Y a-t-il des leçons pour Israël dans l’énorme victoire électorale de Johnson?

 

Les différences entre les élections au Royaume-Uni et en Israël sont évidentes. Pourtant, certaines caractéristiques ressortent. Les sondages d’opinion britanniques, pour leur part, se sont totalement trompés lorsqu’ils ont montré mercredi que le leader travailliste de l’opposition, Jeremy Corbyn, comblait rapidement l’écart avec les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson. Jeudi 12 décembre, Johnson a remporté une majorité de 80 sièges à la Chambre sur sa promesse de mener le Brexit. Les (rares) experts qui ont prédit une défaite pour Johnson ont été forcés d’admettre qu’ils étaient passé à côté de l’humeur dominante de l’électeur britannique moyen. Il était gouverné par une aspiration à un gouvernement normal et stable et un Premier ministre assuré d’un mandat complet pour mettre fin au gâchis politique et aux incertitudes qui affligent depuis longtemps le pays au sujet de la controverse sur le Brexit. Les experts, les sondeurs et Jeremy Corbyn n’ont pas su ou voulu le déceler. Le lendemain, i la dû faire face à la révolte de son parti, alors que Johnson présentait son gouvernement pour la Nation Une (unifiée) à la Reine.

Les acteurs politiques d’Israël n’ont aucune ressemblance avec leurs homologues britanniques et leurs systèmes électoraux sont différents. Pourtant, quelques points de convergence peuvent être instructifs.

  1. Les sondages d’opinion publiés en Israël prédisent uniformément que l’impasse entre les deux principaux camps politiques persistera après les élections du 2 mars 2020, le troisième en un an. Les sondeurs britanniques avaient tort, tout comme leurs homologues américains lors de l’élection de Donald Trump en 2016. Alors peut-être que les prochaines élections en Israël seront également une surprise.
  2. Les mêmes vieux slogans de campagne que les chefs de l’opposition martèlent encore et encore pour avoir vaincu le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le Likoud au pouvoir n’ont plus de résonance particulière. Les discussions sur «l’immunité contre les poursuites» et les promesses de «guérir les maux du pays» suscitent des bâillements de désintérêt.
  3. Netanyahu, inculpé de corruption et suscitant des agressions persistantes contre son personnage, est indéniablement en mauvaise posture pour prendre la tête d’une campagne électorale réussie. L’un de ses proches collaborateurs, le député David Bitan a déclaré cette semaine que c’était sa dernière chance. Il a peut-être raison.
  4. Dans le même temps, l’opinion publique a également été mise à l’épreuve, cette semaine, sur son point de vue quant au système judiciaire, au vu des manquements découverts dans les investigations contre Netanyahu et de son appel aux autorités judiciaires pour qu’elles enquêtent sur elles-mêmes. Une réponse a montré que 56% des personnes interrogées étaient en faveur ou fortement en faveur de la création d’une telle commission d’enquête, tandis que 26% étaient contre.
    Lorsqu’on leur a demandé si leur confiance dans les autorités judiciaires était plus forte après les événements de l’année dernière, 49% ont répondu qu’elle était plus faible et 6,2 % seulement ont affirmé une plus grande confiance dans le système.
    Lorsqu’on leur a demandé s’ils étaient favorables à la création d’un organisme non partisan pour inspecter le parquet, 68,2% des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative, contre 11,6% qui s’y sont opposés.

Si ces résultats sont vraiment représentatifs de l’opinion publique, Netanyahu pourrait gagner en s’appuyant sur cette tendance dans l’opinion pour concentrer sa campagne sur un appel à sonder le fonctionnement du bureau du procureur général et du parquet, qui avait, lui-même, soulevé des questions avant de décider de l’inculper en novembre dernier. Netanyahu continuera, sans aucun doute, à être fustigé par la communauté juridique et les médias, mais l’effet sur le public votant pourrait être plus difficile à prévoir.

Et enfin, tout comme les experts en relations publiques ont conseillé à Boris Johnson de se distancier de Donald Trump s’il voulait gagner les élections, Trump est décrit par certains milieux politiques en Israël comme bien moins chaleureux envers Netanyahu [NDLR : au motif qu’il ne fréquente que les winners de la série Dallas, comme Erdogan? C’est dans la panade qu’on reconnaît les vrais amis]. Le Premier ministre, qui a bâti la réputation d’un homme d’État pour qui d’importantes portes du monde s’ouvrent, est dépeint comme peu ou moins soutenu sur la scène internationale. Il faudra du temps jusqu’au 2 mars pour découvrir si ces experts et les sondeurs se sont trompés une fois de plus.

 

Are there lessons for Israel in Johnson’s huge election victory?

3 Commentaires

  1. CORBYNN N’A PLUS QU’A ALLER “LABOURER” SON CHAMP DE PATATES”.QUAND A NATHANYAOU IL FAUT ABSOLUMENT QU’IL RESTE AUX MANETTES EN ISRAEL PENDANT QUELQUES ANNEES ENCORE,SURTOUT EN CETTE PERIODE DANGEREUSE.ON LE VOIT AUX USA AVEC LES DEMOCRATES,EN GRANDE BRETAGNE AVEC LES TRAVAILLISTES,LA GAUCHE EST ECARTEE DES AFFAIRES ET J’ESPERE BIEN QU’EN ISRAEL CE SERA LA MEME CHOSE AVEC UNE GAUCHE,SOUVENT ANTISIONNISTE ET MEME ANTISEMITE”LAPID”ET QUI EST PRETE A S”ALLIER AVEC LES ARABES PLUTOT QU’AVEC LES RELIGIEUX AFIN DE PRENDRE LE POUVOIR.IL N’Y A QUE LE LIKOUD QUI PROTEGERA ISRAEL.

  2. Prendre systématiquement les électeurs pour de fiefés imbéciles, niais de surcroît, qui suivraient stupidement des “instructions subliminales” de vote, en suivant un bashing généralisé de faiseurs d’opinion_ les merdias _ va provoquer_on le voit et on va encore le voir _l’effet inverse ! Tel a été le resultat pour Boris, et le sera pour Bibi et Donald…
    Eh oui ! La goinfrerie rend maladroit. Et c’est tant mieux !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.