Bretagne : les néonazis de la DNR refont parler d’eux

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Un groupuscule d’extrême-droite a annoncé la tenue d’un concert à Plélan-le-Grand (35) : la municipalité s’en inquiète.
Un groupuscule d’extrême-droite a annoncé la tenue d’un concert à Plélan-le-Grand (35) : la municipalité s’en inquiète. (Photo EM/Le Télégramme)

L’annonce d’un rassemblement et d’un concert organisés par un groupuscule d’obédience néonazie, à l’occasion de la date anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler, a mis en émoi la petite commune de Plélan-le-Grand, aux limites de l’Ille-et-Vilaine et du Morbihan.

À deux semaines de la date anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler, né le 20 avril 1889, un vent d’inquiétude souffle sur la commune de Plélan-le-Grand (35), commune de 3 900 habitants, située? à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes. Récemment implanté à Ploërmel (56), un groupuscule d’obédience néonazie y aurait prévu l’organisation d’un rassemblement, voire d’un concert. Particularité de la commune de Plélan-le-Grand ? Aucune, si ce n’est qu’elle est située à proximité de la forêt de Paimpont, plus souvent désignée forêt de Brocéliande.

« Aucune autorisation »

 

À la mairie de Plélan-le-Grand, l’alerte donnée par le collectif antifasciste La Horde est prise très au sérieux. « Aucune autorisation d’occupation de l’espace public n’a été donnée et le groupe d’organisateurs n’a bien sûr pas sollicité la collectivité préalablement, insiste le maire, Murielle Douté-Bouton, dans un communiqué publié dès vendredi. Aucune salle communale n’a été réservée à cette fin, et s’il devait y avoir une demande, la réponse sera non », tranche-t-elle.

La municipalité tient à « condamner fermement les idées véhiculées par ce type d’organisation et ne souhaite pas que la Ville de Plélan et ses habitants soient associés à cette idéologie nauséabonde », est-il indiqué sur la page Facebook de la commune qui tient à « rassurer les habitants sur sa vigilance ». Au bar du bourg, le sujet alimente les conversations de quelques clients. « Si c’est déjà sur les réseaux sociaux, ce n’est plus une rumeur », commente la responsable de l’établissement qui ajoute : « Les gens qui en parlent ne sont pas contents. Ce n’est pas le genre de personnes que l’on a l’habitude de voir par ici. »

Appel à la vigilance

 

« Nous conseillons aux loueurs de grands gîtes ou propriétaires de terrains d’être eux aussi vigilants et de vérifier l’origine des réservations qui ont pu leur être demandées pour le week-end du 20 avril, afin de ne pas avoir de mauvaises surprises », poursuit Murielle Douté-Bouton, qui souligne la forte mobilisation citoyenne contre ce projet.

« Nous sommes en étroite relation avec les services de la Sécurité intérieure et la gendarmerie », a-t-elle précisé ce dimanche. « Les délais sont très courts et l’emballement des réseaux sociaux nous oblige à apporter une réponse appropriée au plus vite », estime-t-elle. À sa connaissance, la commune n’a connu aucun précédent par le passé. L’élue se dit par ailleurs très vigilante sur les amalgames et les raccourcis qui pourraient circuler autour de la forêt de Brocéliande.

 

Profanation et croix gammées

 

Dans son numéro de février, le Mensuel de Rennes a rapporté qu’un nouveau groupuscule de l’ultra-droite bretonne, la Division nationaliste révolutionnaire (DNR) a organisé, en octobre dernier, un rassemblement en forêt de Brocéliande. Selon le Mensuel, ce groupuscule se serait implanté à Ploërmel (56) il y a quelques semaines, à la faveur de l’installation récente d’un de ses leaders. « Difficile de ne pas faire le rapprochement, mais je ne suis pas là pour faire des conjectures », commente sobrement Murielle-Douté-Bouton.

C’est pourtant à Ploërmel que cinq tombes ont été taguées de croix gammées, dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Des profanations inédites dans le secteur, qui interviennent après la découverte, à Vannes cette fois, de tags antisémites et de croix gammées qui visaient la romancière Christine Angot, invitée du festival Les Émancipées en mars.

Selon les enquêteurs, « aucun lien, à ce stade, ne peut être établi entre ces différents faits » qui font l’objet de procédures distinctes.

© Le Télégramme 

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