Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition à Bachar al-Assad, a demandé lundi au Conseil de sécurité de l’ONU « d’adopter » le plan de la Ligue arabe sur la Syrie estimant que celle-ci n’avait « pas les moyens de le faire appliquer ».

« Il est meilleur que le Conseil de sécurité de l’ONU s’empare de ce plan (arabe), l’adopte et donne les moyens de l’appliquer », a déclaré le dirigeant du CNS, Burhan Ghalioun, lors d’une conférence de presse à Paris. « Aujourd’hui, le plan arabe est un bon plan pour désamorcer la crise, mais je crois que la Ligue arabe n’a pas vraiment les moyens de (le) faire appliquer », a poursuivi M. Ghalioun basé à Paris. S’il est adopté par l’ONU « cela lui donnera plus de force », a-t-il estimé soulignant que jusque-là « le gouvernement syrien n’a pas respecté ses engagements ».

Le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoit l’arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse. Damas avait accepté ce plan le 2 novembre tout en continuant de réprimer dans le sang la révolte entamée mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad.

Une première délégation d’environ 50 experts civils et militaires arabes était attendue lundi soir en Syrie. Une première équipe de la Ligue était arrivée jeudi à Damas pour préparer la mission. « Les observateurs travaillent dans des conditions que la Ligue arabe dit ne pas être bonnes (…) Je pense que l’on a mal négocié peut-être les conditions de travail des observateurs », a poursuivi M. Ghalioun. « Certains observateurs sont arrivés a Homs » (centre), troisième ville du pays située à 160 km de Damas et bastion de l’opposition, où les forces syriennes ont lancé une opération majeure contre plusieurs quartiers, faisant au moins 22 morts, a-t-il poursuivi. Mais lors de contacts téléphoniques avec ces observateurs, « ils nous ont dit «, «on ne nous donne pas les moyens logistiques pour aller à Baba Amro (…) ils ont déclaré qu’ils ne peuvent pas aller là où les autorités ne veulent pas qu’ils aillent », a-t-il dit. Selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, le quartier de Baba Amro en particulier est « pilonné par l’artillerie lourde et des mitrailleuses anti-aériennes ».

« Nous demandons à la Ligue arabe d’intervenir pour dénoncer ce comportement », « aux dirigeants arabes d’intervenir auprès du régime pour arrêter les massacres, aux Nations unies, au secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-moon) et aux dirigeants européens d’intervenir pour dire: «il faut mettre un terme à cette tragédie », a-t-il insisté. Au total, la répression en Syrie a fait au moins 5.000 morts en neuf mois, selon l’ONU. Mais le régime ne reconnaît pas l’ampleur de la contestation et accuse des « gangs armés » de semer le chaos.

PARIS, 26 déc 2011 (AFP)

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