Guerre en Ukraine : « Les gens là-bas subissent la situation »… De retour en France, trois étudiants racontent leur expérience en Russie

TÉMOIGNAGE Pour éviter de rester coincés en Russie, Lucie, Joshua et Baptiste, trois jeunes étudiants originaires de Strasbourg, ont préféré « prendre des avions tant qu’il y en a »

Lucie, Joshua et Baptiste, trois étudiants strasbourgeois de retour de Russie après le début du conflit en Ukraine.

Lucie, Joshua et Baptiste, trois étudiants strasbourgeois de retour de Russie après le début du conflit en Ukraine. — Luc Sorgius

Le périple a été parfois « long et angoissant », mais les voici arrivés à bon port. Joshua, Lucie et Baptiste, trois étudiants strasbourgeois, sont de retour en France après avoir passé six mois en Russie. Un séjour abrégé par le conflit en Ukraine, à leur grand désarroi. « Quand la guerre a éclaté, j’ai d’abord cru que c’était une blague », confie Joshua.

L’étudiant de 23 ans, en troisième année de LLCER (Langues, littératures et civilisations étrangères et régionales) russe, est arrivé mardi en métropole. Inscrit à l’université d’Etat Lomonossov de Moscou, il est là un peu à contrecœur : « Au départ, je voulais rester. Mais rapidement, ça a été dur de retirer de l’argent aux distributeurs automatiques. Devant le risque d’une fermeture de la zone aérienne, on a pris un peu peur. »

« De plus en plus compliqué sur le plan financier »

Lucie, qui suit le même cursus, livre sensiblement le même témoignage : « On en discutait avec d’autres étudiants français, certains voulaient rester. Je me disais au début que ça ne m’empêcherait pas de terminer l’année, mais ça devenait de plus en plus compliqué sur le plan financier. »

Devant la pression de la situation, mais aussi celle des familles et des proches de plus en plus inquiets, ils ont préféré « prendre des avions tant qu’il y en a ». Une décision « purement économique », indique Joshua, réfutant toute pression ou hostilité des Russes à leur égard : « Sincèrement, il n’y avait rien. Personne n’était en faveur de ce qu’il se passait. »

« Les profs étaient désolés pour nous »

Un constat que partage Baptiste, 20 ans, étudiant en troisième année de Sciences po et de retour de Saint-Pétersbourg, où il suivait les cours à l’université d’Etat : « Globalement, on ressent que les gens là-bas subissent la situation. Un prof russe nous a dit lors d’un cours : « L’Etat est contre nous. » Dans le milieu universitaire, les profs étaient désolés pour nous. Certains de nos amis russes étaient dégoûtés que cela se passe comme ça. »

Les trois étudiants l’assurent : mis à part les contraintes financières, leur vie n’a « pas beaucoup changé » durant les quelques jours entre le début du conflit et leur départ de Russie. Tout juste Lucie souligne-t-elle qu’il y a « beaucoup de caméras [de vidéosurveillance] en comparaison à la France », sans qu’elle se sente « surveillée » pour autant. « En fait, tout est plus documenté en Russie », explique Joshua. « On est tout le temps pris en photo par tout le monde. Le droit à l’image n’existe pas vraiment (rires). »

« Une opportunité manquée. »

Les voici désormais, et bien malgré eux, loin de ce pays qui les attire tant. « C’était une chouette expérience, presque un autre mode de vie », souligne Baptiste, qui nourrit déjà l’espoir d’y retourner : « C’est une sorte d’opportunité manquée. » Une « déception » qu’évoque également Joshua, qui a apprécié le caractère « festif » de la vie étudiante russe : « C’est frustrant de partir, parce que c’était parfait… »

En attendant des jours meilleurs, les trois étudiants entretiennent le contact avec leurs amis restés en Russie, via Instagram notamment. Un réseau social sur lequel ils ont vu « les gens beaucoup plus libres de poster leur avis », dixit Joshua : « Tout le monde se sent libéré parce que tout le monde pense la même chose [du conflit]. » A Strasbourg, sur une vingtaine d’étudiants en échange en Russie depuis le début de l’année scolaire, une quinzaine sont déjà revenus dans l’Hexagone.

Luc Sorgius  www.20minutes.fr/

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