Des heurts se sont produits vendredi dans la matinée entre manifestants et soldats devant le siège du gouvernement au Caire, où des militants hostiles au pouvoir militaire campent depuis fin novembre, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.
Les forces de l’ordre, armées de matraques et de boucliers, ont chargé en fin de matinée quelques centaines de manifestants, dont certains lançaient des cocktails Molotov et des pierres ou tentaient de défoncer les grilles du bâtiment.

Les protestataires se sont dispersés dans les rues alentour, tandis que plusieurs d’entre eux, dont des femmes, étaient interpellés.

Deux manifestants, dont un enfant avaient auparavant été évacués après avoir été touchés à la tête par des munitions de petit calibre, a constaté un journaliste de l’AFP. Des manifestants interpellés lors de la charge étaient peu à peu relâchés.

« Quand la police militaire a chargé, une fille qui se trouvait derrière moi a trébuché et elle est tombée. Je me suis arrêté pour l’aider et les soldats nous ont frappés à coups de matraque pendant deux minutes et nous ont traînés vers le bâtiment du Parlement », a déclaré l’un d’entre eux Nour Nour, qui boitait.

Les manifestants étaient relâchés après que leurs noms eurent été relevés, a indiqué Nour Nour, un des animateurs de la contestation et le fils de l’ex-candidat à la présidentielle Ayman Nour.

Des témoins avaient indiqué plus tôt que les accrochages avaient commencé en début de matinée, après qu’un manifestant en sang eut raconté avoir été arrêté et frappé par des soldats, provoquant la colère de ses camarades qui ont commencé à jeter des pierres vers les militaires.

Les soldats ont alors répondu par des tirs en l’air, en utilisant des canons à eau et en renvoyant les pierres vers les manifestants. Selon Mona Seif, une militante pour les droits civiques, les militaires ont également lancé des chaises depuis le toit du Parlement, situé à proximité.

Mme Seif a assuré que des blessés avaient été transportés dans un hôpital voisin, l’un d’eux au moins pour des blessures dues à un tir de chevrotine.

Des manifestants ont scandé des slogans contre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), aux commandes du pays depuis la chute du président Hosni Moubarak en février, et le maréchal Hussein Tantaoui, chef d’Etat de fait.

« Le peuple veut l’exécution du maréchal », « A bas le Conseil militaire », et « Rentrez dans vos casernes », ont-ils notamment crié.

Les manifestants campent depuis le 25 novembre devant le siège du gouvernement, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir dans le centre-ville, pour protester contre la nomination par l’armée de Kamal el-Ganzouri, un ancien Premier ministre de M. Moubarak, pour diriger le gouvernement.

Ils réclament également le transfert sans délai du pouvoir du CSFA à une autorité civile.

La manifestation devant le siège du gouvernement s’est poursuivie malgré l’arrêt d’un mouvement d’occupation de la place Tahrir, rouverte au trafic dimanche.

L’Egypte est engagée depuis la fin novembre dans des élections législatives qui se déroulent sur plusieurs mois, marquées jusqu’à présent par la domination des formations islamistes.

LE CAIRE, 16 déc 2011 (AFP)

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