Israël entend raser des dizaines de constructions érigées par des activistes sur des terrains privés palestiniens en Cisjordanie, selon un engagement du gouvernement soumis lundi à la Cour suprême de l’Etat hébreu.
A l’issue d’une bataille juridique de cinq années menée par le mouvement anti-implantation La Paix Maintenant, le gouvernement israélien s’est engagé à
démanteler des maisons ou édifices érigés dans six implantations sauvages, c’est-à-dire sans permis des autorités israéliennes.

La communauté internationale considère comme illégales toutes les implantations créées dans les territoires occupés par Israël à la suite de la Guerre des Six Jours de juin 1967.

« Nous avons adressé une réponse du gouvernement à la Cour suprême stipulant un engagement de sa part à démanteler d’ici la fin de l’année les constructions illégales et avants-postes érigés sur des terres privées palestiniennes », a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental sous couvert d’anonymat.

Selon cet engagement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné de raser les maisons construites sur des terres privées palestiniennes, mais a en revanche appelé à légaliser les implantations installées sur des terres domaniales.

Dans sa réponse à la Cour suprême, le gouvernement indique être motivé par des contraintes politiques et diplomatiques, la construction dans les implantations de Cisjordanie étant une question clef « du discours diplomatique d’Israël ».

« Cette provocation du gouvernement ne fera qu’augmenter notre colère et ne permettra pas la moindre amélioration dans les relations avec nos voisins arabes », a réagi dans un communiqué Danny Dayan, président de YESHA, la principale organisation de activistes israéliens.

L’engagement pris par le gouvernement ne concerne que 47 structures, parfois de simples mobile-homes, mais les militants anti-implantations estiment que cela peut constituer un précédent susceptible de s’appliquer à des dizaines d’implantations sauvages installées sur des terres privées palestiniennes.

« Nous avons dénombré 64 avant-postes comptant au moins quelques bâtiments érigés sur des terres palestiniennes privées », a affirmé Hagit Ofran, directrice du programme anti-implantation de La Paix Maintenant.

« Logiquement, ils (les dirigeants israéliens) devraient évacuer au moins une partie de ces 64 endroits en Cisjordanie », a-t-elle ajouté.

Ce dossier a été ouvert en avril 2006, quand La Paix Maintenant a traîné le gouvernement en justice pour le contraindre à évacuer des implantations sauvages, conformément aux engagements qu’il avait pris deux ans auparavant.

Le 28 février, des heurts ont opposé des activistes et la police israélienne quand celle-ci a démoli plusieurs structures dans l’implantation sauvage de Havat Gilad, dans le nord de la Cisjordanie.

Les activistes ont accusé la police d’avoir usé de moyens « excessifs » pour les disperser et ont par la suite organisé « une journée de la colère », incendiant des pneus et perturbant la circulation sur les axes routiers d’Israël.

JERUSALEM, 7 mars 2011 (AFP) –

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