Le Britannique Nigel Farage, qui accuse le Front National de racisme, vient de réussir à former un groupe au Parlement européen. Et ce, grâce à l’arrivée de la nouvelle eurodéputée Joëlle Bergeron, transfuge du FN.Nigel Farage marque un but contre Marine Le Pen
Le match entre les deux grands gagnants eurosceptiques des dernières élections européennes, le Britannique Nigel Farage et la Française Marine Le Pen, vient de connaître un nouveau rebondissement. Leader de l’UKIP, Nigel Farage qui ne veut pas s’allier avec le Front National, qu’il accuse de racisme, vient de réussir à former un groupe au Parlement européen.
Grâce à l’arrivée de la nouvelle eurodéputée Joëlle Bergeron, pourtant élue dans l’Ouest sur les listes du Front national. Pour former un groupe parlementaire à l’assemblée de Strasbourg, il faut un minimum de 25 députés en provenance d’un minimum de 7 pays.
Aussi, M. Farage et Mme Le Pen se livrent depuis quelques jours à une intense compétition pour puiser dans le « vivier » des nouveaux élus eurosceptiques de la droite dure (une centaine d’élus). Le premier vient de remporter une manche, en annonçant avoir réuni 48 députés de 7 pays : l’UKIP, qui domine avec 24 élus, suivi du mouvement Cinq Etoiles du contestataire italien Beppe Grillo (17 élus). Nigel Farage a ensuite rallié 2 Suédois, 2 Lituaniens du mouvement Ordre et Justice aussi très courtisés par Marine Le Pen, 1 Tchèque, 1 Letton et .. une députée du Front National, Joëlle Bergeron.
Cette dernière, élue de la région Ouest, ancienne conseillère municipale de Lorient, a décidé de démissionner du parti de Mme Le Pen juste après son élection, car le FN faisait pression sur elle pour qu’elle laisse sa place au troisième de la liste, un leader historique du parti. Dépitée d’avoir été utilisée « comme un kleenex jetable » pour faire semblant de respecter la règle de la parité hommes-femmes, elle a donc choisi de former à elle seule le « septième pays » nécessaire à M. Farage pour créer son groupe politique.
Pour Marine Le Pen, c’est un double revers. Non seulement, une élue quitte déjà son parti, mais les analystes estiment qu’il lui sera peut-être difficile désormais de constituer un groupe, sauf si elle bascule du côté des quelques députés de partis extrémistes très peu recommandables comme le parti nazi grec Aube Dorée. Pour l’instant, le FN déclare avoir 6 pays…
Il lui reste donc à aller trouver un dissident britannique ou tout autre. Avoir un groupe au Parlement européen est important tant pour la visibilité politique (temps de parole) que pour l’accès à l’information (participation au bureau des présidents de groupe) mais surtout sur un plan financier. Ses chances de réussir restent grandes, au grand dam des pro-européens qui constatent que, pour la première fois, le Parlement européen aura alors trois groupes ouvertement anti-Union européenne.
Pour l’instant, le Parlement européen a 7 groupes, le PPE (UMP, droite classique), SD (PS, gauche sociale-démocrate), l’ECR (droite britannique et eurosceptique modérés), ALDE (centre, libéraux), Verts (écologistes et régionalistes), GUE (extrême gauche) et EFD (extrême droite britannique et eurosceptiques virulents). Y a-t-il encore de la place pour Marine Le Pen ? Elle doit répondre avant le 24 juin.
PIERRE DE GASQUET / CORRESPONDANT À ROME, JEAN-PHILIPPE LACOUR / CORRESPONDANT À FRANCFORT ET ANNE BAUER / CORRESPONDANTE À BRUXELLES | LE 19/06 À 06:00, MIS À JOUR À 07:31
Source : lesechos.fr Article original
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