Un ex-responsable du groupe d’Abou Nidal a affirmé que les attentats contre les vols de la Pan Am (1988 en Ecosse) et de l’UTA (1989 Niger) ont été menés « conjointement » par cette organisation et la Libye, et précisé que les explosifs avaient été fabriqués au Liban.
« L’explosif pour Lockerbie (Ecosse) a été préparé … au Liban par des membres … de l’organisation », a expliqué Abou Bakr, membre du bureau politique de Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, organisation de laquelle il s’est séparé en 1989.
« La même chose s’est passée pour l’attentat de l’UTA », a ajouté Abou Bakr, dans des déclarations publiées vendredi par le quotidien panarabe Al-Hayat, « assurant « catégoriquement » que les deux opérations ont été préparées conjointement par le groupe d’Abou Nidal et … la Jamahiriya » libyenne.
Les explosifs étaient à chaque fois « empaquetés comme un cadeau et envoyés à Tripoli », ajoute-t-il.
« Pour l’opération de Lockerbie, l’engin a été envoyé de Tripoli à Malte, et par la suite expédié de Malte ». Pour l’attentat de l’UTA, « l’engin a été envoyé au Congo-Brazzaville ».
« Le groupe d’Abou Nidal a par la suite liquidé nombre de ses membres ayant eu un rôle » dans l’attentat de Lockerbie, « notamment le responsable des renseignements. Les Libyens ont eux aussi liquidé plusieurs éléments notamment un ancien responsable des renseignements », dit-il.
L’ex-ministre libyen de la Justice, Mustapha Mohamad Abdeljalil qui a démissioné lundi, a déclaré mercredi au journal suédois Expressen que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait lui-même ordonné l’attentat de Lockerbie et « donné l’ordre à Megrahi de le faire ».
L’attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie avait fait 270 morts, la plupart Américains, le 21 décembre 1988.
Le leader libyen, dont le régime est en proie à une contestation sans précédent depuis le 15 février, s’était ensuite employé à la libération de Abdelbaset al-Megrahi par l’Ecosse, finalement intervenue le 20 août 2009 afin de « cacher » sa responsabilité, estime le ministre démissionnaire.
Abdelbaset al-Megrahi, seul condamné (en 2001) pour l’attentat de Lockerbie, avait été libéré pour des raisons humanitaires, des médecins lui ayant diagnostiqué un cancer de la prostate qui ne lui laissait que trois mois à vivre. Il est toujours vivant, plus de dix-huit mois après son retour triomphal en Libye.
Selon Abou Bakr, Abdelbaset al-Megrahi « avait menacé de tout révéler sur l’attentat de Lockerbie, si les autorités libyennes ne garantissaient pas sa libération, et c’est ce qui s’est passé ».
Responsable de nombreux attentats particulièrement sanglants, notamment en Europe entre 1970 et 1988, le groupe d’Abou Nidal, fondé à Bagdad en 1974, figure depuis des années sur la liste des organisations terroristes du département d’Etat américain.
Le 19 septembre 1989, un DC-10 de la compagnie française UTA, effectuant la liaison Brazzaville-Paris via N’Djamena, s’écrasait au Niger, tuant les 170 passagers et membres d’équipage, de 17 nationalités.
BEYROUTH, 25 fév 2011 (AFP) –
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