
Trafic de drogue, écoles, logement insalubre… Emmanuel Macron en déplacement à Marseille
Le président de la République vient annoncer un plan de réhabilitation de la ville élaboré, selon l’Elysée, avec les élus locaux.
Qu’il est loin le temps où Emmanuel Macron passait ses vacances à Marseille. Le président de la République se rend ce mercredi dans la cité phocéenne pour une visite très officielle de deux jours et demi, au cours de laquelle il doit présenter un ambitieux plan destiné à donner un nouveau souffle à « sa ville de cœur », et la deuxième métropole de France, gangrenée par les règlements de comptes liés au trafic de drogue, entre autres problèmes.
« C’est une ville dans une situation financière exsangue, qui n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être. Cela fait longtemps qu’elle rate ses rendez-vous », regrette son maire socialiste Benoît Payan, 43 ans, interrogé par l’AFP.
« Sous nos yeux, des mafias meurtrières et sans scrupule »
Des investissements sont aussi attendus dans les transports – le réseau a pris plusieurs décennies de retard pour une population de 900 000 habitants intra-muros, 1,6 million dans l’agglomération – et le logement. Trois après l’effondrement d’un immeuble rue d’Aubagne, qui avait mis en lumière l’insalubrité de nombreux édifices, aucune opération de réhabilitation d’ampleur n’a réellement été lancée contre l’habitat indigne.
Le chef de l’État ne pourra éluder le tableau noir de l’insécurité et du trafic de drogues. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a promis 300 policiers supplémentaires d’ici 2023, en plus de deux compagnies de CRS (120 personnels) désormais basées en permanence dans la ville, mais Benoît Payan estime qu’il manque 800 policiers nationaux. Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a annoncé des renforts en magistrats. « À quand un réveil des consciences ? », a lancé l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, à la veille de la visite. « Sous nos yeux, des mafias meurtrières et sans scrupule transforment la jeunesse des quartiers pauvres en chair à canon pour trafics en tous genres, armes, drogue, prostitution, etc. », a-t-il accusé.
Plusieurs figures de droite ont dénoncé ce mercredi « l’insécurité » à Marseille, et l’indigence des moyens accordés à la ville. Le « pouvoir actuel n’a pas pris la mesure du niveau d’insécurité dans le pays », « pas seulement à Marseille », a estimé Michel Barnier sur LCI. L’ancien négociateur du Brexit pour l’UE, candidat à la primaire de la droite en vue de l’élection présidentielle, a plaidé qu’il « était encore temps », « il faut avoir une main ferme ».
Plus critique envers le gouvernement, le porte-parole du RN Laurent Jacobelli a dénoncé « trois jours d’agitation (qui) ne feront pas oublier quatre ans d’immobilisme ». « C’est de l’esbroufe » a-t-il fustigé sur France Info. Comme Jean-Christophe Lagarde (UDI), Stéphane Le Foll ou Martine Aubry (PS), il a fustigé les intentions politiques d’Emmanuel Macron, à huit mois de la présidentielle.
le 1 septembre 2021 à 15h42 www.leparisien.fr
Emmanuel Macron, ici à l’Elysée, va rester jusqu’à samedi dans la cité phocéenne. LP/Arnaud Journois
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