Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a souhaité dimanche que le leader libyen Mouammar Kadhafi engage « tout de suite » un « processus de réconciliation avec son peuple », tout en relevant que le peuple ne va probablement pas l’accepter.
Interrogé par TV5-Monde, Radio France Internationale et Le Monde sur le point de savoir si le colonel devait se retirer après les massacres de grande ampleur perpétrés par ses forces, M. Moussa a répondu : « Je propose qu’il commence tout de suite un processus de réconciliation avec son peuple, s’il veut rester; mais je ne pense pas que le peuple va laisser passer ça, c’est triste ».
Quant à une implication de la justice internationale pour poursuivre les responsables des exactions, le secrétaire de la Ligue arabe a recommandé d’abord une vérification sur place à l’est de la Libye: « S’il y a eu de tels massacres, il est important que l’ONU et, avec elle, les organisations régionales puissent accéder à l’est de la Libye et montrer au monde ce qui se passe réellement ».
« L’image doit être claire, ce qui s’est passé doit être vérifié. Si cela est avéré, les responsables doivent être traduits en justice », a-t-il ajouté.
M. Moussa, qui a rencontré dimanche au Caire le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, a dit par ailleurs qu’il multipliait actuellement, au-delà de la Ligue arabe, les contacts avec l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, pour « trouver des mesures collectives ».
« Le Conseil de sécurité n’a pas pris une décision finale, mais il faut précipiter les démarches vers l’adoption de mesures qui peuvent mettre un terme à ce qui se passe en Libye », a-t-il plaidé, sans dire lesquelles mais en définissant la situation dans le pays comme une « quasi guerre civile ».
La Ligue arabe, a-t-il assuré, « respectera toute mesure prise sous le chapitre sept de l’ONU » au titre de la sécurité collective.
« Il ne faut pas laisser la décision (d’intervenir) à un pays. Les Nations unies sont très nécessaires », pour montrer qu’on n’agit « pas vraiment pour (préserver) le pétrole », a-t-il dit.
Sur l’option d’une intervention armée, M. Moussa a estimé que « les consultations doivent continuer ». Il a souligné en tout cas que « les pays arabes à eux seuls ne peuvent pas faire ça, les pays africains non plus ».
M. Moussa s’est dit « en complet désaccord » avec le colonel Kadhafi » sur la thèse du « complot » de l’étranger pour expliquer l’insurrection. « Il y a des raisons qui peuvent avoir leur origine à l’étranger, mais l’essentiel vient du sentiment du citoyen qu’il subit une injustice » comme ailleurs dans le monde arabe, a-t-il dit.
PARIS, (AFP) –
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