Trois influents sénateurs américains ont indiqué jeudi qu’ils allaient déposer un projet de loi pour créer deux fonds d’aide économique pour l’Egypte et la Tunisie, à quelques jours d’une visite sur place de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.
« Nous faisons cela avec la pensée, partagée par l’administration, que les Etats-Unis ont une occasion historique de transformer ces pays, de transformer le réveil arabe », a dit le sénateur John Kerry président de la commission des Affaires étrangères qui s’exprimait devant la presse aux côtés du républicain John McCain et de leur collègue indépendant Joe Lieberman.

L’objectif de ces fonds dont le montant est actuellement en discussion avec l’administration est de fournir des capitaux aux entrepreneurs locaux pour « stabiliser leurs économies » et « créer les milliers d’emplois » dont ils ont besoin, selon M. Kerry.

Interrogé sur le montant possible de ces fonds, M. Kerry a expliqué qu’il s’agirait de 50 à 60 millions de dollars pour l’Egypte et de 10 à 20 millions pour la Tunisie. L’argent viendrait de fonds déjà alloués au département d’Etat. « Ce n’est pas de l’argent perdu », a-t-il dit.

« Pouvons-nous nous le permettre? », s’est interrogé M. Lieberman devant la presse faisant allusion au déficit record des Etats-Unis. « Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas le faire », a-t-il répondu affirmant que les Etats-Unis avaient « tout intérêt » à voir les révoltes arabes réussir en raison de la menace de l’islamisme extrémiste.

Pour John McCain, « ces jeunes révolutionnaires ne sont pas fanatiques de nous (les Etats-Unis) et ils ressentent le manque de soutien pour eux sous les gouvernements précédents Ben Ali et Moubarak », mais selon le sénateurs ils « respectent et veulent plus que tout » une Amérique qui les aide.

M. McCain a ajouté que la démarche des sénateurs s’inscrivait dans une volonté de faire passer le message aux deux pays arabes selon lequel « l’aide arrive ».

Des entrepreneurs tunisiens en visite jeudi à Washington ont demandé des mesures de soutien à l’économie tunisienne, dont l’annulation de la dette, assurant que la Tunisie et sa Révolution du Jasmin représentaient « un cas de laboratoire » promis à la réussite.

« Nous sommes le meilleur cas de laboratoire ! Nous pouvons réussir rapidement. Mais nous sommes à un moment critique, les tout prochains mois vont être très difficiles et nous avons besoin d’aide », a expliqué Nazeh Ben Ammar, président du groupe industriel tunisien MAMI qui conduisait cette délégation d’une quinzaine de personnes.

Hillary Clinton se rendra la semaine prochaine en Egypte et en Tunisie pour la première fois depuis le début des révoltes arabes, et y rencontrera des opposants libyens, a annoncé jeudi la secrétaire d’Etat américaine.

WASHINGTON, (AFP) –

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