La présidente du FN Marine Le Pen a été contrainte une nouvelle fois jeudi de se désolidariser des propos de son père, qui a renouvelé ses propos antisémites  sur les chambres à gaz nazies, “détail de l’Histoire”.

“Je suis en profond désaccord sur le fond et sur la forme”, a-t-elle indiqué à l’AFP. Dans la matinée, Jean-Marie Le Pen avait réitéré sur BFMTV ses affirmations sur les chambres à gaz, qualifiées de “point de détail de la guerre”.

Prononcés une première fois en 1987 et très largement condamnés, ces propos ont été volontiers répétés par Jean-Marie Le Pen: en 1997, à Munich (Allemagne), en 2008, au magazine Bretons, en 2009 au Parlement européen, etc. Il a été condamné plusieurs fois.

Mme Le Pen s’est démarquée à plusieurs reprises: en 2011, elle avait dit que les camps nazis étaient “le summum de la barbarie”.

En juin dernier, elle avait aussi dénoncé une “faute politique” de Jean-Marie Le Pen quand celui-ci avait parlé d’une “fournée” concernant Patrick Bruel, qui est juif. Elle avait vu dans “l’antisémitisme”, largement dénoncé, de la “malveillance”, mais estimé que son père aurait dû “anticiper l’interprétation qui serait faite” du mot “fournée”.

En revanche, la patronne du FN s’était abstenue de critiquer, en période électorale, la citation par son père de l’écrivain collaborationniste et antisémite Robert Brasillach en 2012, ou juste avant les élections européennes de 2014 la déclaration paternelle sur “Monseigneur Ebola” qui peut régler “l’explosion démographique”.

Opposition constante père-fille : pour le “punk” Jean-Marie Le Pen, comme l’a qualifié sa fille dans son interview à Causeur, les polémiques, voulues ou pas, font progresser le FN. Elles “l’arrachent lui au néant médiatique, pas le Front”, rétorque Mme Le Pen, en “désaccord majeur” avec lui à ce sujet. “Ces déclarations n’entachent pas le crédit du FN mais le sien”, lâche-t-elle.

Reste que Jean-Marie Le Pen n’est pas que président d’honneur du FN, à ce titre membre de droit de toutes les instances du parti d’extrême droite : il est aussi candidat autoproclamé du parti pour les régionales de décembre en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’une des principales cibles du FN.

“Il veut savonner la planche de sa fille. En l’occurrence, il a savonné la sienne en Paca ! C’est délibéré: il n’a jamais voulu gagner une seule élection de sa vie!” analyse un “mariniste”.

Jean-Marie Le Pen Marine antisémitisme

*Photo : Laurent Cipriani/AP/SIPA/AP21661188_000005

 

Ces derniers temps, quelques responsables frontistes ont émis l’idée que Jean-Marie Le Pen s’interrogerait sur l’opportunité d’”y aller” ou pas. Marine Le Pen peut-elle lui retirer sa candidature, qui n’est pas encore officialisée par les instances du parti ? “Ça sera à elle de décider. Il faut mettre Jean-Marie Le Pen face à ses responsabilités: il ne veut pas le pouvoir, qu’il le dise.”

“Je ne peux pas prendre position aujourd’hui devant vous. Ce n’est pas à moi de répondre”, abonde Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN et comme tous les frontistes très prudent sur les relations entre “Le Pen” et “Marine”.

“Le FN de Marine Le Pen a déjà suffisamment démontré qu’il n’était pas du tout sur la même longueur d’ondes que Jean-Marie Le Pen à ce sujet-là. Les gens sont toujours sensibles à ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale, à la spécificité des camps. Mais ce que dit Jean-Marie Le Pen, tout le monde s’en fiche, je pense”, veut-il croire aussi.

Pour un proche de Jean-Marie Le Pen, celui-ci “a la légitimité pour être candidat.” Et ses déclarations ? “Il ne changera pas. Alors il faut faire avec.”

Reste que les opposants au FN se sont immédiatement saisis de l’affaire. Par des tweets, SOS Racisme affirme que l’association “refera condamner” le patriarche frontiste pour ces propos. Les Jeunes socialistes, les UMP Renaud Muselier et Eric Ciotti – potentiels rivaux de M. Le Pen en Paca – ont eux aussi dénoncé ces propos dans des tweets.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) se dit lui “consterné”. Le FN “est et reste un parti à combattre”, écrit-il dans un communiqué.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) annonce aussi une prochaine plainte “pour contestation de crimes contre l’humanité”.

“La normalisation du Front national est un leurre, et les propos de Marine Le Pen se contentant d’exprimer un « désaccord » avec son père sont d’autant plus inconséquents qu’en réalité, on constate bien qu’un antisémite récidiviste comme Jean-Marie Le Pen demeure député européen et président d’honneur du parti”, dénonce aussi le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), Sacha Reingewirtz. L’UEJF annonce également une prochaine plainte “pour contestation de crimes contre l’humanité”.

 

AFP – Causeur

 

Jean-Marie Le Pen, opposant n°1 à Marine

Les antifas en rêvaient, JMLP le fait

jean marie lepen marine

Le vieux « punk » a encore frappé. Tel Johnny Rotten, Jean-Marie Le Pen ne lésine pas sur les provocations qui fleurent bon les heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Invité ce matin de l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, l’encore président d’honneur du Front national a posé plusieurs pierres dans le jardin de sa fille, de quoi ériger un dolmen…

 

 

 

La fameuse phrase sur le « point de détail » de l’histoire  que fut la destruction des juifs d’Europe ? Il ne regrette rien.

