les lignes politiques, c’est la liberté d’expression et c’est fondamental. Mais là, il ne s’agit pas du tout de la liberté d’expression. Il s’agit d’un dénigrement ».
« La réaction de Canal est compréhensible », a-t-il conclu.
Dimanche, le patron de Canal+, Maxime Saada a en effet déclaré vouloir blacklister les signataires de la tribune. « Je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition », a-t-il indiqué à Cannes.
Le patron du CNC, le Centre national du cinéma et de l’image animée, a « regretté » ce lundi la réaction de Maxime Saada. « Sur le plan de la liberté d’expression, ça pose question. Parce que le droit à la critique, ça fait partie de ce principe fondamental », a-t-il déploré sur France Inter.
Les signataires de la tribune avaient estimé que, « derrière son costume d’homme d’affaires, le milliardaire (Vincent Bolloré) ne cache pas qu’il mène un ‘projet civilisationnel’, réactionnaire d’extrême droite, à travers ses chaînes de télé comme CNews et ses maisons d’édition ».
« Si l’influence de cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète, nous ne nous faisons pas d’illusion: ça ne durera pas ».
JForum.fr avec BFM – Robin Bernaud
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