Le leader turc Erdogan et El Zayed, émir des Émirats arabes unis, s’affrontent pour la course à la succession palestinienne

En offrant une récompense de 10 millions de livres (1,7 $) pour la capture du politicien palestinien exilé Mohammad Dahlan, le président turc Recep Erdogan est entré dans la course qui gronde à travers Ramallah pour nommer le successeur de Mahmoud Abbas, 83 ans, président de l’Autorité palestinienne. Vendredi 13 décembre, Dahlan, un rival de longue date d’Abbas (Abu Mazen), a été ajouté à la «liste rouge» des terroristes les plus recherchés de la Turquie.

Abu Mazen ne montre aucun signe de démission. Pourtant, les prétendants à sa couronne manœuvrent constamment pour se positionner quand il en est encore temps.

Erdogan, qui est saisi par des visions grandiloquentes de résurrection d’un empire dans le monde arabe, a déployé son armée dans trois pays, la Syrie, la Libye et le Qatar. Il voit une ouverture prometteuse à Ramallah pour pouvoir planter ses griffes sur le front palestinien ainsi qu’une chance d’atteindre Israël.

Pourquoi maintenant? Les sources de renseignements de DEBKAfile révèlent que le catalyseur est une intervention dans la compétition pour le pouvoir palestinien, menée le leader des EAU Sheikh Muhammed bin Zayed (MbZ). Alors que les fonds qataris affluent de mois en mois vers la bande de Gaza dirigée par le Hamas, tout le monde le sait, les Émirats arabes unis ont doucement commencé à huiler les roues du siège palestinien du gouvernement à Ramallah. Or, comme son collecteur de fonds n’est autre que Dahlan, c’est cela ne pouvait qu’attirer l’attention d’Erdogan, qui s’est juré d’avoir sa tête.

Dahlan, 58 ans, a joué de nombreux rôles pour différents maîtres. Il a servi Yasser Arafat comme homme fort de la bande de Gaza pendant plus d’une campagne de terreur contre Israël, tout en développant des contacts israéliens et américains, en déjouant certaines des opérations terroristes de son maître. Il a ensuite servi le successeur d’Arafat, Mahmoud Abbas – d’abord en 2003 en tant que ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne chargé de la sécurité, puis, en 2005, en tant que ministre chargé de coordonner les démarches palestiniennes lors du désengagement d’Israël de la bande de Gaza.

Mais ensuite, en 2010, il a connu une importante controverse mortelle avec Abbas, qui l’a accusé d’avoir comploté pour le saborder. En 2012, il a été exilé de Ramallah en Jordanie, suivi de l’édiction d’un mandat d’arrêt par un tribunal palestinien pour détournement de fonds de l’Autorité palestinienne. Par la suite, il a partagé son adresse et ses opérations commerciales entre Abu Dhabi, Vienne et le Monténégro, avant de se rendre à Belgrade, où il a obtenu la citoyenneté serbe, en 2013.

Les tentatives de Dahlan de rétablir sa base de pouvoir dans la bande de Gaza, où il compte encore de nombreux partisans, ont été interrompues par les dirigeants du Hamas. Au cours des dernières semaines, il a tourné son attention vers la Cisjordanie, canalisant des centaines de milliers de dollars à destination de la faction Tanzim du Fatah au pouvoir. Nos sources rapportent qu’il a répandu ses largesses parmi les chefs locaux des Tanzim dans 12 camps de réfugiés palestiniens, dont Shuafat à Jérusalem, Dehaisha à l’extérieur de Bethléem, Qalandia, au nord de Jérusalem, Balata à Naplouse et un camp à Jénine. La distribution de ces fonds est assurée par Qadoura Fares, l’un des dirigeants du Fatah et chef du Club des condamnés palestiniens. Il a un solide soutien à Jénine qu’il a transféré à Dahlan.

Qadoura Fares

On pense que l’objectif immédiat de Dahlan est de freiner la campagne de prise de contrôle des centres de pouvoir de l’AP par les premiers prétendants favoris pour succéder à Abu Mazen – Mahmoud Al-Aloul, Tewfiq Tirawi et Jibril Rajoub – avant que le poste ne soit disponible, et au cas où l’élection palestinienne ait lieu pour la première fois en 12 ans.

Erdogan et l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, sont parvenus à un accord qui sert leurs objectifs à tous deux. Le président turc veut avoir la main forte dans la course au leadership politique palestinien, tandis que l’émir qatari cherche à contrecarrer les plans de son rival, les Emirats arabes unis à Ramallah. Alors que le Qatar s’occupe de la bande de Gaza, Ankara s’est engagée à déjouer les desseins de Dahlan à Ramallah.

Adaptation : Marc Brzustowski

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Turkish leader and UAE emir face off over the Palestinian succession race

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