Un médecin jordanien qui affirme travailler pour l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a été emmené par des rebelles armés d’un hôtel de Benghazi, siège de l’opposition dans l’est de la Libye, selon des témoins et responsables.
MSF a démenti que ce médecin non identifié fasse partie de son personnel. « Ce médecin ne fait pas partie de l’équipe MSF », a dit à l’AFP Anne Chatelain, coordinatrice d’urgence de MSF pour la Libye. « Il ne travaille pas avec nous ici en Libye. C’est lui qui dit faire partie de l’équipe MSF ».

Néanmoins, des collègues du médecin ont assuré qu’il travaillait pour l’organisation non-gouvernementale.

« Ils sont entrés dans notre chambre. Ils n’ont pas frappé. Ils avaient la clé centrale. Ils étaient armés et ont dit ‘Venez avec nous' », a raconté à l’AFP May Salam, une collègue du médecin qui se trouvait avec lui à l’hôtel Ouzo, où la plupart des journalistes internationaux sont logés.

« Nous avons demandé +Qui êtes-vous ?+ Ils ne nous ont pas répondu. Ils l’ont fouillé et l’ont emmené », a-t-elle ajouté en précisant qu’elle travaillait comme volontaire pour MSF.

Mme Salam, qui se trouvait avec une autre femme dans la chambre d’hôtel du médecin jordanien au moment de l’arrivée des rebelles, a affirmé qu’il « travaille à plein temps pour MSF. Nous, nous sommes des volontaires ».

Le Jordanien, qui se présentait comme un employé de MSF, serait arrivé dans le pays il y a deux semaines, travaillant derrière les lignes des rebelles qui combattent depuis le 15 février le régime du colonel Mouammar Kadhafi.

L’opposition qui contrôle la majorité de l’Est libyen a bien accueilli les humanitaires et les journalistes étrangers, venus en grand nombre, leur offrant même au départ gratuitement chambres d’hôtel et chauffeurs.

Oussama al-Fatouri, un combattant rebelle, a ensuite dit à l’AFP que le médecin avait été emmené « pour enquête. Ils le ramèneront après », avant d’ajouter en riant, « ils ne vont pas le tuer ».

L’un des responsables de l’hôtel Ouzo a déclaré que des rebelles, des soldats ayant rallié l’opposition, lui avaient dit vouloir interroger le médecin. « L’hôtel savait qu’ils allaient venir. Ils vont simplement l’interroger et le ramener », a-t-il assuré.

« Ils étaient de l’armée. Je suis simplement un gérant d’hôtel. Les autorités m’ont dit ‘Nous avons besoin de parler à cet homme’, que voulez-vous que je fasse ? » a-t-il dit à l’AFP.

Les deux femmes qui étaient avec le médecin ont affirmé que les rebelles avaient refusé de montrer des pièces d’identité.

Mme Salam a dit qu’ils avaient également pris l’ordinateur portable du Jordanien, son téléphone portable, ses papiers et sa mallette. Ils n’ont donné aucune explication.

Plus tôt dans la journée, des témoins ont fait état d’une grenade lancée devant l’hôtel Ouzo avant l’aube, provoquant des dégâts matériels légers. « J’ai entendu une explosion, j’ai couru dehors et j’ai vu une voiture rouler à toute vitesse », a dit Mohammed Tourgei, le réceptionniste de nuit.

BENGHAZI (Libye), 8 mars 2011 (AFP) –

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