L’ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner estime que la France et l’Europe ont « tardé à réagir » aux révolutions arabes en Tunisie et Egypte, et juge impossible de « ne rien faire » en Libye, dans un entretien mercredi au quotidien Libération.
« Nous avons tardé à réagir, l’Europe a même été d’une lenteur coupable, même si Mme Ashton (représentante de l’UE pour la politique extérieure) est allée à Tunis avant même les responsables français », déclare M. Kouchner qui s’exprime pour la première fois sur le sujet.
« Nous avons été aussi trop lents à prendre la mesure de la situation de ces pays. On savait quand même depuis longtemps qu’il s’agissait de dictatures ! » ajoute celui qui a dirigé le Quai d’Orsay de 2007 à 2010.
« Nous n’avons pas assez reçu les oppositions, tout cela est très clair », poursuit Bernard Kouchner, qui affirme pour sa part avoir « convoqué l’ambassadeur » de Tunisie, « écrit des lettres sur la situation des droits de l’Homme » et avoir « été d’ailleurs interdit de séjour en Tunisie pendant deux ans ».
Sur la Libye, « on ne peut pas s’être avancé autant et maintenant ne rien faire », estime-t-il, approuvant la démarche franco-britannique pour une « résolution plus ferme en faveur d’une zone d’exclusion aérienne afin d’empêcher les massacres ». Cela passe par « une résolution des Nations unies, sinon on recommence la même erreur qu’avec la guerre d’Irak », précise-t-il.
L’instauration d’une zone d’exclusion « nécessite en tout cas de gros moyens navals comme aériens et implique aussi des bombardements ciblés sur les défenses antiaériennes », insiste Bernard Kouchner.
PARIS, 9 mars 2011 (AFP) –
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