Adel Kermiche, l’un des deux terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray portait un bracelet électronique, après avoir passé 10 mois en détention provisoire. Mardi soir, François Molins, procureur de la République de Paris a commencé à détailler le profil de ce jeune homme de 19 ans, identifié comme l’un des meurtriers du père Jacques Hamel.A peine majeur, il avait déjà parlé de «se faire une église», selon des témoignages recueillis dans son voisinage. «On savait qu’il voulait aller en Syrie», a témoigné auprès de l’AFP un voisin de la famille, âgé de 60 ans et qui dit ne l’avoir «jamais vu à la mosquée» qu’il fréquente tous les jours.

Le procureur de Paris a confirmé qu’Adel Kermiche avait tenté de se rendre en Syrie pour rejoindre l’organisation Etat islamique à deux reprises, en mars puis en mai 2015. Dès le mois de mars, il avait été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste« . Après sa première tentative, il avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire puis incarcéré après son second départ.

Une incarcération qui a duré jusqu’au 18 mars 2016. Jusqu’à ce que le juge décide de remettre Adel Kermiche en liberté, sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence, sous surveillance électronique.

Le parquet avait fait appel et demandé un maintien en détention. Mais la cour d’appel a confirmé la décision de maintien en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire. Pourquoi ? « Le Monde », qui a obtenu les pièces du débat judiciaire qui a opposé les juges d’instruction et le parquet de Paris, apporte des éléments de réponse. 

Un « encadrement » et un « accompagnement »

En février 2016, la juge d’instruction chargée du dossier d’Adel Kermiche a reçu les résultats de l’enquête de personnalité qu’elle avait demandée : il était suivi depuis ses six ans et régulièrement hospitalisé pour des troubles psychologiques.

Lors d’une rencontre avec la magistrate, il a expliqué qu’il vivait mal son incarcération et affirmait regretter ses tentatives de départ :

J’ai envie de reprendre ma vie, de revoir mes amis, de me marier », assurait-t-il lors de son audition.

Face à la juge d’instruction, Adel Kermiche s’est montré convaincant. Toujours selon les documents obtenus par « Le Monde », elle a estimé que le jeune homme avait « pris conscience de ses erreurs », qu’il avait eu des « idées suicidaires », qu’il était « déterminé à entamer des démarches d’insertion ». De plus, sa famille s’était engagée à lui fournir un « encadrement » ainsi qu’un « accompagnement ». 

Pourtant, les parents d’Adel Kermiche eux-mêmes en doutaient. Lors de l’enquête, ils ont reconnu « qu’ils préfèrent savoir leur fils incarcéré et vivant que libre et en route pour la Syrie. S’ils acceptent de l’accueillir, c’est parce qu’ils pensent sincèrement qu’il sait s’être trompé et qu’il ne tentera plus de partir », détaillent les pièces de dossier révélées par « Le Monde« .

Des contraintes « totalement illusoires »

Le parquet n’avait pourtant pas été convaincu et avait fait appel de la décision de la juge d’instruction. Pour lui, les contraintes du contrôle judiciaire « s’avèrent totalement illusoire au vu du contexte du dossier » et ajoutait :

« Dans ces conditions, et quoi qu’il fasse état d’une erreur et réclame une seconde chance, il existe un risque très important de renouvellement des faits en cas de remise en liberté ».

L’appel du parquet n’a pas été suivi par la chambre d’instruction. Placé sous bracelet électronique, il avait le droit de quitter le domicile de ses parents de 8h30 à 12h30 les jours de semaine. Il a profité de cette fenêtre de liberté pour commettre son attentat, mardi matin à 9h25. 

L.M. L’OBS

4 Commentaires

  1. Qui est coupable dans cette affaire ?

    La « justice » ou l’exécutant ?

    De toute manière, vous allez voir que 90% des tueurs ne sont même pas connus par les polices, ça ne veut plus rien dire !

    Enfin si, si l’on se base sur les données des attentats passés, combien étaient fichés et combien ne l’étaient pas ?

    Si l’on fait un simple calcul, sans parler des réservistes arrivés par millions en Europe ces derniers mois, 1 sur 10 est fiché, comme il y a 12’000 fichés, ça vous laisse avec 120’000 tueurs !

    Quant au fait qu’ils soient déséquilibrés psychologiquement, c’est le cas d’un citoyen sur 2 en France, 50% des français ont fait un séjours chez un psy, et si vous allez dans les pays musulmans, là-bas, il n’y a pas de psy, il y a les mosquées et ont ne parle plus de 50% de la populations, mais de 95% !

    A mon humble avis, ce ne sont pas des milliers de musulmans français qui sont prêts à se faire péter en tuant des « infidèles » mais des centaines de milliers et plus le temps et plus la situation se dégrade et plus il y aura de radicalisés déterminés à tuer au nom de l’islam, Sine qua non !!

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