Des Egyptiens armés de couteaux et de bâtons ont attaqué mercredi des centaines de manifestants pro-démocratie rassemblés place Tahrir au Caire, selon des témoins et la télévision d’Etat.
« Des voyous pro-Moubarak nous ont attaqués et ont essayé d’entrer sur la place Tahrir, mais nous avons pu les repousser, à coups de bâtons et de jets de pierres », a indiqué à l’AFP un jeune manifestant, Mouez Mohammed.

La place Tahrir était l’épicentre de la contestation qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak en février.

La télévision égyptienne a rapporté de son côté que « des centaines d’hommes munis de couteaux (…) sont entrés sur la place Tahrir », montrant des images de jets de pierres et des centaines de manifestants chassés de la place.

En début de soirée, l’armée avait rétabli le calme sur la place, après avoir démonté les tentes installées par les manifestants après le début de la révolte populaire le 25 janvier, a rapporté l’agence de presse Mena.

Des heurts ont eu lieu entre l’armée et quelques manifestants, et ces derniers ont rapidement été arrêtés « afin de contrôler la situation », a ajouté la Mena.

Amnesty International a condamné « les actions maladroites » de l’armée égyptienne pour évacuer la place Tahrir.

« Il est totalement inacceptable que l’armée participe à la dispersion violente de manifestations pacifiques », a affirmé le directeur adjoint de l’organisation basée à Londres pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Hassiba Hadj Sahraoui.

« Le Conseil suprême des forces armées a le devoir de préserver le droit à manifester pacifiquement », a-t-elle dit.

Les heurts ont éclaté alors que le nouveau gouvernement rencontrait le Conseil suprême des forces armées, à la tête du pays depuis le départ de M. Moubarak, pour lui proposer une loi criminalisant les incitations à la haine, qui pourrait les rendre passibles de la peine de mort, a indiqué la télévision officielle égyptienne.

Les dirigeants militaires du pays tentent de rétablir l’ordre sur plusieurs fronts, au lendemain d’affrontements meurtriers entre musulmans et chrétiens coptes dans le quartier déshérité de Moqattam, dans l’est du Caire, qui ont fait treize morts, selon le ministère de la Santé.

Mercredi, les Frères musulmans, le plus important mouvement d’opposition en Egypte, ont accusé des Egyptiens soutenant toujours l’ex-président Moubarak d’attiser la violence, un point de vue largement partagé par la population.

LE CAIRE, (AFP) –

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