Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a demandé jeudi à la communauté internationale de faire pression sur son homologue israélien Benjamin Netanyahu pour qu’Israël reconnaisse un Etat palestinien dans les lignes de 1967.
« Il est temps que la communauté internationale demande au Premier ministre Benjamin Netanyahu: accepte-t-il l’établissement d’un Etat palestinien sur toutes les terres occupées en 1967: oui ou non ? », a déclaré M. Fayyad à l’AFP lors d’une visite à Jéricho (Cisjordanie).
Ces remarques surviennent alors que M. Netanyahu a fait récemment miroiter une nouvelle « initiative diplomatique » de paix pour relancer les pourparlers avec les Palestiniens, au point mort depuis près de six mois.
Le Premier ministre israélien envisagerait de dévoiler publiquement ses idées au Congrès lors d’une visite qu’il doit effectuer à Washington le 22 mai prochain à l’invitation du lobby pro-israélien AIPAC, selon des fuites provenant de son entourage.
Elles porteraient sur un « accord intérimaire » à long terme avec les Palestiniens au lieu de négociations sur un règlement final, sans gel des implantations, une idée que les Palestiniens ont d’ores et déjà rejetées.
M. Netanyahu donnerait aussi son accord à un Etat palestinien dans des frontières provisoires ainsi qu’à un agrandissement des zones autonomes palestiniennes en Cisjordanie.
« Il n’y a pas besoin de n’importe quelle nouvelle initiative –la seule initiative qui puisse fonctionner est celle qui mène à l’établissement d’un Etat palestinien sur toutes les terres occupées en 1967 et non sur certaines parties d’entre elles », a estimé M. Fayyad.
M. Netanyahu souhaite également, dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens, qu’Israël maintienne une « présence militaire » sur le Jourdain le long de la frontière orientale d’un futur Etat palestinien avec la Jordanie.
« Seule une présence militaire israélienne peut empêcher des infiltrations de terroristes et l’importation de roquettes en Cisjordanie », a déclaré M. Netanyahu cette semaine durant une visite aux unités israéliennes postées le long du Jourdain.
« Notre frontière sécuritaire est ici sur la rivière du Jourdain et notre ligne de défense commence ici », a-t-il plaidé.
Mais pour M. Fayyad, la vallée du Jourdain est « une terre palestinienne, ce n’est pas une terre que les deux partie peuvent se disputer ».
La vallée du Jourdain s’étend en Cisjordanie depuis la Guerre des Six jours de juin 1967, sur quelque 80 km, du sud du lac de Tibériade en Israël jusqu’à la mer Morte. Cette dépression naturelle est bordée à l’est par la Jordanie.
Les dirigeants de l’Autorité palestinienne refusent de reprendre les négociations de paix avec Israël sans un gel total de la construction dans les implantations juives en Cisjordanie. Ils ne veulent pas céder la vallée du Jourdain, qu’ils considèrent comme partie intégrale du futur Etat palestinien.
JERICHO, 10 mars 2011 (AFP) –
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