la police genevoise applique encore aujourd’hui un niveau de vigilance élevé. Kevin B.
Il y a un an, Genève était en état d’alerte terroriste et craignait la présence de sympathisants de Daesh (ou Etat islamique) sur son territoire. C’était quelques semaines après les attentats de Paris du 13 novembre. La police genevoise applique encore aujourd’hui un niveau de vigilance élevé.

En 2016, le Département de la sécurité et de l’économie (DSE), piloté par le conseiller d’Etat Pierre Maudet, a perfectionné son dispositif de lutte contre la radicalisation. «Genève a aujourd’hui un coup d’avance», a-t-il assuré. Lundi, devant la presse, le magistrat a présenté un plan d’action «global», visant à détecter les personnes tentées par un départ auprès des organisations terroristes, et également à réintégrer celles qui reviendraient en Suisse, après leur «djihad». Une approche pas uniquement sécuritaire.

1. Encadrer les retours

Selon Pierre Maudet, «ce besoin devrait bientôt se matérialiser» à Genève. La France s’apprête par exemple à devoir gérer le retour de près de sept cents personnes radicalisées. La Suisse a enregistré septante-huit cas, dont cinq depuis Genève, de ressortissants partis combattre en Syrie, en Irak, en Afghanistan ou en Somalie. La question de leur retour est éminemment complexe. Le Ministère public de la Confédération peut décider de les mettre en détention préventive. Il peut ensuite imposer certaines conditions pour leur libération, comme l’interdiction d’entrer en relation avec certaines personnes ou la saisie du passeport.

«Malgré toutes ces mesures, nous sommes un peu démunis», admet Pierre Maudet, qui ne souhaite pas que ces ex-djihadistes, très souvent jeunes, soient «abonnés à vie à la prison». Parallèlement à la surveillance, ce dispositif intègre donc tout un aspect social.

L’approche genevoise vise à accompagner ces personnes vers leur réintégration. Elle s’inspire des expériences danoise et allemande. «Pour chaque cas, un éducateur de référence sera nommé», explique Yann Boggio, secrétaire général de la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Il sera chargé d’apporter un appui à la personne revenue des zones de conflit pour gérer sa situation sur le plan émotionnel, psychologique, idéologique ou même économique, poursuit-il. Ce projet est issu d’un accord entre les départements cantonaux du social, de l’instruction publique et de la sécurité.

2. Prévenir les radicalisations

Face aux risques de radicalisation de certains jeunes, le canton veut agir en amont, lorsque les premiers signes apparaissent. Pour détecter les personnes susceptibles de partir pour le djihad, la police agit sur les réseaux sociaux et se montre très attentive aux endroits sensibles, comme les salles de sport, les lieux de détention ou de cultes. «Nous entretenons des contacts étroits avec la direction de la mosquée du Petit-Saconnex, précise Pierre Maudet. Cette concertation ne nous empêche pas de mener notre travail de surveillance ou de mise en garde, lorsque les enjeux ne sont pas suffisamment bien perçus.» De façon générale, on mise sur la collaboration: «Sans les informations fournies par les acteurs sociaux (éducateurs ou enseignants) présents sur le terrain, notre travail de détection serait imparfait», précise Monica Bonfanti, cheffe de la police.

Mais quelle réponse apporter aux proches directement en contact avec un jeune en voie de radicalisation? Une plateforme de prévention est mise en place depuis six mois. Pour accompagner son site internet (gardezlelien.ch), elle propose depuis lundi une ligne téléphonique permanente. Elle informe notamment les parents qui s’inquiètent face au comportement de leur enfant et les oriente vers les services compétents, que ce soit le Centre d’information sur les croyances ou la police en cas d’urgence. La coordination entre les différentes institutions est désormais jugée «efficace».

Une quinzaine de cas auraient été «désamorcés» grâce à cette plateforme. Yann Boggio donne un exemple: «Nous avons été alertés sur les activités d’un jeune adepte des vidéos de décapitations de Daesh sur internet. Notre travail de vérification a permis de montrer que cette information était fausse. La situation actuelle est aussi propice aux fantasmes.» Ce projet pilote va être mené pendant un an, avant d’être évalué.

3. Gérer la menace

«La Suisse n’est pas une île, prévient Paul Zinniker, vice-directeur du Service de renseignement de la Confédération. Ici, comme ailleurs en Europe, la menace est élevée.» Il souligne que, chaque jour, son service reçoit une centaine d’informations sensibles liées au risque terroriste en Suisse.

Trente-cinq personnes sont actuellement suivies à Genève, car elles représentent «un risque pour la sécurité intérieure» du canton. Cela se traduit par un déploiement important de la police lors des manifestations festives ou diplomatiques. «En matière de renseignement, notre collaboration avec les autorités fédérales est aujourd’hui bien meilleure qu’il y a un an», salue Pierre Maudet.

Le Courrier

2 Commentaires

  1. pourtant la solution est très simple: ils ne rentrent plus sur le territoire france ou suisse. ou ailleur en europe.
    ils doivent etre déchus des nationnalités qu’ils avaient.
    celà ne leur vient même pas a l’esprit.
    ces gens là ont peut-etre tué, volé, violé, décapité, des femmes des enfants, des prisonniers comme ont l’a vu.
    et ils se posent le probleme de savoir comment les gérer. EFFARANT§

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