Fougères. Daniel Heudré, l’historien local passionné par la Seconde Guerre mondiale

​Depuis huit ans, ce professeur d’histoire à la retraite retrace l’histoire de Fougères (Ille-et-Vilaine) pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses recherches sont à l’origine de l’exposition sur la Shoah, au cinéma Le Club.

Depuis huit ans, Daniel Heudré se plonge dans l’histoire de Fougères (Ille-et-Vilaine) pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses recherches marquent le début de l’exposition sur la Shoah, visible au cinéma Le Club jusqu’au 8 mai 2022.

Pourquoi vous intéressez-vous à cette période de l’histoire ?

Ce sont des comportements extrêmes, avec des hommes qui ont choisi de donner le meilleur d’eux-mêmes dans la Résistance et de lutter contre l’oppression. Et en face, il y a cette barbarie sans nom, avec ces collaborateurs qui étaient prêts à tout. Mais personnellement, je suis davantage intéressé par l’aspect noble et la Résistance.

Depuis quand fréquentez-vous régulièrement les archives de Fougères ?

Depuis 2014, deux ans après mon départ à la retraite de mon poste de professeur d’histoire au lycée professionnel Saint-Joseph. Je voulais faire ces recherches depuis longtemps, c’est une passion.

Depuis, je publie dans des revues. J’ai rédigé près de 500 notices sur des résistants déportés pour le site Mémoire de guerre Bretagne et 130 notices sur les fusillés pour le dictionnaire Le Maitron. Pour faire tout ce travail, je me rends régulièrement aux archives de Caen (Calvados) où se trouvent les documents historiques en lien avec les conflits contemporains.

Comment a débuté cette exposition sur la Shoah ?

En 1997, j’ai rencontré Arlette Jourdan, une ancienne camarade de Gaby et Nelly Lévy, âgée de 13 ans en 1943. C’est elle qui s’est inquiétée de ne pas voir apparaître les filles Lévy dans le Mémorial des enfants juifs de France de l’historien Serge Klarsfeld. Depuis, le texte a été révisé et leurs noms ont été ajoutés. Face à ces nouvelles révélations, j’ai demandé à la Ville, il y a trois ans, qu’on honore la mémoire de la famille Lévy. Cette demande s’est faite de concert avec Claudine Bachelier, la gérante du ciné-club de Fougères, qui souhaitait organiser des lectures en leur honneur.

Afin de m’assurer que les Lévy n’avaient pas été les seules personnes déportées de Fougères, j’ai contacté Serge Klarsfeld. L’historien m’a alors donné le nom d’une nouvelle famille : les Toper. C’est alors que Mélanie Roussigné a fait des recherches dans les archives, pour trouver des compléments d’informations et a retrouvé la piste des deux autres individus, c’est-à-dire Léon Kirszenstein et Jean Rosenberg. C’est un travail collectif qui va permettre à ces personnes de ne pas tomber dans l’oubli.

Ouest-France Isabelle HAUTEFEUILLE.
Daniel Heudré, un ancien professeur d’histoire, devenu historien local de Fougères (Ille-et-Vilaine). | OUEST-FRANCE

 

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