La mue républicaine et souverainiste du FN ? « Je ne suis pas gaulliste. Au FN, il y a de tout, vous savez.  Il y a des fervents gaullistes, il y aussi de fervents pétainistes, d’anciens communistes… » Patatras, en une poignée de secondes, l’édifice de Florian Philippot s’écroule : à quoi bon fleurir la tombe du Général une fois l’an si le fondateur de son parti réhabilite en douce le Maréchal ? Jean-Marie Le Pen offre une francisque au Front national de sa fille, qui s’en serait bien passé…

Mais le père indigne ne s’est pas arrêté là. Quitte à casser le jouet de sa fille, autant y aller gaiment et assumer son statut de géronte transgressif, dans un numéro d’Œdipe à l’envers qui ferait gamberger nos meilleurs psys.

Pour achever son travail de sape, Le Pen senior va s’appuyer sur l’entretien que Marine Le Pen nous a accordé. Et Bourdin de citer la fameuse sortie de Marine sur le « punk » paternel – une parade assez habile pour pouvoir se démarquer du pater familias sans totalement le renier ni le déboulonner de la présidence d’honneur du Front. « Ah, je suis un punk ? Est-ce qu’elle sait très bien ce qu’est un punk » s’ébahit JMLP. L’intervieweur déterre alors la pomme de discorde entre le père et sa fille préférée : « Les polémiques que Le Pen provoque nous empêchent de parler du fond », dit-elle. Réponse cinglante : « Elle se trompe. Nous avons une divergence d’analyse qui est assez sérieuse » (tiens donc…). « Le Pen conserve les réflexes d’un contestataire. Nous sommes devenus un parti de gouvernement. », cite encore Bourdin. Le Pen déroule son credo : « Ce n’est pas encore le cas. Pour l’instant, nous restons encore largement contestataires (…) Je suis en total désaccord avec l’influence du rôle des polémiques dans la progression du FN. Je pense que ce sont les polémiques lancées par nos adversaires qui nous ont permis d’exister médiatiquement et de nous arracher au pire de tout : le néant médiatique. »

Ce long verbatim a manifestement courroucé la présidente frontiste  : «Les propos de Jean-Marie Le Pen n’engagent que lui. Il est dans la provocation volontaire et cherche la polémique.» Je ne sais pas qui découpera le gigot dimanche prochain à Montretout, mais ça promet une sacrée ambiance…

 

Le décor est planté. Le tribun contre la gouvernante qui ne rêve que d’accéder au pouvoir. L’éternel provocateur, coutumier des numéros de saltimbanque à la Chambre comme la IVe République savait tant en produire, craint si fort le pouvoir qu’il semble vouloir en protéger sa fille. Comme l’avait finement analysé le regretté Philippe Cohen, Jean-Marie Le Pen a l’art et la manière de lâcher une boule puante dès que les portes des responsabilités paraissent s’entrouvrir…

Le plus piquant dans cette histoire, c’est que l’ancien diable de la République, naguère imposé sur le service public par François Mitterrand, est aujourd’hui la coqueluche des médias… antifascistes ! La pré-retraite politique aidant, l’ancienne bête noire s’est muée en vieux du Muppet Show daubant sur sa fille. Comme pour danser le tango, pour diaboliser le Front national, il faut être deux : un animateur rusé, souvent de Canal +, et Jean-Marie Le Pen, son bon client qui l’abreuvera en calembours douteux et autres nostalgies pétainistes. À bientôt 87 ans, JMLP not dead, et il le fait savoir. L’”UMPS” lui souhaite certainement la meilleure santé possible afin d’entretenir la flamme de l’antifascisme immense et vide.

Eh oui, il faut bien donner un os à ronger aux choristes du « No pasaran ». Pas plus tard qu’avant-hier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve rassurait ses troupes en expliquant aux députés socialistes inquiets des “interprétations extensives” la loi sur le renseignement que la « mouvance identitaire » menace la République – une façon de diluer le djihadisme dans l’eau de Vichy. Pour accréditer cette fable, rien de tel qu’une salve bien sentie d’un Jean-Marie Le Pen effritant méthodiquement l’œuvre de dédiabolisation accomplie par sa fille. Divine surprise, ses performances sur les plateaux télés et radios sont systématiquement décomptées du temps de parole médiatique du Front national…

Causeur.fr

3 Commentaires

  1. Cette attitude de Marine envers son père n’a rien d’extraordinaire car elle , à l’inverse de ce dernier , souhaite prendre le pouvoir .

    Avec l’âge , une fois le père disparu elle rejoindra ses idées . Un classique .

    A ce moment là on dira :  » Marine n’a jamais changé , son attitude n’était que pure stratégie  » .

    En effet , si par malheur un jour elle prend le pouvoir , elle aura les juifs en face d’elle car elle prendra position pour les palos contre Israël ( elle l’a déjà fait ) . Alors croyez moi  » le naturel reviendra vite au galop  » .

  2. Cette mascarade aura t elle une fin tragique à la Brutus ? En effet César Jean-Marie 1er ne sent il pas lui aussi trahi ?

    Ah comme nous aimerions entendre un jour cette phrase :

     » Toi aussi ma fille « 

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