Home International Djerba nid d’espions : 13 agents français interceptés

Djerba nid d’espions : 13 agents français interceptés

1
1655

Pieds-Nickelés en brochette à la frontière Tuniso-libyenne

Tunisie : les Français interceptés seraient agents de renseignement, Tunis dément

La frontière de Ras Jedir, principal point de passage entre la Tunisie et la Libye. (Photo d’illustration)
© FATHI NASRI / AF

Le 14 avril, un convoi de 13 Français détenteurs de passeports diplomatiques et ayant en leur possession des armes et des matériels de renseignement a été stoppé à Ras Jedir, principal point de passage à la frontière entre la Libye et la Tunisie. Cet incident intervient quelques jours après une affaire similaire : un groupe de 11 personnes – des Européens, dont les nationalités n’ont pas été dévoilées – a tenté de joindre l’île de Djerba par la mer. Pour la France et l’Union européenne, il s’agit « d’éléments sécuritaires » à Tripoli. « Faux », rétorque une source bien placée à la présidence tunisienne, qui affirme que dans les deux cas, il s’agit de membres des services de renseignement. Ce mardi, la présidence tunisienne apporte un démenti catégorique à cette source.

« La présidence tunisienne dément catégoriquement les propos rapportés par RFI et attribués à une source bien placée au palais présidentiel de Carthage, concernant le passage de diplomates français par le poste frontalier de Ras Jedir. De tels propos sont de nature à porter atteinte à la sécurité nationale tunisienne et aux bonnes relations entre la Tunisie et la France, surtout que l’affaire a été traitée conformément aux procédures en cours et aux lois en la matière ». 

C’est par ce communiqué que la présidence tunisienne vient de réagir aux informations de RFI concernant le passage récent de la frontière Libye-Tunisie par 13 Français. C’est une source bien placée au palais présidentiel de Carthage qui a indiqué à RFI que les treize Français interceptés, la semaine dernière, à la frontière libyenne n’étaient pas des diplomates, comme l’affirmait la France, mais des membres des services de renseignement. Il en va de même pour l’autre groupe d’Européens qui ont été interceptés, en mer, au large de Djerba.

« Ces agissements portent atteinte à notre souveraineté », s’est agacée cette source, avant d’ajouter qu’« il y a beaucoup de va-et-vient vers la Libye ».

Selon elle, l’île de Djerba, dans le sud tunisien, « est devenue une base arrière » pour les services de renseignement étrangers. « Cette activité nous rend responsables de ce qui se passe en Libye et pourrait nous causer des ennuis… La stabilité de la Tunisie dépend de celle de la Libye ».

Le ministre tunisien de la Défense indiquait, il y a une semaine déjà, que ces Français travaillaient « sous couverture diplomatique ». Il n’est pas revenu sur sa déclaration, après les explications française et européenne.

Même son de cloche du côté libyen. Tripoli accuse ces Français de former une base mobile d’assistance, de renseignement et de conseils au maréchal Khalifa Haftar. Cette base serait située à Gheryane, à l’ouest de Tripoli.

Selon une source libyenne, proche du gouvernement d’union nationale, une quinzaine d’officiers des renseignements français seraient arrivés à Gheryane mi-février dernier. Leur mission serait d’aider les forces de Khalifa Haftar à préparer la guerre de Tripoli. Accusations qui auraient conduit le ministère de l’Intérieur libyen, vendredi 19 avril, à cesser toute coopération avec la France.

Résultat de recherche d'images pour "espions français libye"

Rappelons que la veille, jeudi 18 avril, le ministre de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj – officiellement reconnu par la communauté internationale – s’en est pris à Paris, accusant la France de soutenir le maréchal Haftar. Ces accusations ont aussitôt été rejetées par les autorités françaises. Paris a en effet démenti les accusations de double jeu dans ce dossier, assurant soutenir le gouvernement légitime tout en souhaitant associer le maréchal Haftar aux discussions politiques, car l’homme fort de la Cyrénaïque « fait partie de fait du paysage libyen », a-t-on expliqué à l’Élysée.

 

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.