Un « large accord » existe parmi les Européens pour envoyer, par le biais de sanctions, le « bon message » à Damas afin d’appeler à la fin de la répression des manifestations en Syrie et au dialogue avec l’opposition, a estimé vendredi un diplomate européen de haut rang.
A quelques heures d’une réunion des ambassadeurs des 27 à Bruxelles consacrée à la Syrie, Pierre Vimont, le bras droit de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, s’est dit plutôt confiant quant à l’adoption par l’UE de sanctions ciblées contre les responsables de la répression syrienne.
« Je doute qu’il y ait beaucoup de difficultés avec les Etats européens parce que la répression est si évidente et si forte » en Syrie, a-t-il confié à des journalistes qui l’interrogeaient sur l’éventualité de sanctions européennes.
« Il me semble qu’il y a un accord plutôt large pour faire quelque chose afin d’envoyer le bon message » au régime du président syrien Bachar al-Assad, a dit M. Vimont.
« Il ne s’agit pas d’adopter des sanctions dans le simple but d’en adopter, il s’agit d’envoyer le bon message à Damas, pour qu’ils arrêtent la répression et retournent sur le droit chemin du dialogue avec leur opposition », a-t-il estimé.
« Bien entendu, nous avons besoin pour cela d’avoir les 27 à bord », à l’unanimité, a-t-il précisé, soulignant que c’était justement l’objet de la réunion prévue dans l’après-midi à Bruxelles.
« Si la décision est prise, ce sera une décision de principe », a-t-il souligné. De fait, pour établir des interdictions de visa et des gels d’avoirs, « il est nécessaire d’établir une liste de personnalités qui seraient sujettes à ces restrictions », ce qui reste encore à faire avant que les mesures n’entrent en vigueur.
Mais la procédure « peut se dérouler assez rapidement », a souligné M. Vimont.
Un document élaboré par le Service diplomatique européen, et dont doivent discuter les ambassadeurs des 27 Etats de l’UE, détaille les différentes options sur la table.
En premier lieu figure la suspension des aides de l’UE versées aux autorités syriennes dans le cadre de la politique de coopération, des fonds de la politique de voisinage et des crédits de la Banque européenne d’investissement.
L’UE verse chaque année quelque 210 millions d’euros d’aides et de prêts à la Syrie. Seuls les fonds versés directement au gouvernement syrien seraient concernés, les projets bénéficiant à la population par le biais d’organisations non gouvernementales seraient épargnés.
Par ailleurs, l’UE pourrait décider le principe de sanctions ciblées contre les responsables de la répression violente des manifestations en Syrie, prévoyant des gels d’avoirs et des interdictions de visa. Un embargo sur les armes pourrait être également décidé.
Le document propose aussi d’adopter une approche commune à l’ONU, afin que les quatre pays européens siégeant au Conseil de Sécurité (France, Royaume-Uni, Portugal et Allemagne) y défendent une position européenne.
Il propose aussi d’exercer des pressions communes sur les pays asiatiques afin de ne pas proposer la candidature de la Syrie au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.
L’UE devrait également retirer officiellement son offre d’accord d’association, qu’elle s’était dite prête à signer en octobre 2009, et qui attendait depuis un feu vert de Damas.
L’UE et la Syrie sont liées depuis 1977 par un accord de coopération, qui offre aussi des préférences commerciales aux produits industriels syriens.
BRUXELLES, 29 avr 2011 (AFP) –
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