Guerre fratricide entre djihadistes en Afrique

La filiale en Afrique de l’Ouest de l’Etat islamique, Iswap, est en train de supplanter la secte djihadiste ultra-violente de Boko Haram autour du lac Tchad. Elle aurait éliminé son chef.

Par Yves Bourdillon

Une guerre entre rivaux est en train de rebattre les cartes du djihadisme en Afrique. La filiale de Daech en Afrique de l’Ouest, Iswap, a annoncé lundi matin que Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram , secte connue au Nigeria pour ses massacres de civils, s’était suicidé alors qu’il était encerclé par ses combattants. Des rumeurs sur sa mort, non confirmée officiellement, circulaient depuis deux semaines de source des services de renseignements du Nigeria.

L’Iswap est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram (cette dernière, un temps affiliée à l’Etat islamique, avait été désavouée par l’organisation pour « extrémisme »), pour mener une stratégie visant à gagner l’adhésion des populations locales du moment qu’elles s’acquittent d’un impôt spécial, alors que son rival massacrait des villages entiers s’ils refusaient de s’engager dans des attentats à ses côtés. Iswap domine désormais dans le nord-est du Nigeria et absorberait des combattants de Boko Haram, dont une trentaine de commandants récemment.

Un clair ascendant depuis peu

Sur le papier, cette guerre fratricide pourrait faire les affaires des gouvernements des pays de la région, puisque les djihadistes s’élimineraient entre eux et seraient trop occupés pour attaquer les forces armées. Et effectivement, cette rivalité affaiblissait les deux groupes depuis deux ou trois ans. Mais l’ascendant pris par l’Iswap ces dernières semaines a de quoi inquiéter désormais. Il contrôle un plus grand territoire et dispose de plus de combattants et d’armes, explique dans une note Peccavi Consulting, une société d’évaluation du risque spécialiste de l’Afrique.

Ce clair ascendant marque un tournant dans ce conflit. « Si Iswap parvient à rallier les troupes de Boko Haram et ses ressources, cela risque de renforcer son poids et sa capacité d’expansion », note Yan Saint-Pierre, qui dirige le centre d’analyse en sécurité Modern Security Consulting Group.

L’armée du Nigeria en ligne de mire

Les djihadistes pourraient isoler Maiduguri, grande capitale de l’Etat du Borno au Nigeria, encore relativement protégée et où se sont réfugiés plus d’un million de civils, mais surtout harceler une armée déjà retranchée dans des bases dont elle ne sort plus que rarement. Maidiguri est la ville où Boko Haram a été créée en 2002 sous forme d’une secte rigoriste

Boko Haram, crédité d’encore environ 2.000 combattants, dispose de bastions de part et d’autre de la frontière avec le Cameroun , ainsi qu’au Niger. L’insurrection lancée en 2009 dans le nord-est du Nigeria a fait 36.000 morts, en très grande majorité des civils, et deux millions de déplacés.

Yves Bourdillon Mis à jour le 7 juin 2021 www.lesechos.fr

Les djihadistes de Boko Haram, comme ici après un affrontement avec une unité militaire, font régner la terreur dans une partie du Nigeria. (AFP PHOTO/BOKO HARAM)

1 COMMENTAIRE

  1. Ces gens-là détruisent et tuent tout ce qui leur tombe sous la main.
    Comme souvent, dès qu’ils ont fini les massacres contre les « infidèles » et qu’ils n’ont plus rien à tuer et à exterminer, ils commencent à s’entre-tuer entre eux.
    Une preuve de plus que les dégénérés qui croient qu’il est possible de vivre « en paix » avec ces cinglés, ne comprennent rien à leur mentalité, et à leur esprit destructeur barbare, dispensé par le coran dans ses textes d’amour, de fraternité, de paix et tout et tout…

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